‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 5 sur 273 · VI · texte numérisé non relu

VI

* Joan. XIV, 24.

! c'est le Saint-Esprit : et qu'est -ceque le Saint-Ks- ' prit : n'est-cc pas l'amour éternel du Père et du I Fil.s?Qui'lleestroiiérationpropredu Saint- Esprit?

n'est-ce pas de faire naître, d'inspirer l'amour en I nos cieurs, et d'y répandre la charité , et partant I qui méprise la charité, il rejette le Saint-Esprit? et ce[iendaiit c'est le Saint-Esprit qui nous vivifie. Mais si je voulais poursuivre le reste, quand cst-ce que j'aurais achevé cette induction?ll n'y a mystère du christianisme, il n'y a article dans le Symbole, il n'y a demande dans l'Oraison , il n’y a mot ni syllabe dans l'Evangile , qui ne nous cric qu'il faut aimer Dieu.

Ce Dieu fait homme, ce Verbe incarné, qu'estil venu faire en ce monde? avec quel appareil nous est-il venu enseigner? s'cst-il caché dans une nuée? a-t-il tonné et éclairé sur une montagne toute fumante de sa m.ajeste? a-t-il dit d'une voix terrible: • Retirez-vous; que mon serviteur • Moî.sc approche tout seul ; et les hommes et les < animaux iiui aborderont près de la montagne, « mourront demort’. • La loi mosaïqueaeté donnée avec ce redoutable appareil. Sous l'Evangile, Dieu change bien de langage : y a-t-il rien eu de plus accessible que Jésus-Christ, rien de plus affable, rien de plus doux? Il n'éloiguc [x.-rsonne d'auprès de lui : bien plus, non-seulement il y souffre, mais encore il y appelle les plus grands pécheurs; et lui-méme il va au-devant : Venez, à moi , dit-il , et ne craignez pas. . Venez , venez A « moi , oppressés , je vous aiderai à porter vos " fardeaux’; • venez, malades, je vous guérirai; venez, affamés, je vous nourrirai: pécheurs, puhlicalns, approchez; je suis votre libérateur. Il les souffre, il les Invite, il va au-devant. Et que veut dire ce changement, chrétiens? d'où vient celte aimable condescendance d'un Dieu [ qui se familiarise avec nous? Qui ne voit qu'il veut éloigner la crainte servile, et qu'à quelque prix que ce soit il est résolu de se faire aimer, même, sij'ose parlerde la sorte, aux dépens de sa propre grandeur? Dites-moi ; était-ce pour se faire craindre, qu'lia voulu être pendu à Incroix? n'estce pas plutôt pour nous tendre les bras, et pour ouvrir auUmt de sources d'amour comme il a de plaies? Pourquoi se donne-t-il à nous dans l'euclmrtstic? n'cst-ce pas pour nous témoigner un extrême transport d'amour, quand il s'unit à nous de la sorte? ÎS'c diriez-vous pas, chré'ticns , que ne pouvant souffrir nos froideurs , nos indifférences, nos déloyautés, luimêmeil veut porter sur nos cœurs des charbons ardents? Comment donc excuserons-nous notre négligence? Mais où se cachera notre ingratitude? Après cela, n'est il

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