ORDONNANCES DE VISITE
dorant cc silence , rendaient leurs hommages et leurs adorations à la suprême majesté de Dieu. Que signifie ce silence mystérieux que firent les anges dans le ciel? Il doit vous imprimer un profond respect pour la majesté de Dieu , lorsque vous chantez scs louanges; c'est pour vous apprendre , par ces célestes intelligences , que toute créature , soit au ciel ou en la terre , doit demeurer dans le silence , et se taire pour adorer et admirer la grandeur de Dieu. Admirez donc et adorez celui à qui vousavez l'honneur de parler : faites de temps en temps ce silence , A l’imitation (les anges, observant bien la médiation; et puis derechef chantez comme eux alternativement, chœur A chœur, les louanges de votre Créateur et Seigneur. Si chacune avait application A faire cet acte d'adoration et d'admiration dans le temps de la médiation , il serait plutAt A craindre qu’elle fut trop longue que trop courte.
Les sœurs éviteront toute partialité; spécialement dans les choses où il est besoin d’avoir recours A notre autorité pour être pourvu au bien commun, et s'abstiendront d'en faire des entretiens inntiies ; eiles se contenteront de nous représenter ies vuesqu’elies en auront , demeurant cependant en paix, et se conformant avec soumission aux ordres qui leur seront donnés dans le temps.
Dans les visites, l’une ne suggérera pas A l’autre ce qu’elle dira: chacunedéclarera ses pensées avec simplicité. L'on a fait quelques fautes dans cette visite sur cet article; ce qui m'a obligé de vous en faire avertir, en ayant en connaissance. Cet avis vous servira dans les visites A venir : on n’a pas observé cela en cette visite-ci ; il faudra y prendre garde dons les autres. Soyez plus fidèles, mes filles, que vous ne l'avez été en celle-ci.
On évitera les amitiés privées et communica- 1 ions secrètes, sous telle peine qu’il conviendra décerner ; les vocales qui récidiveront dans cette foute , avec scandale , seront privées du chapitre ; de même, si elles déclarent aux personnes intéressées ce qui aura été dit contre elles.
Pour les amitiés particulières et communications dangereuses, je veux que vous ies évitiez comme les pertes de la religion , et que vous les fuyiez comme des sources de division et de vices. Ayez-les en horreur, et qu'il nes'en trouve jamais dons cette communauté de semblables. Je n'entends pas toutefois par IA défendre absolument tous entretiens et communications; j’en trouve parmi voua de saints et de bons , <]ui sont même utiles ; ils le seront toujours , s'ils ont les conditiims qu'il faut pour être parfaits; savoir : qu’ils soient rares, brefs, modestes, et avec permis-
sion de l’obeissance : s'ils sont régies de la sorte, je ne les désapprouverai pas.
A l’égard du secret du chapitre, que les vocales soient lA-dessus fort réservées. Vous savez par expérience les inconvénients qui en sont arrivés par le passé : il pourrait encore en arriver de plus grands A l'avenir, si vous n’y veilliez autrement; prenez-y garde : voici un article de conséquence; pensez-y, mes filles.
Les sœurs n'entreront pas dans les cellules les nnes des autres, sans permission de la mère supérieure : on se gardera bien d’en emporter secrètement, d’autorité privée, ni livres, ni écrits, sous peine de désobéissance.
Elles se rendront ponctuelles au confessionnal , de manière que le confesseur ne perde point le temps A les attendre.
Je vous exhorte, mes filles, d’être fort exactes et fidèles A cette ordonnance pour la confession. Ce n'est pas avoir du respect pour le ministre de Jésus-Christ, que de le faire attendre au confessionnal après vous. Que chacune de vous soit A l’avenir plus diligente A se trouver, aux jours prescrits , aux heures marquées pour la confession. Le temps que vous faites perdre ainsi au confesseur serait plus utilement employé A prier pour vous, et A présenter A Notre-^igneur tous vos besoins, pour lui demander les lumières nécessaires pour travailler au salut et A la perfection de vos âmes, dont il est chargé par son ministère. Quand vous allez au sacremeut de pénitence, soyez pénétrées d'une forte componction de cœur ; allez-y avec respect , avec humilité, avec soumission , et surtout avec confiance, comme A Jésus-Christ même, de qui le confesseur tient la place. Ne faites point de certaines distinctions par rapport A l'homme : entrez dans l'esprit de la foi , fermant les yeux A toutes les vues humaines; n'envisagez uniquement 'que Jésus- Christ en la personne du eonfesseur, qui vous le représente pour lors en qualité de votre juge. Allez donc A ce tribunal avec un esprit sérieux ; et soyez pénétrées d’une sainte frayeur, en vous considérant comme une criminelle en la présence de son juge.
Imitez la Madeleine, mes filles, et souvenezvous de sa diligence et de sa ferveur, lorsqu'elle allait trouver Jésus-Christ pour entendre sa parole , et pour obtenir la rémission de ses offenses. Quand elle savait le lieu où Notre-Seigneur était , et quand elle apprenait qu'il la demandait , jamais Madeleine ne s'en excusait : elle ne se faisait pas appeler plusieurs fois ; mais promptement et sans différer; elle s'allait jeter aux pieds de Jésus-Christ, pour entendre ces favorables paroles : Tes péchés le sont pardonnes. \'oilà , mes