‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 260 sur 273 · I. Tor. vv. 2«. — svn. 2b. — t Jbii · texte numérisé non relu

I. Tor. vv. 2«. — svn. 2b. — t Jbii

* ftonl. ni, 26. — S Juan. \»1I, 2b.

MÉDITATIONS SUB L’ÉVANGILE

FiU le voudra faire coniiattre C’est pourquoi il dit ici : monde ne rout connaît pas; par la même

Térité qui lui fait dire : f'ous avez caché ce secret auxsagesdu monde, qui, enflésdeleur vaine science, n'ont pas voulu se soumettre à la justice de Dieu ; Mon Fére Juste , ceux-là ne cous connaissent pas, et mot Je vous connais, et Je vous al/ail connaître à ceux-ci, qui ont su chercher la vérité dans la petitesse et dans l'humbie abaissement de leur esprit. Mon Père juste! faites-leur adorer en tremblant le juste et terrible jugement que voUB exercez sur le inoude, qui est privé de votre connaissance, et la merveilleuse miséricorde avec laquelle tous avez daigné vous faire connaître à ceux que vous avez séparés de la corruption.

Chrétien , rendez-vous petit, si vous voulez connaître Dieu , et en Dieu J^us-Christ, de la manière qu'il le faut conualtre pour être saint.

LXIV JOUR

JusUoe de Dieu fnooiuiue anx présomptneax. Juan , xvii, ss.

Mon Père Juste, te monde ne vous connaît pas. Quoi ! les J uifs ne vous connaissent-ils pas , eux qui ont votre loi ? Et n'étes-vous pas celui dont il est écrit, que ses beautés invisibles et son étemelle vertu et divinité sont manifestées aux Gentils par les ouvrages de votre puissance , en sorte qu'ils sont inexcusables >? Entendons donc de quelle manière Dieu n’est point connu du monde.

Il n’est point connu du monde, il n’est point connu de ceux qui présument d’eux-méntes ; et c’est pourquoi saint Paul ajoute sur ces Gentils qui ont cunnu Dieu , que se disant sages , ils sont devenus fous K

En ce sens les Juifs mêmes ne l’ont pas connu; puisqu’ils ont le zélé de Dieu; mais non pas selon ta science; et qu'ignorant ta Justice que Dieu donne et cherchant leur propre Justice , celle qu’on croit avoir de soi-méme, ils n'ont pas été soumis à la Justice de Dieu <.

Ainsi, pour connaître Dieu de cette manière secrète dont il assure que le monde ne le connaît pas, il faut bannir toute présomption de notre propre justice, et reconnaître que Dieu a tout renfermé dans l'incrédulité, afin d’avoir pitié de tous. O profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieut que ses Jugements sont incompréhensibles, et que ses voies sont impénétrables.' Car quia connu les desseins de Dieu , ou qui est entré dans ses cons élis f ou qui est-ce qui lut a donné le premier quelque chose, pour ensuite en recevoir la rétribution! Parce que de lui, et par lui, et en lui sont toutes choses : la gloire lui en soit rendue dans fous tes siècles. Amen *.

LXV' JOUR

Los dus dmôs do Dieu on Jésus-Chrtet, oomme set membrr. et SOS Images. Jmtn. XVII, as, 36.

Ceux-ci, les apùtres qui étaient présents, et en

' Vq//A. IX . 2%, 37. — * flo»n. I, ibt^. 22. —

\bnL 1,3,3. — ‘ Hui. Il, 33, 33, 3i, 3.S, Ml.

leur personne toute la société des enfants de Dieu qu’ib représentaient, ont connu que vous m'ara enragé, et Je leur ai fait connaître votre nom, comme il a été déjà expliqué , vos grandeurs , vos conseils, ce nom de Père, et Je leur ferai encore connaître davantage , afin que l’amour que eau avez pour mol soit en eux , et moi asissi en eut'.

Voilà , dans la conclusion de la prière de notre Seigneur, le dessein de tout le reste, et en particulier le dénouement de ce que noos avons tu an 1. 14. Cest ce qu’il nous faut considérer avec attention et avec respect, comme la chose dn monde qui nous doit le plus donner de consolation. Car c'est id la dernière marque de la tendresse de Jésus-Christ.

le suis en eux •. Ils sont mes tnembres vinots ; ce sont d’autres Jésus-Christ, d’autres moi-méae. Ils ont en eux son esprit, qui fait que la doctrine de Jésus-Christ reluit dans leur vie , qui les rend semblables à lui , qui les rend doux , humbles, patients, tranquilles dans le bien et dans le nul, loil que le monde les estime ou les méprise , soit qn'd leur fasse part de ses honneurs ou de ses rebuts, soit qu’il les invite , pour ainsi dire, à ses festiu, comme il y a invité Jésus-Christ , ou qu’il les attache à la croix, comme à la fin il y a mis k même Jésus. En tout cela , l’esprit de Jésus qui est en rci, comme dans ses membres vivants, les rend seoiUables à lui et leur fait suivre ses exemples; en sotte qu’on voit en eux la vie et la mort de Jésus-Christ : la vie , parce qu’ils marchent sur ses pas ; la mort, parce qu’ils portent l’empreinte de sa croix, et comme parle saint Paul , la mortification de Jésus J. Ainsi le Père éternel ne voit en eux que fcsus-Christ : c’est pourquoi il les aime par l'effusioa et l’extension du même amour qu’il a pour Jésiu- Christ même ; et cet amour , en les embrassant comme les images, cpmme les membres de son Fib, répand sur eux la même gloire que Jésus-Cbrist a reçue , en conséquence de ce qui était dil à sa grandeur naturelle en tant que Dieu , et à ses loidfraiices en tant qu’homme. Qu’y a-t-il à désirer davantage ? Jésus-Christ même n’a rien de plus à noiu donner. C’est pourquoi , après avoir prononcé av« une tendresse infinie ce grand et bienheureux mot, il met fin à sa prière, et il ne lui reste plus qo'I partir pour la consommer par son sacrifice.

On peut donc voir maintenant tout le dessein d toute la suite de cette prière ; il commence par ikraander que son Père le glorifie , et cette glorification se termine à nous en faire part ; en sorte qne la perfection de la glorification de Jésus-Christ soit dans la nôtre ; ce qui nous unit tellement à loi , que le Père même ne nous en sépare point dans son amour- Après quoi il faut se taire avec le Sauteur, et demeurant dans l’étonnement de tant de gnodeurs où nous sommes appelés en Jésus-Christ , n'aroir plus d’autre désir que de nous en rendre dignes avec sa grâce.

’ yoflM. X>ll, 3^, 26 —Wfrirf. 26. — * Il IT,

MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE

TU

LXVI» JOUR. I

Père lalnt. ycKin. XTii, II. j

Mon P&e saint , mon Père juste : ce sont les deux seuls noms que le Fils de Dieu donne è son Père, les deux seules qualités qu'il lui attribue; ce qu'elles renferment est inexpliquable.

Il est parlé dans cette divine oraison de deux sortes de personnes , dont les unes sont sanctifiées par la connaissance de Jésus-Christ; les autres n'ont point cette connaissance et sont privées de l’effet de sa sainte prière , conformément à cette parole : Mon Pire Juste, le monde ne vous connaît pas ' . Nous avons vu que c’est par rapport aux premiers que Jésus appelle son Père saOU , parce qu il est saint et sanctifiant , et auteur dans les âmes saintes de toute leur sainteté. Et nous avons dit aussi que c’est par rapport aux seconds que le Père est appelé Juste ; parce que c’est par un juste et impénétrable jugement qu’ils sont privés de la sainteté que Jésus-Christ leur aurait donnée s’ils l’avaient rc<;u.

On voit donc qu’il n’y avait rien de plus convenable que d'bonorer ces deux attributs dans une prière dont ils contiennent tout l’effet. Mais si je viens maintenantà la contemplation p.irticulicre de ces deux divines perfections, je m’y perds.

Je vois que ce qu’on loue , ce qu’on célèbre principalement en Dieu dans le ciel , c’est sa sainteté, les séraphins, c'est-à-dire, les premiers et les plus sublimes de tous les esprits célestes , adorant Dieu dans son trône, n’en peuvent dire autre chose, sinon qu’il est saint; encore une fois qu’il estsaint; pour la troisième fois qu’il est saint ‘ : c’est-à-dire , qu’il est infiniment saint : saint dans sa parfaite unité : saint dans la Trinité de ses personnes : la première , comme le principe de la sainteté : et les deux autres, comme sorties par de saintes opérations du sein même et du fond de la sainteté. Crions donc aussi : Saint, saint, saint! et adorons la sainteté de Dieu.

La sainteté dans les hommes est une qualité morale qui leur donne toutes les vertus, et les éloigne de tous les péchés. Rien n’est plus excellent dans les hommes que la sainteté : rien ne les rend si admirables, si vénérables. La sainteté les fait regarder comme quelque chose de divin , comme des dieux sur la terre : J'ai dit . t ous êtes des dieux ; et vous êtes les enfants du Très-Haut ’. Quelle adoration ne doit donc pas attirer à Dieu sa sainteté infinie? La sainteté est en nous comme quelque chose d’accidentel , qu’on peut acquérir, qu’on peut perdre : Dieu est saint par son essence ; son essence est la sainteté ; le fond en est saint, il est sacré; tout y est sacré , tout y est saint. Profane , n’approchez pas , ne touchez pas ; tout est saint : tout est la sainteté même. D'ieu est lumière, et U n'y a point de ténèbres en tut *. Dieu est celui qui est v ; et par son être il est infiniment éloigné du néant. Il est saint, et par sa sainteté il est encore plus infini-

' J.nm V>H.II.— ■ /s. M.3.— >/’«.UXXI|0 — ' I- Jm" I.S. — 'i'i-W.m.it.

ment, si on peut parler ainsi, éloigné d’un autre néant plus vil et plus haïssable, qui est celui du |>éché. Sa volonté est sa règle, et celle de toute chose. Qu’y aura-t-il d’irrégulier dans la règle même? Il n’est pas le saint par grâce, il est le saint par nature. Il n’est pas le saint sanctifié ; il est le saint sanctifiant : toutes ses oeuvres sont saintes , parce qu’elles partent du fond de la sainteté, et de sa volonté qui est toujours sainte, toujours droite, puisqu’elle est la droiture même , la règle même de toute droiture.

David se lève le matin, et il vient contempler la sainteté de Dieu : Le malin Je me présenterai devant vous, et Je verrai que vous êtes Dieu , qui ne voulez point l’iniquité ’ ; qui ne pouvez la vouloir; qui êtes toujours saint, dont toutes les oeuvres sont inséparables de la sainteté.

Demeurons avec David en silence devant la trèsauguste sainteté de Dieu. On se perd en la eontemplant , parce qu’on ne la peut jamais comprendre ; non plus que la pureté avec laquelle il faut s’en approcher.

Isaïe voit de loin le trône de Dieu, ce trône devant lequel sa sainteté est célébrée par les séraphins. J’ai vu , , le Seigneur sur un trône haut

et élevé : et tout était à ses pieds ; et tout tremblait devant lui ; et je vis les bienheureux esprits qui approchent le plus près du trône; et je n’entendis autre chose de leur bouche que cette voix : Saint, saint, saint. Et Je fus saisi de frayeur. Et Je dis ; Malheur à moi ! parce que J'ai les (èvres souillées, et que Je demeure au milieu d’un peuple dont tes lèvres sont souillées aussi : et J'ai vu de mes yeux le Roi dominateur des armées ’, de toute l’armée du ciel , de toutes celles de la terre. La sainteté de Dieu le fait trembler. .Saisi à sa vue d’une sainte et religieuse frayeur, il s'en relire. Je ne m’en étonne pas. Il voit les séraphins mêmes dans l’étonnement. S'ils ont des ailes pour voler, ce qui montre la sublimité de leurs connaissances, ils en ont pour se couvrir les yeux éblouis de la lumière et de la sainteté de Dieu. Tout embrasés qu’ils sont du divin amour, ils sentent que leur amour est borné, comme tout ce qUl est créé : et par conséquent qu’il y a en eux, pour ainsi parler, plus de non amour, que d'amour : comme il y a aussi toujours plus de non être, que d'être. El c'est pourquoi ils se cachent, et ils voilent de leurs ailes leur face et leurs pieds ; et se trouvent eomme indignes de paraître avec une sainteté finie devant l'infinie sainteté de Dieu. Et le cri qu’ils font p>our se dire l'un à l'autre .Saint , saint, saint! fait voir l'effort dont ils ont besoin pour entendre et pour célébrer la sainteté de Dieu , laquelle demeure au-dessus de tous leurs efforts; en sorte qu’il n’y a que lui qui se puisse louer luimême , et que c’est en lui qu'il faut trouver et connaître sa digne louange.

Combien plus devons-nous trembler devant I auguste et redoutable sainteté de Dieu avec nos pr;chês! Mais si un charbon de l’antel est .applique à mes lèvres, si un de ces séraphins prend l'ordre

' Ps. v, s. — > /< 'I, I . ’-i. T-

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MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE

de Dieu pour me toucher, comme Isaïe , de ce feu céleste; alors je louerai Dieu avec des lèvres pures, parce que Je l'aimerai d'un pur amour.

Ne croyons pas néanmoins que les séraphins, ni que les ministres de Dieu, quels qu'ils soient, fussent-ils élevés à leur degré par la perfection de leur amour, puissent nous purifier. Ils peuvent hieii nous toucher les lèvres de ce feu divin par l'inspiration de quelques bonnes pensées; mais pour pénétrer dans le fond , pour nous embraser de l'amour qui nous sanctifie , c’est le coup réservé à Dieu , qui , plus intime dans nos coeurs que le-plus intime, allume et cache dans notre intérieur, et dans la moelle de nos os , cette fiamme sanctifiante et purifiante. Et c'est ainsi que s'accomplit cette divine prière : Mon père aalnl, aanctifiei-let en eérité : je me tancUfie pour eux '.

Séparons-nous donc des pécheurs et de toute iniquité, en contemplant la sainteté de Dieu notre l'rre céleste. Car c'est ainsi que David , après avoir vu et contemplé dès le matin que Dieu est saint , et ne veut point l'iniquité, c’est-a-dire ne la veut Jamais, ni par quelque endroit que ce puisse être; ajoute aussitôt après : £tle méchant n'habitera point auprès de vous : et les Injustes , les pécheurs ne subsisteront point devant vos yeux *. Encore un coup, séparons-nous donc des (lécheurs ; séparons-nous-en , non-seulement par une vie opposée à la leur; mais encore, autant qu'il se peut, en nous retirant de leur odieuse et dangereuse compagnie, de peur d'étre corrompus par leurs discours et par leurs exemples , et de respirer un air infécté.

LXVII' JOUR

Père Juste. Juan, xvll, n.

Après avoir dit par Jésus-Christ et en Jésus- Christ, mon Père saint, nous pouvons dire aussi en lui et avec lui, mon Père juste.

Après avoir conçu la grâce par laquelle il nous sanctifie , et avoir admiré le bonheur de ceïix qui l'ont reçue , noifs viendrons à considérer ceux qui en sont Justement privés ; et nous adorerons les Jugements d’un Dieujdste, après avoir admiré les sanctifications d'un Dieu saint.

La vue de ces sanctifications n'a rien que de consolant. Mais quand il faut venir à considérer cette parole : Le monde ne vous connaît pas ’ : et celleci ; Je ne prie pas pour le monde < ; c’est là que l’on tremble : l'esprit est confondu , le coeur s'abat , et il ne reste qu’à dire : Mon Père juste ; voiu êtes juste, Seiyneur, et tous vos jugements sont droits *.

Gardez-vous bien de vous jeter dans ces profondeurs. Tant de nations qui ne connaissent pas Dieu, et qu’il laisse, comme dit l'apôtre, aller dans leurs voles‘, à qui Jésus-Christ n'a pas seulement été nommé ; tant d’hérétiques , tant de schismati-

• JoUH. XTII , Il , 17, 19. — • /*!. V, e. — *Joan. XTn, 35. — * JbtJ. 9. — * Pi. CXVtlf, 137 —• èicL XIT, 15.

ques, à qui on ôte dès leur enfance la connaissance de la vraie Église : parmi les vrais chrétiens, tant d'ingrats, tant d'esprits bouchés, tant de coeurs durs, tant d’oreilles sourdes! O Dieu, je m’y perds! Que dirai-je. Mon Père juste , c’est par votre Juste et impénétrable Jugement qu’ils sont endurcis. Qu'y a-t-il de plus Juste que de laisser à eui-mémes ceux qui se cherchent.' Quelle punition plus convenable que celle qui punit l'homme par sa propre faute ? .Seigneur, m'élèverai-je contre vous ? Et parce que Je vois périr dans un hôpital, où m'a réduit ma misère, une infinité de malades, me rebellerai-je contre le médecin, qui daigne m'apporter un remède qui me guérit Lui dirai-je ; Je n'en veux point que je ne voie tout le monde guéri de même ? Non , mon frère , prends le remède. Pourquoi te troubler de ceux qui périssent, à qui tu vois quelquefois rejeter avec chagrin et aveuglement le secours qu’on leur présente’ Ce n'est pas là ce que le céleste médecin demande de toi. Reçois humblement le remède , et laisse à la divine Providence ceux que tu en vois privés. Crois seulement que nul ne périt que par sa faute : que dans ce grand hôpital de Dieu , dans le monde, où tout est malade, il n’y a point de mal qui n'a/l son remède; et que tous les secours qui se donnent dans l’univers, dans quelque lieu que ce soit, à qui que ce soit, dans quelque degré que ce soit, se dispensent avec équité et avec bonté , sans que personne se puisse plaindre.

Quand donc nous entendons ces paroles ; le monde ne vous connaît pas : ne demandons point , comme fit saint Jude ; Seigneur, d’où vient que roua vous ferez connaître à nous et non pas m monde'? Car Jésus-Christ ne répond pas à cette demande.et il répond seulement : Celui qui m'aime gardera ma parole. C’est-à-dire , ne soyez point curieux de savoir pourquoi Jésus-Clirist est caché au monde ; ce n’est pas là votre affaire : votre affaire est de profiter de la lumière qui vous est donnée. Pour vous, et pour tous ceux qui sont sanctifiés, adorez Dieu qui est saint. Pour les air très, qui sont Justement privés de la grâce, qui vous sanctifie, adorez Dieu qui est Juste. Cestà ces deux points qu’alioutit toute la prière de noue Seigneur.

En passant, où sont ceux qui veulent que ce soit déroger à la perfection de la contemplation, que de s'attacher aux attributs divins, auxquels il faut, disent-ils, préférer la contemplation de son essence ? en savent-ils plus que Jésus-Christ , qui, dans la plus haute oraison qu'il ait daigne nous manifester, dit : Mon Père saint, mon Fère juste? Qui sait ce quec'est que l’essence de Dieu. Mais qui ne sait, ou ne doit savoir, que c'est son essence qu'on adore sous le nom de sainteté et de Justice ? Célébrons donc sans fin ces deux divins attributs. Disons avec David : O Seigneur, je eaus chanterai miséricorde et jugement' : parce que c'est dire avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ ; .Mon Père saint, mon Père juste.

• Joan. XIV , 22 , sa. — ’ Pi. c , I.

LXVm* JOUR.

La prVrc de Jéatu-Ctirift tprei la cène ut Tobrégé du leriDoa qui ta précède.

En repassant sur la prière de Jésus-Clirist, on verra qu'il y ramasse toute la substance du sermon de la cène. S'il dit dans sa prière, que ses apôtres ne sojU pasdu monrèe, c'est ce qu'il avait dit auparavant. S'il dit qu'il quille le monde : il avait dit : Je suis sorti de Dieu, pour venir au monde : et maintenant je quitte le monde, pour retourner 'n Dieu. Comme il avait donné l'amour et l'union 'de ses disciples comme la marque de son école, il inculque la même chose dans sa prière'. Ces paroles : fous connaîtrez en ce jour-là, que je suis dans mon Pire, et vous en moi, et moi en vous •, roviennentàcclles-ci ; Je suis en eux ; et vous en moi; et à celles-ci : JUn que tamour que vous avez pour moi soit en eux, comme je suis en eux ^ Ce qu'il promet par ces paroles ; La où je suis, celui qui me sert y sera aussi < , il le demande à son l'ère par celle-ci : La où je suis ,je ceux , mon Père ,que \ ceux que vous m'avez donnés , y soient aussi avec moi Cela nous montre deux vérités. L'une , que ce qu'on enseigne aux hommes doit être aussi la matière de ce qu'on traite avec Dieu dans la prière. La seconde , que la même chose qui fait la matière du commandement , et celle de la promesse , fait en même temps la matière de la prière : parce qn'on doit demander à Dieu l'observation des commandements, et l'accomplissement de ses promesses : Ce qu'il promet , dit saint Paul®, il est pmssant pour le faire ; Et saint Augustin disait aussi , en parlant des commandements : Accordez-mol ce que vous me commandez. Il ne dit pas : Accordezmoi ce que vous me promettez ; ce qui serait naturel : mais , Accordez-moi ce que vous me commandez; qui est la même chose que s’il disait : Accordez-moi ce que je dois faire; c'est-à-dire. Faites en moi mon action propre. Cequi est conforme à la parole do Jésus-Christ , qui , apres avoir commandé la charité fraternelle, et l’union de ses fidèles , demande à Dieu qu'il la fasse en eux , et qu'ils soient consommés en un.

Unissons-nous à la prière sainte de Jésus-Clirist : rappelons en notre mémoire, et méditons devant Dieu, les vérités qu’il nous enseigne, et surtout méditons-y ce qu'il nous promet, et ce qu'il commande, pour obtenir en Jésus-Christ et par Jésus- Christ l’accomplissement de l’un et de l'autre, et autant de ce qui dépend de nous , que de ce qui dépend de Dieu.

Apprenons la liaison sainte de la promesse, du commandement et de la prière. Le commandement nous avertit de ce que nous avons à faire; la promesse nous avertit de ce que nous avons à espérer : et l'une et l’autre nous avertissent de ce que nous avons à demander à celui sans lequel nous ne pouvons rien espérer, ni rien faire.

' Jnan. XVII, l«; XT. IS, 19 ; XVI, as; XVII, Il ; XVI, 2S, XV. 12, 17; XIII, M, 36. — • IM. XIV, K. — ' Ibid. V, 23, 29 Ibid. XII, 39, IM. XTU, 3V. — ' A«ni. IV, 21.

LXIX« JOUR

Ferme toi eo Jésus vrai Messie. Joan. XTll, 36, 8.

Ils ont connu que vous m'avez envoyé ' ; ils l'ont connu avec une ferme foi et une persuasion aussi forte , que celle qu’on a des choses dont ou est le plus assuré : Ils l'ont connu véritablement *, comme il l'a dit ; tout est là dedans : et cela posé, tout s'ensuit. Heureux ceux à qui Jésus-Christ rend ce témoignage! Examinons-nous nous-mêmes sur cette importante disposition de notre coeur. Écoutons saint Paul , qui nous dit : Examinez-vous vous-mêmes , si vous êtes dans la foi ; éprourrzvous vous-mêmes Voyez combien il presse, combien.il inculque : Examinez-vous , éprouvez-vous. Croyez-vous avec une pleine certitude que Jésus- Clirist soit véritablement envoyé de Dieu? Quelle raison pourriez-vous avoir de ne le pas croire? N'at-on pas vu eo lui toutes les marques que les prophètes et les patriarches avaient données du Christ qui devait venir? N'a-t-il pas fait tous les miracles qu'il fallait faire, et dans toutes les circonstances qu'il les fallait faire, en témoignage certain qu'il était celui qu’on devait attendre , et le véritable envoyé de Dieu ?

Quel autre que lui a donné aux hommes une morale si sainte, si pure , si parfaite? et qui a pu dire comme lui ; Je suis la lumière du monde v ? où trouverons-nous plus de charité envers les hommes; de plus saints exemples , un plus beau modèle de perfection; une autorité plus douce, plus insinuante, plus ferme; une plus grande condescendance pour les faibles, pour les pécheurs, jusqu'à s'en rendre Tavocat, l'intercesseur, la victime? C’est ce qu’il explique lui-même par ses aimables paroles ; fenez à moi, vous tous qui êtes oppressés et affligés , et je vous soulagerai : approchez, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez te repos de vos Ames : car mon joug est doux, et mon fhrdeau est léger b. H faut à l’homme un joug, une loi, une autorité , un commandement ; autrement , emporté par ses passions , il s'échapperait à lui-même. Tout ce qu'il y avait à désirer, c'est de trouver un maître comme Jésus-Christ, qui sdt adoucir la contrainte , et rendre le fardeau léger. Où trouveronsnous la consolation , l’encouragement , et les paroles de vie éternelle, si nous ne les trouvons pas dans sa bouche ? Croyez-vous bien tout cela ? C'est la première partie de cet examen.

Mais quand nous aurons dit : Oui , je le crois , je le reconnais avec cette plénitude de ta foi b, dont parle saint Paul; avec une pleine et entière persuasiom : saint Jean viendra nous dire, avec sa divine et incomparable douceur : Cest en cela que nous savons que nous le connaissons, si nous gardons sa parole. Celui qui dit qu'il le connaît, et ne garde pas sa parole, c'est un menteur, et la vérité n'est pas en lui. Et un peu après : Celui qui dit qu'il de-

' Jnan. xvn, 25.-7 JbiU, s. —3 II. Ctw. XIIl, 6. — * ,

I ïlll, 12. — XI, 28,29,30.— 1,92.— ’l T/ast l,!.

MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE

meure en lui, doit marcher comme il a marché ■ , et suivre ses exemples. Bien certainement , U y en a qui le confessent de bouche , et qui le renoncent par leurs œuvres'. Saint Paul l’a dit : et saint Jean a dit ; Mes petits enfants, aimons, non de bouche, et de la langue , mais en œuvre et en vérité^. Sommes-nous ou n'en sommes-nous pas , de ceux-là ? Qu'avons -nous à nous répondre à nous-mêmes làdessus. C'est la seconde partie , encore plus essentielle que la première , de l’examen que nous faisons.

Et la troisième, la plus importante de toutes ; Si notre cœur ne nous reprend pas , et que nous marchions devant Dieu avec cor^fiance < : si nous tâchons de vivre , de sorte que nous soyons les enfants de la vérité, du moins que nous travaillions à le devenir, et que nous en puissions persuader notre cœur en la présence de Dieu : croyons-nous bien que c'est là un don de Dieu , conformément à cotte parole : La paix soit donnée aux frères , et la charité avec la foi par Dieu le Père, et par Jésus-Christ notre Seigneur ‘ , en sorte que nous n'rvons point à nous en glorifier, mais plutdt à nous humilier jusqu'aux enfers; parce que nous n'y avons apporté du nôtre, a ce tel quel commencement de bonnes oeuvres, que misère, pauvreté et corruption; et que si c'est se perdre que de s'écarter de la vertu, c'est se perdre encore beaucoup plus d'en présumer?

Après cela , il ne reste plus qu'à confesser nos péchés ; non avec découragement et désespoir, mais avec une douce espérance : parce que le même saint Jean a dit que si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés, et pour nous purifier de toute iniquité^. Remarquez, fidèle et Juste ■■ non qu'il nous doive rien ; mais à cause qu'il a tout promis en Jésus-Christ. En sorte que pour pouvoir espérer de lui notre rémission et notre gnice, il suffit de croire qu'il a envoyé Jésus- Christ, parce que, bien constamment, il n'est envoyé que pour être par son sang la propitiation de nos faulesT.

LXX' JOUR

Dieu Père et Fils. Joun. xvii. 3, 6, 10, SI , 3S.

On ne peut quitter cette divine prière de notre Seigneur, ni le discours qui la précède , et qui en a , comme on a ru, fourni la matière. On lit et on relit ce discours , ce dernier adieu , cette prière de Jésus- Christ , et, pour ainsi dire , ses derniers vœux , toujours avec un nouveau goût , et une nouvelle consolation. Tous les secrets du ciel y sont révélés , et de la manière du monde la plus insinuante et la plus touchante.

Quel est le grand secret du ciel , si ce n'est cette éternelle et impénétrable communication entre le Père, le Fila, et le Saint-Esprit? Cest là, dis-je, le secret du ciel , qui rend heureux ceux qui le voient, et qui n'avait point encore été parfaitement révélé ; mais Jésus-Clirist nous le révèle ici d'une manière admirable.

' I. Il , a . 4 , s.— * rîi. I , la. — J I. Joan. iii , la. — 'IHil. Il , M. — > EplKM. VI , as. — • I. Joan. I, s. — I tbid. Il, a.

Qui dit un Père, dit un Fils; et qui dit un Fils, dit un égal dans la nature , et qui dit un égal dans use nature aussi parfaite que celle de Dieu , dit un égal en toute perfection : en sorte qu'il n'y puisse avoir de premier et de second, que par une sainte, parfaite et étemelle origine.

C’est ce que Jésus-Christ nous fait entendre , lorsqu'il demande à son Père la claire manifestation de la gloire qu’il avait en lui ‘ : Apud te : Chez vous et dans votre sein , devant que le monde fût fait >. Cette gloire qu'il avait dans le sein de Dieu ne pouvait être que celle de Dieu même : laquelle , et celle gloire du Fils, étant toujours, et précédant toutiv qui a été fait , par conséquent n’a poi nt été faite ; par conséquent elle est incr^, et la même que celle du Père. Cela est ainsi , et ne peut pas être autrement

Le Fils égal à son Père est pourtant en même temps son envoyé, à cause qu’il sort de lui‘. Il m est sorti , pour venir su inonde : voilà comme il est envoyé. Il quitte le monde , pour y retourner ; voilà le terme de la mission ; voilà tout ce qu'est Jésus- Christ en sa personne , parfaitement égal à Dieu qui l’envoie ; puisqu’il est son propre Fils , Dieu ne voudrait point avoir un Fils qui serait moindre que lui . et qui ne le valût |ias. Pardonnez , Seigneur, ces expressions ; ce sont des hommes qui parlent. Quand on dit : Dieu ne voudrait pas, c’est -à-dire, que ce serait une chose indigne de lui , et qui par conséquent ne peut pas être. C'est pourquoi , en tout et partout, il traite d'égal avec son Père : Tout ce qui est à vous est à moi : tout ce qui est d moi esta vous* : cela ressent une égalité parfaite et des dnn côtés ; c'est plus que si l'on disait qu'on est son égal : car c’est plus de traiter d'égal avec lui, que d'énoncer simplement cette égalité.

Mais voyons cc qu’est Jésus-Christ par rapport à nous. Il est, comme son Père, notre bonheur : Connaitre son Péri et lui, c'est pour nous la rie éternelle. C'est pourquoi il dit : Celui qui m'aime sera aimé démon Père, et je l'aimerai, et je me manifesterai à lui*. C'est là le grand effet de mon amour : c'est par là que je rends les hommes éternellement heureux. Et il ajoute : Celui qui m'aime, gardera ma parole, et mon Père Calmera : et aow viendrons à lui, et nous y ferons notre demeure ‘.

Nous viendrons, en société, mon Père et moi. Qui jamais a pu ainsi s’égaler à Dieu? .Nous riendrons : car nous ne pouvons venir l'un sans l’autre : tioss viendrons : car ce n’est pas tout d’avoir le Père; d faut m'avoir aussi : Nous viendrons. Qui peut venir au dedans de l'homme, pour le remplir et le saoetifier intérieurement , que Dieu même? .Nous viendrons en eux, et nous y demeurerons : ils seront notre commun temple, notre commun sanctuaire : nous serons leur commune sanctification , leur commune félicité , leur commune vie. Que peut-il dirt de plus clair, pour se mettre en égalité avec son Per».

La meilleure manière de le dire , c'est de le montrer par les effets. O homme : que dfairez-vous.’ d avmr Dieu en vous. Fit afin que vous Payez pleinement'

• J'-in. I. 1. — * Ibid. XVII, s. — • Ibid. XVI, 2S;

— • Ibid. XVII, 10. — * Ibid. XVII.3; XIV, il.— ‘ét'"

MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE

mon Père et moi nous viendrons dans cet intérieur ; si vous désirez de m'avoir en vous , en désirant d'y avoir Dieu : je suis donc Dieu.

C'est ainsi que les fidèles seront un : parce que tous ils auront en enx le Père et le Fils, et qu'ils en seront le temple : Ils seront tut, dit JésusChrist; mais ils seront un en nous Nous serons le lien commun de leur unité : parce qu'étant mon Père et moi parfaitement un, toute unité doit venir de nous, et noos en sommes le lien comme le principe.

Cest la première partie du secret divin ; l’unité parfaite du Père et du Fils , aujourd’hui parfaitement révélée aux hommes : pour leur faire entendre combien leur union doit être sincère et parfaite à sa manière : puisqu’elle a pour modèle, et pour lien , l'unité absolument parÂite du Père et du Fils, et leur étemelle et inaltérable pa'u.

LXXl' JOUR.

Dieu Stlot-Etpril. Jooh. xiv, IS, 17, SS.

Venons maintenant au Saint-Esprit ; Je prierai mon Père, et U vous donnera un autre consolateur, pour demeurer éternellement avec vous *. L’n autre consolateur! un consolateur à la place de Jésus- Christ, s’il est de moindre vertu et de moindre dignité, .ifUige plutôt qu'il ne console. Ainsi un consolateur à la place de Jésus-Christ, ce n’est rien moins qu'un Dieu pour un Dieu. Et c'est pourquoi si le Fils vient en nous, et y demeure comme le Père, te Saint- Esprit y demeure aussi, et y est ’ comme le Père et le Fils. Il habite avec eux d.ms notre intérieur; comme eux il le vivifie. Nous sommes son temple , comme nous le sommes du Père et du Fils. Ne sacez-vous pas , dit saint Paul , que vous êtes le temple de Dieu , et que son Esprit habite en vous < .’ Ne savez-vous pas que vos membres sont le temple du Saint-Esprit , qui habite en vous , et que vous n'étes pas à vous-mêmes ‘ ? Car un temple n’est pas à lui-méme, mais au Dieu qui y habite. Celui-là donc qui demeure en nous et qui y est , selon l'expression de Jésus-Christ, comme le Père et le Fils, est Dieu comme eux : et , si j'ose parler ainsi , il fait en nous acte de Dieu, quand il y habite et qu'il nous possède.

Il vous enseignera toute chose : et il vous fera ressouvenir de ce que je vous aurai dit^ ; Paraltrat-il aux yeux? parlera-t-il aux oreilles? Non; c’est au dedans qu’il tient son école ; il se fait entendre dans le fond. Cest aussi ce même fond où le Père parle, et où l'on apprend de lui à venir au Fils. Qui peut parler à ce fond , sinon celui qui le remplit, et qui y agit , pour le tourner où il veut , c'est-àdire , Dieu ? Le Saint-Esprit est donc Dieu : et c’est encore un acte de Dieu que de parler et se faire entendre au dedans le plus intime de l’homme.

J'ai beaucoup de choses à vous dire : mais vous ne les pouvez pas encore porter ; mais l'esprit de vérité viendra, qui vous enseignera tout 7. C'est

■ Jonn XVII, SI. • fiùt. XIV, IS, — 17. — ' I. Tor.

lu, IS. — » IM. VI, XIV, as. — ' Ihid. XW, la,

;dô

à lui que sont réservées les vérités les plus hautes et les plus cachées ; et il lui est réservé en même temps d'augmenter vos forces , pour vous en ren dre capables. Qui le peut , si ce n’est un Dieu ? Il est donc Dieu.

Et il vous annoncera les choses futures *. Il veut dire que c'est cet Esprit qui Ibit les prophètes ; qui les inspire au dedans, qui leur découvre l'avenir; car il saittout, et ce qui est même le plus réservé à Dieu. Il est vrai, dit le Fils de Dieu, qu’il ne dit rien que ce qu'il aoul‘ : mais il n'a pas oui autrement que le Fils de Dieu : il a ouï ce qu'il a reçu par son étemelle procession, comme le Fils a oiiT ce qu’il a reçu par son éternelle naissance.

Car il faut entendre que cet Esprit procède du Père, d’une manière aussi parfaite que le Fils. Le Fils procède par génération ; et le Saint-Esprit, comment? Qui le pourra dire ? Nul homme vivant : et je ne sais si les anges mêmes le peuvent. Ce que je sais, ce qui est certain par l’expression de Jésus-Christ, c’est que s’il n’est pas engendré comme le Fils , il est , par manière de parler, encore moins créé comme nous. H prendra du mien ’ , dit le Fils. Les créatures viennent de Dieu, mais elles ne prennent pas de Dieu : elles sont tirées du néant : mais le Saint-Esprit prend de Dieu comme le Fils , et il est également tiré de sa substance. Cest pourquoi on ne dit pas qu’il soit créé : à Dieu ne plaise ; il y a un terme consacré pour lui : c’est qu’il procède du Père. Il est vrai que le Fils en procède aussi ; et si sa procession a un caractère marqué, qui est celui de génération; c’est assez pour lui égaler le Saint-Esprit, d'exclure tout terme qui marque création, et d’en ebosir un pour lui, qui lui puisse être commun avec le Fils.

Si le Fils est engendré, pourquoi le Saint-Esprit ne l’est-il pas? Ne recherchons point les raisons de cette incompréhensible différence. Disons seulement : S'il y avait plusieurs fils , plusieurs générations , le Fils serait imparfait , la génération le serait aussi. Tout ce qui est infini , tout ce qui est parfait , est unique : et le Fils de Dieu est unique , à cause aussi qu’il est parfait. Sa génération épuise , si on peut ainsi parler de l’infini , toute la fécondité paternelle. Que reste-t-il donc au Saint-Esprit ? quelque chose d’aussi parfait, quoique moins distinctement connu. Il n’en est pas moins parfait , pour être moins distinctement connu : puisqu’on contraire ce caractère ne sert qu’à mettre sa procession parmi les choses inconnues de Dieu, qui ne sont pas les moins parfaites. C’est assez de savoir qu’il est unique , comme le fils est unique ; unique comme Saint-Esprit, de même que le Fils est unique comme Fils , et procédant aussi noblement , et aussi divinement que lui ; puisqu’ii procède , pour être mis en égalité avec lui-méme.

Cest pourquoi, quand il paraît, on lui attribue un ouvrage égal à celui du Fils. C’est cc qu’on a remarqué sur ces paroles du Sauveur : Quand il sera venu, il convaincra le monde sur te péché, sur la

• Joun. XVI, — 7 la — * IM. 11.

jutlire et tur UJugonent ■ : ce qui n’e»t rien d’in fi’fieijr aux œuvres du Fils.

Si nous sommes soigneux de recueillir toutes les expressions du Fils de Dieu, nous y trouverons un langage qui emporte également entre ces divines personnes distinction et unité, origine et indépendance. Le Fils est au Père, le Père est au Fils; clucun à difTércnt litre , mais à titre égal. I-e Sainl- Ksprit est au Fils, il est au Père par un titre pareil , et sans déroger à la perfection. Le Père l’envoie, le Fils I envoie, il vient. C’est ce langage mystique de la Trinité, qui ne s’entend pleinement qu’en conciliant 1^ unité et la distinction dans une perfection

égale. C'est parlàque les expressions de Jésus-Christ,

que nous avons vues, conviennent taules: et c’est aussi pour les rassembler qu’il a dit en abrégé : DaplUez au nom du Père , et du fiU , et du Saint- P.rprit •. Tout ce qu’il dit dans un long discours se rapporte là. Ce qu'il dit là, réunit tout ce qu’il a dit dans son long discours.

F,t pourquoi nous parle-t-il de ces hauU mystères, si ce n’est parce qu’il veut un jour nous les découvrir à nu.' Avant que d'enseigner pleinement la vérité, les maîtres commencent par dire en gros à leurs disciples ce qu’ils apprendront dans leur école. Jésus-Clirist commence aussi par nous dire confusément ce qu’il nous montrera un jour trèsclairement dans sa gloire. Croyons donc, et nous verrons. Ne nous étonnons pas des diflicultés. nous sommes encore dans les préludes de notre science : ne souhaitons pas de demeurer dans ces |iremicrs cléments : désirons de voir; et, en attendant , contentons-nous decroire.

MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE

LXXII' JOUR

Etfet secret de la prière de NoIre-Selgneur : Jèsus-Clihst toujours exaucé ; Prédeslinatiou des saints.

C’est encore un autre mystère profond , que l’effet secret de la prière de Notre-Seigneur.

Voici un premier principe , que Jésus-airist nous apprend en ressuscitant Lazare : Mon Père, je roua rends grâces * ce que vous m'avez exaucé. Je sais pour moi , que tous m'exaucez toujours ^ Quoi qu’il puisse demander à Dieu, filt-ce la résurrection d’un mort dequatre jours , et déjà pourri jl est assuré de l’obtenir. F.t pour montrer l’eflîcacè de sa prière, il commence en remerciant d’avoir été écouté.

Il est ?rai, que dans le jardin des Oliviers il fit cette prière : Mon Père, si vous te coulez,, si cela se peut, éloignez de moi ce calice ; toutejois que votre volonté s'accomplisse, et non ta mienne* Mais ces paroles font voir que sa demande n’était que conditionnelle : et pour montrer que s’il edt voulu la faire absolue, il etlt été exaucé, il ne faut qu’entendre ce qu’il dit lui-méme à saint Pierre lorsqu’il entreprit de ledefendreavec Tépée, et qu’il frappa un de ceux qui le venaient prendre : Nepuisjepas, dit-il alors, prier mon Père : et il m’en-

' J,Mtu s\t, «. — > Uallh. IWIII. I». —1 Jo„H. Il 41 41. — ’ stii/iA. XXVI, 3a. Luc. XXII, n. ’ ’

verrait plus de douze légions d’anges • Il savait donc bien que s’il l’avait demandé, il l'eüt obtenu et que son Père aurait bit ce qu’il eût voulu. Il est donc toujours exaucé, quoi qu’il demande; fût-ce douze légions d’anges, pour l’arracher des mains de ses ennemis; fût-ce, comme on vient de dire la résurrection d’un mort dont le cadavre commencerait a sentir mauvais.

Croyons-nous qu*il soit moinspuissant, et moiiu ^ute, lorsqu’il demande à son Père ce qui dépeod de notre libre arbitre? Il ne le demanderait pat,

5 il ne savait que cela même est au pouvoir de ses Pere , et qu’il n’en sera non plus refusé , que de tou: le reste. Et c’œt pourquoi lorsqu’il dit : Simon .

9«P rotre foi te déjaiUe pas • ; personne ne doute que sa prière n'ait eu son effet en son temps. Qui doutera donc qu’elk ne I ait dans tous les autres apôtres , pour qui il i dit : Je vous prie qu'il soit un en nous > : et encore Je ne vous prie pas de Us tirer du monde, mais de les préserver de tout mal* : et en général , dam tous ceux pour qui il a dit avec une volonté si determinée : Mon Père , je veux que ceux que roiu m avez donr^ soient arec moi , et qu'iU voient ma gloire ? Dira-t-on qu’aucun de ceux pour oui d a fait cette prière, dût périr, ou n’étre pas avec lui. et ne voir pas sa gloire? On pourrait dire de même que , malgré toute la prière qu’il avait faite pour saint Pierre , on pouvait douter si sa foi ne dèfau- , drait pas. Mais à Dieu ne plaise qu’un tel doute en- Xte dans im cœur chrétien ! Tous ceux pour qui iia I demandé de certains effets . les auront : ils auront dis-je, la foi, la persévérance dans le bien et la' parfaite délivrance du mal, si Jésus-Clirist le demande. S il avait prié d’une certaine façon pour le monde, pour lequel il dit qu'Ù ne prfepo,«- u monde ne serait plus monde, et il se sancliiSerliit Tous ceux donc pour qui il a dit : Sanciifiezdes en seront sanctifiés en vérité.

1/.'**|"® U touché pour tous es hommes , ni les moyens qu’il leur prépare ^ur leur salut éternel, dans sa providence généSe Car il ne veut point que personne péruse, etil attend tous les pécheurs à repentance ». Mais quelque grandes que soient les vues qu’il a sur tout le monde il y a un cerlain regard particulier et de prelerence sur un nombre qui lui est connu. Tous . ceux qu il regarde ainsi pleurent leurs péchés et sont convertis dans leurs temps. C’est pourqlioi loi^ui eut jete sur saint Pierre ce favorable regard , Il fondit en larmes : et ce fut l’effet de h priere que Jésus-Christ avait faite pour la stabilité de sa foi. Car il fallait premièrement la faire reviiJfi ‘emP/ 'affermir pour durer jusqu’à

a fin. Il en est de môme de tous ceux que sonXe ui a donnés d’une cerbine façon ; et c’est de ceuxlà qu il a dit : Tout ce que mon Père me donne ment a moi ; et je ne rejette pas celui qui u rient '■ parce que je suis venu au monde, non pour /aire

~ "b- ai, M. — > y«i, XVII

- • îi!' 7cl m%.'‘- ~ ‘ » - ’ * ‘M. ii

MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE

ma volonté, mait pour Jnire la volonté d< mon Père : et la volonté de mon Père est que je ne perde aucun de ceux qu'il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier Jour

Et pourquoi nous fait-il entrer dans ces sublimes vérités ? est-ce pour nous troubler, pour nous alarmer, pour nous jeter dans le désespoir, et faire que l'on s’agite soi-méme , on disant : Suis-je des élus , ou n'en suis-je pas? Loin de nous une si funeste pensée , qui nous ferait pénétrer dans les secrets conseils de Dieu , fouiller, pour ainsi parler, jusque dans son sein , et sonder l’ablme profond de ses décrets éternels. Le dessein de notre Sauveur est, que contemplant ce regard secret qu'il jette sur ceux qu’il sait, et que son Père lui a donnés par on certain choix, et reconnaissant qu'il les sait conduire à leur salut éternel par des moyens qui ne manquent pas, nous apprenions, premièrement, à les demander, à nous unir à sa prière , à dire avec lui : Préserves-nous de tout meU • : ou , comme; parle l'Église : Ne permettes pas que nous soyons séparés de vous : si notre volonté veut échapper, ne te permettez pas : tenez-la sous votre main, cbangez-la , et la ramenez à vous.

C'est donc la première chose que Jésus-Christ nous veut apprendre. Ce n’est point à nous à noos enquérir , ou è noos troubler du secret de la prédestination , mais à prier. Et afin de le faire comme il faut , une seconde Chose qu’il nous veut apprendre , c’est de nous-abandonner à sa bonté ; non qu’il ne faille agir et travailler; ou qu’il soit permis de se livrer , contre les ordres de Dieu , à la nonchalance , ou à des pensées téméraires : mais c'est qu'en agissant de tout notre coeur, il faut au dessus de tout nous abandonner à Dieu seul pour le temps et pour l'éternité.

Mon Sauveûr ! je m’y abandonne : je vous prie de me regarder de ce regard spécial , et que je ne sois pas du malheureux nombre de ceux que vous haïrez, et qui vous haïront. Cela est horrible è prononcer. Mon Dieu , délivrez-moi d’un si grand mal : je vous remets entre les mains ma liberté malade et chancelante, et ne veux mettre ma confiance qu’en vous.

L'homme superbe craint de rendre son salut trop incertain , s'il ne le tient en sa main ; mais il se trompe. Puis-je m’assurer sur moi-méme? Mon Dieu , je sens que ma volonté m’échappe à chaque moment : et si vous vouliez me rendre le seul maître de mon sort, je refuserais un pouvoir si dangereux à ma faiblesse. Qu’on ne me dise donc pas , que cette doctrine de grâce et de préférence met les bonnes âmes au désespoir. Quoi ! on pense me rassurer davantage , en me renvoyant à moi-méme , et en me livrant à mon inconstance ? Non , mon Dieu , je n’y consens pas. Je ne puis trouver d'assurance qu’en m’abandonnant à vous. Et j’y en trouve d’autant plus, que ceux è qui voua donnez cette confiance , de s’abandonner tout à fait à vous , reçoivent dans ce doux instinct la meilleure marque qu'on puisse avoir sur la terre de votre bonté. Aug-

' J«m. VI, S7, M, 39. — • MaUh. Vl, 13.

mentez donc en moi ce désir ; et faites entrer, par ce moyen , dans mon cœur cette bienheureuse espérance de me trouver à la fin parmi ce nombre choisi.

Ce ne sont , dit David , dit Salomon , ce ne sont ni de bonnes armes , ni un bon cheval : ce n’est ni notre arc, ni notre épée, ni notre cuirasse, ni notre valeur, ni notre adresse, ni la force de nos mains, qui nous sauvent en un jour de bataille; mais la protection du Très-Haut*. Quand j'aurai préparé mon cœur, il faut qu’il dirige mes pas *. Je ne suis pas plus puissant que les rois , dont le coeur est entre ses mains , et il tes tourne où il veut Qu'il se rende le maître du mien ! qu’il m’aide de ce secours qui me fait dire : Aidez-moi , et je serai sauvé < : et encore : Guérissez-moi , et je serai guéri^ : H encore ; Convertissez-moi , et je serai convertil Car depuis que vous m'avez converti , j'ai fait pénitence ; et depuis que vous m’avez touché , je ms suis frappé le genou en signe de componc-

tion et de regret.

LXXIII' JOUR

S*anir à JésuMZbrUt.

A la fin de ces réflexions, je prie tous ceux que j'ai tâché d’aider par tout ce discours , de s’élever au-dessus, je ne dirai pas seulement de mes pensées , qui ne sont rien , mais de tout ce qui leur peut être présenté par le ministère de l'bomme ; et en écoutant uniquement ce que Dieu leur dira dans le cœur sur cette prière, de s'y unir avec fui. Car c'est là véritablement ce qui s'appelle prier par Jésus-Christ et en Jésus-Christ, que de s'unir en esprit avec Jésus-Christ priant, et s'unir autant qu'on peut à tout l'effet de cette prière. Or, l'effet de cette prière, c'est qu’étant unis à Jésus-Christ Dieu et homme, et par lui à Dieu son Père, nous nous unissions en eux avec tous les fidèles , et avec tous les hommes , pour n'étre plut , autant qu'il est en nous, qu’une même âme et un même cœur. Pour accomplir cet ouvrage d’unité , nous ne devons plus nous regarder qu’en Jésus-Christ : et nous devons croire qu’il ne tombe pas sur nous la moindre lumière de la foi , la moindre étincelle de l’amour de Dieu , qu'efie ne soit tirée de l’amour immense que le Père éternel a pour son Fils ; à cause que ce même Fils notre Sauveur étant en nous , l’amour dont le Père l’aime s’étend aussi sur nous par une effusion de sa bonté : car c'est à quoi aboutit toute la prière de Jésus-Christ.

C’est en cet esprit que nous pouvons et devons conclure toutes les nôtres avec PÉglise : Par Jésus-Christ notre Seigneur : Peb Douiniih nos- TBUK Jesum Chbistuh. C.ac n’ayant à demander à Dieu que les effets de son amour, nous les demandons véritablement par Jésus-Christ , si noua croyons , avec une ferme et vive foi , que nous sommes aimés de lui par une effusion de l'amour qu'il a pour son Fils. Et c’est là tout le fondement de

■ Ps. XXXII, la, 17, 18, 1». tiU. cxxvi, 10, II. Pmr. xil, 31. — ‘ Pnw. XVI, XXI, I. — 4 Pt. CWIII, 117.—

* Jemn. xm, U. — * Ibid xxx, ia,l9.

MÉDITATIONS SOH L’ÉVANGILE.

la piété et de la conBancc chrétienne. C'en est , disje, tout le fondement, de croire que l’amour immense que le Père éternel a pour son Fils en tant que Dieu, lui fait aimer l’Ame sainte qui lui est si étroitement et si substantiellement unie , aussi bien que le corps sacré et béni qu’elle anime , c'està-dire, son humanité tout entière : et l’amour qu'il a pour toute cette personne , qui est Jésus^ihrist Dieu et homme, fait qu'il aime aussi tous les membres qui vivent en lui et de son Esprit vivifiant.

Croyons donc que comme Jésus-Christ est aimé par un amour gratuit, par un amour prévenant, l'Ame sainte qui est unie au Verbe de Dieu , n’ayant rienfaitqui lui attirât cette union admirable , mais cette union l'ayant prévenue; nous sommes aimés de même par un amour prévenant et gratuit. En un mot, comme dit saint Augustin ; JUz même grâce gui a fait Jétut^hrUl notre chef, a fait tout set membres ■ .

Nous sommes faits chrétiens par une suite de la inêine grâce qui a fait le Christ. 'Toutes les fois donc que nous disons : Peb Domincm Nostruu Jesum Chbistum : Far Notre Seigneur Jésus-Christ; et nous le devons dire , toutes les fois que nous prions , ou en effet , ou en intention , n’y ayant point d’autre nom par lequel nous devions être exaucés * : toutes les fois donc que nous le disons, nous devons croire et connaître que nous sommes sauvés par grAce , uniquement par Jésus-Christ et par ses mérites : non que nous soyons sans mérite , mais à cause que tous nos mérites sont ses dons , et que celui de Jésus-Christ en fait tout le prix , parce que c’est le mérite d'un Dieu , et par conséquent infini.

C'est ainsi qu’il faut prier/ur Jésus-Christ notre Seigneur ; et l'Église, qui le fait toujours, s’unit par là à tout l’effet de la divine prière que nous venons d'écouter. Si elle célèbre la grâce et la gloire des saints apôtres , qui sont les chefs du troupeau , elle reconnaît l’effet de la prière que Jésus-Christ a

■ üf Pmdeü. Souci. D. St , tom. x , C»1. 810. ~ ‘ -ért. IV, IX

faite distinctement pour eux. Mais les saints, qui sont consommés dans la gloire , n’ont pas moins été compris dans la vue et dans l’intention de Jésus-Christ , encore qu'il ne les ait pat exprimés. Qui doute qu'il ne vit tous ceux que ton lui avait donnà dans toute la suite des siècles , et pour lesquels U s’allait immoler avec un amour particulier?

Entrons donc avec Jésus-Christ, et en Jésus- Christ, dans la construction de tout le corps de l’Église ; et rendant gréoes avec el le par Jésus-Christ pour tous ceux qui sont consommés, demandons l’accomplissement de tout le corps de Jésus-Christ , de toute la société des saints. Demandons en même temps, arec confiance, que nous nous trouvions rangés dans ce nombre bienlieureux ; ne doutant point que cette grAce ne nous soit donnée , si nous persévérons à la demander par miséricorde et par grâce , c’est-à-dire , par le mérite du sang qui a été versé pour nous , et dont nous avons le sacré gage dans l’eucharistie.

Après cette prière , allons avec Jésus-Christ au sacrifice : et avançons-nous avec lui aux deux montagnes, à celle des Oliviers , et à celle du Calvaire. Allons, dis-je, à ces deux montagnes, et passons de l’une à l’autre ; de celle des Oliviers , qui est celle de l'agonie , à celle du Calvaire , qui est celle de la mort ; de celle des Oliviers , qui est celle où l'on combat , à celle du Calvaire, où Ton triomphe avec Jésus-Christ en expirant : de celle des Oliviers , qui ! est ht montagne de la résignation , à celle du Cal- ' vaire, qui est la montagne du sacrifice actuel ; enfin de celle où Ton dit : Non ma volonté, mais la votre; à celle où Ton dit : Jeremets mon esprit entre vos moins'; et, pour toot dire en un mot, de celle où Ton se prépare à tout, à celle où Ton meurt à tout avec Jésus-Christ, à qui soit rendu tout honneur et gloire, arec le Père, et le Saint- Esprit, aux siècles des siècles. Amen.

’ Asc. xxn.U; xxm, ««.

FI^ DU TOUS TBOISiAhC.

TABLE DES MATIÈRES

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