XX.AIII' JOUR
A(spiiesceineDt k la volonté divine. Jonn. xvi, AV.
Je tvtis al dit crci . je vous ai expliqué la désolation où je serai jeté par votre fuite , qui ne laissera que Dieu avec moi : (^fin que rous trouciez la paix en mol seiit^ : non p.as eu vous -mêmes, ni dans votre foi, que vous voyez si chancelante. Il n'y a donc point de paix pour vous, que celle que je vous donne en vous protégeant. Vous m'allez quitter, mes enfants, vous m'allez laisser seul, selon le monde. .Si dans cet abandon Je ne suis pas seul ; si mon Père ne me quitte pas un seul moment, quoiqu'il semble me délaisser : apprenez de là qu'il n'y a de paix ni de force qu'en lui seul , et dans l'acquiescement à sa volonté, fous aurez de l'a/Jliclion dans te monde; mais prenez courage, j'ai vaincu te monde t. Destitué de toute apparence de secours, et n'ayant pour toute ressource qu'un Dieu délaissant et irrité, j’ai vaincu le monde; je l'ai vaincu pour moi et pour vous. Prenez courage, ayez conflance. Quelque délaissés que vous croviez être, et encore que vous vous voyiez sur le bord du précipice, et dc'jà comme engloutis par la mort; le monde que j'ai vaincu ne peut rien sur vous : et pourvu que vous sachiez vous commettre à ma foi, votre paix est inaltérable.
Repassez ici toutes les persécutions de l'Église, tous les dégâts qu’y ont faits les schismes et les hérésies , toutes les peines intérieures et extérieures , et tous les délaissements de ses serviteurs. Voyez de quelle sorte ils en sont sortis, et le bien qui est arrivé par toutes ces tempêtes; et reposezvous comme un Jonas au milieu des vents et des Rots. Dieu est avec vous; et quand il vous faudrait être jeté dansla mer, et englouti par une haleine, le sein affreux de ce gouffre vivant sera un temple pour vous, et c’est là que commencera votre délivrance.
XXXIV* JOUR
(Juaire parolev ou prière» de noire Seigneur aUtesséc» à bon Père.
Là finil le dornici* discours et comme le dernier
' Hnm. IV, IM. — » tvK. kxiii , 4«. — * Junn. xvi, 33. —
* tbui.
adieu de notre Seigneur à ses apitres : après lein avoir parlé, il va maintenant parler pour eux et pour nous tous à son Père. Car ce n’est pas assez d’instruire les hommes par la prédication de la vérité, si on ne leur obtient par la prière la grâce de la connaître et de la pratiquer. Cest.ee que Jésus- Christ va faire dans la prière suivante.
Jetrouve que jusqu'ici le fils de Dieu s'est adressé quatre fois à son Père , et lui a parlé cxpressémenl. La première, lorsqu'il dit : Je vous loue, mon Père, Seigneur du ciel et de ta terre, parce que rousarn caché ces choses aux sages et aux prudents, et que cous les avez révélées aux petits. Oui, mos Père, ainsi soit-il, puisque vous l'avez voulu ainsi'. C est une parole de complaisance et d'action de grâces, qui fait entrer l’dme chrétienne, à l’exemple de J^us-Christ, dana des secrets desseins de Dieu, pour s’y soumettre et s’y complaire.
Les autres paroles de notre Seigneur adressées au Père céleste sont, en second lieu, celleaci.i la résurrection du I,azare ; .Mon Père, je vous rends grâces de ce gue vous m'avez écouté; pour moi, je savais que vous m’écoulez toujours ; mais je parie aiiui à cause de ce peuple , afin qu’ils croient que vous m’avez enroyé *. C'est encore ici une action de grâces, mais qui présuppose une invoeatioii, puisqu'il dit que son Père l'a écouté, et qu'il a exaucé ses prières.
La troisième parole adressée au Père par Jésus- Christ est dans saint Jean , encore devant tout le peuple: Ligue dirai-je? dirai-je: Mon Pire, je vous prie de me sauver de cette heure? qui était celle de sa passion ; mais je suis venu pour etUe heure. Mon Père, glorifiez votre nom C’est u« parole de demande et l'abrégé de tous les vomi ri de toutes les demandes comme de toutes les parte les, de tous les mystères, de toutes les actions île notre Sauveur. Aussi le Père y répond-il par une parole venue du ciel à la manière d’un coup de tonnerre <-
La quatrième et la dernière parole de Jésus-Christ à soD Père est la prière que nous allons voir, beaucoup plus longue que toutes les autres, et qui est la prière même de son sacrifice.
L’âme du sacrifice c'est la prière, qui déclare pourquoi on l'offre, et qui est l'oblation même ou l'action d'offrir. C'est ainsi que dans la prière âu canon, où commence l'action du sacrifice, l'Église déclare à qui , pour qui, et pour quelle cause elle l'offre. Cest ce que va faire Jésus-Christ prêt à consommer son sacrifice, et à se consacrer soimême ; et cette prière , si je l’ose dire , est comme le canon ; ou pour parler plus dignement de Jésus- Christ, est la prière expresse et solennelle qui devait accompagner son sacrifice. La disposition de son cœur et les demandes qu'il fait à son Père, le suivent partout dans le cours de sa passion et jn^' qu'à la mort ; et c'est l'âme de son sacrifice.
Soyons donc attentifs à cette prière, qui comprend et renferme en soi toute la vertu du sacriCw
' XI, 25,30. /,l,r.x,9l. — ■ Joan. \s ,11
XII, 37, iS. — 'JinSM.so , 20.
MEDITATIONS SUR I/ÉVANGILK.
<i< ia rroix , et qui reiifiTinc surtout la consécration que Jésus Christ fait Je lui-même par la crois.
Combien Joit-on imposer silence à tout le créé , pour entendre au fond de son coeur les paroles que Jésus-Christ adresse pour nous à son Père, dans cette intime et parfaite communication! Taisonsnous , Jésus-Christ va parler.