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POU U Uî JOUR
pas juste (le s'écrier avec le grunil optMre saint Paul : • Si (pielqu'un ii'aime pas Notre-Sei"ncur
Jésus-Christ, qu'il soit anatheme' ; • sentence autant juste que forinidablcî Oui, certes, il doit être anatheme, celui qui n'aime pas Jésus- Clirist : la terre sc devrait ouvrir sous scs pas, et l’enseveiir tout vivant dans le plus profond cachot de l'enfer; le ciel devrait être de fer pour lui ; toutes Icscréatures lui devraient ouvertement déclarer In guerre , à ce perfide , à ce déloyal , qui n'aime point Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Mais ô maliieur ! ô ingratitude! c’est nous qui sommes ces déloyaux. Oserions-nous bien dire que nous aimons !Sotrc-Seigncur Jésus-Christ? Jésus-Christ n’est pas un iiomme mortei que nous puissions tromper par nos compliments : il volt clair dans les etenrs, et ii ne voit point d'amour dans les nôtres. Quand vous aimez quelqu'un sur la terre , rompez-vons toujours avec lui pour des sujets de très- peu d’importance? foulez-vous aux pieds tout ce qu’il vous donne? mau<iuez-vous aux paroles que vous lui donnez? Il n’y a aucun homme vivant que vous voulussiez traiter de la sorte : c’est ainsi pourtant que vous en usez envers Jésus-Christ. Il a lié amitié avec vous; tous les jours vous y renoncez : il vous donne son corps; vous le profanez : vous lui avez engagé votre foi ; vous la violez : il vous prie pour vos ennemis; vous le refusez : il vous recommande ses pauvres; vous les méprisez : il n’y a aucune par tic de son cor(is que vos blasphèmes ne dé.shonorent. Et comment donc pouvez-vous éviter cette horrible mais très-tsiuitableexcommunicaliondc i'apôtre : • Siquciqu’un n'aime pas Notre-Seigneur • Jésus-Christ, qu'il soit anathème? • Et comment la puis-je éviter moi-même, ingrat et impudent pécheur que je suis? .\h! plutôt, ô grand Dieu tout-puissant qui gouvernez les etcurs ainsi qu'il vous pl,dt,s! quelqu’un n’aime pas Notre-Seigneur Jésus-Christ, faites par votre grâce qu’il aime Notre-Seigneur Jésus-Christ !
Aimons, aimons, mes frères, aimons Dieu de tout notre coeur : nous ne sommes pas chrétiens, si du moiivs nous ne nous efforçons de l’aimer ; si du moins nous ne désirons cet amour, si nous ne le demandons ardemment à ce divin Esprit (|ui nous vivilie. Je ne veux pas dire que nous soyons obligés, sous peine de damnation éternelle, d’avoir la perfeetion de la charité. Non, fidèles, nous sommes de pauvres pécheurs ; le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ c.vcusera devant Dieu nus défauts, pourvu que nous en fassions pénitence. Je nu vous dis donc pas que nous soyons obligés d’avoir la jicrfccliun de la charité ; mais
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je vous dis et je vous as.suro que nous sunimcs indis|)cusablement obligés d'y tendre, selon la mesure qui nous est donnée , sans quoi nous ne sommes pas chrétiens. Courage; travaillons pour la charité. La charité, c’est tout le christianisme ; quand vous épurez votre charité, vous jiréparcz un ornement |X)ur le ciel. Il n’y a , dit saint Paul , que la cliarité qui demeure au ciel : 1a foi se perd dans la claire vue; l’espérance s'évanouit pnr la possession effective : • il n’y a que la charité qui ■ jamais ne pjut être ét-intc ; . Chnrilas nunguamcxcidil'. Non-seulement ellecst couronniv comme la foi et comme l’espérance : mais ellemême elle est la couronne et de la foi et de l’es- ])érnnce. I.a charité seule est digne du ciel , digne de la gloire du paradis; elle seule sera réservée pour briller éternellement devant Dieu comme un or pur, elle seule sera réservée pour brûler éternellement devant Dieu comme un holocauste de bonne odeur. Commençons d’aimer sur la terre, puisque nous ne cesserons jamais d'aimer dans le ciel': commençons la charité des ce monde, afin qu'elle soit un jour consommée.