‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 104 sur 408 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

C'était une espèce d'imprécation parmi les Hébreux, de souhaiter à un homme que le sang d'un autre homme retombât sur lui. Nous en voyons l'usage dans le Lévitique, et si quelqu'un se la fiaisait à soi-même par forme de serment, et qu'il dlt^ Je reux que le sang de celui-ci ou de celui-là retombe sur moi, c'est comme s'il eût dit : Je veux que tout le crime qu'il peut y avoir en le répandant me soit imputé. S'il y a des peines et des malédictions qui y soient attachées , je veux m'en charger. Si ce sang est innocent, je m'en fais le coupable, et je m'engage à être la victime et l'anathème de son expiation. Voilà, chrétiens, l'aftreuse extrémité où la fureur des Juifs les porta; jusqu'à consentir, après l'indigne préférence qu'ils avaient donnée à Barabbas, que le sang de Jésus-Christ non-seulement retombât sur eux, mais sur leurs enfants : Sangids ejiu siq^ernos et super filios nostros, (Matth., 27.)

Imprécation dont le sens est plein d'horreur; car c'est-à-dire, si cet homme que vous appelez juste, tt qui s'appelle Dieu, est aussi juste que tous le croyez, et qu'il soit, ainsi qu'il le prétend, égal à Dieu et Dieu lui-même, nous voulons bien en vous demandant sa mort, devenir responsables de toute l'injustice qu'elle renferme, et nous consentons à être traités, nous et toute notre postérité, comme des déicides. Imprécation que je ne puis prononcer, et que vous ne pouvez entendre sans en être saisis d'effroi, puisqu'elle nous fait voir dans ce peuple le plus violent transport de haine, et qu'elle nous présage pour eux dans l'avenir et pour leurs descendants les plus terribles malheurs. Imprécation où Pilate, tout païen qu'il était, craignit d'avoir part, et dont il voulut se mettre à couvert, lorsque en présence de cette multitude, et au milieu des cris qu'ils redoublaient sans cesse et qu'ils lui adressaient, il se fit apporter de l'eau ; qu'il se lava les mains , et leur déclara hautement, qu'il se tenait quitte de l'énorme attentat

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it commettre, qu*il! n'y contribuait en e ; que c'était à eux d*en rendre compte, lui il s*en croyait innocent : Innoeens mnguine JusH hujus, (Matth., 27.) imprécation dont Teffet, dans le eonrs n'a été que trop réel et que trop visible, rouvée , race maudite du ciel et de la réprouvez encore maintenant. Ce n*était mt un souhait que formaient vos pères, rérité qu'ils annonçaient. Ce sang qu'ils Q retombant sur eux, a rejailli sur vous; s contre leur pensée et contre leur inn'ont rien prédit qui ne se soit accompli, leeomplisse tous les jours, it, chrétiens, voyons la dioseplusen que toujours en abrégé, et par l'applil'en vais £aire, apprenons quels sont les jugements de Dieu sur les pécheurs, et nous exposons en profanant parle péché Jésus- Christ , et en le suscitant contre prenez garde, s'il vous plaît; en vertu de in si injustement répandu par les Juifs, lent retombé sur cette nation sacrilège, affligés de trois grands maux , ou plutôt fOigés de tous les maux, que nous pouvons ■ois espèces : ruine temporelle, aveugle- 4iel , réprobation éternelle. Je m'expli- , sans doute , mérite bien nos réflexions, I nous faire connaître quelle vengeance ' sait tirer de ses ennemis , et comment r les offenses qu'il reçoit, mporelle. Jamais il n'en fut de plus en- I pouvons-nous avoir une peinture plus elle même qu'en avait tracée le Fils de sa dernière entrée en Jérusalem ? Car il i tout ce qui devait arriver à cette ville : il en parut touché jusqu'aux larmes; et >lation lui annonça-t-il? Qu'il viendrait »ù les étrangers l'assiégeraient, qu'ils en entôt maîtres , qu'ils la pilleraient, qu'ils raient, qu'ils la renverseraient de fond I, qu*ils ne laisseraient pas pierre sur 3 ces calamités s'étendraient sur toute la 'elle serait séparée, dispersée, et qu'il ne it ni empire, ni demeure, ni temple. Or, n'ignore comment tout cela de point en est vérifié. Nous en sommes témoins ; et lions remonter à la cause, le mémeSau- ( soin de Ja marquer : parce que ce peuple X n'a pas connu la visite du Seigneur; n'écoutant ni reproches intérieurs de la , ni remontrances tant de fois réitérées de Pilate, ni droit, ni équité, ils n'ont sur passion et que la haine qui les transiree que depuis tant de siècles qu'ils ont irs mains parricides dans le sang d*un

Dieu , ce sang adorable n'a point cessé, ni jamais ne cessera dans tous les siècles, de crier au d^ ven* geance eontre eux. De sorte que ce même sang qui devait être la ressource de tout fsraël et leur f éderap» tion , est devenu, selon qu'ils s'y étaient eux-mêmes condamnés, leur perte et leur destruction: Sun* gHh ejus mper nos et super filios nostros.

Aveuglement spirituel. C'est ce voile dont a parlé saint Paul; ce voile qu'ils ont sur les yeux, et qui jusques à présent les a empêchés d'apercevoir la lumière qui les environne de tontes paits, et se montre à eux dans toute sa clarté. Et n'est-il pas étrange qu'après tant de témoignages les pluis sensibles et les plus évidents de la justice divine qui les poursuit , et qui voudrait leur faire enfin reconnaître la grièveté de leur crime , ils ne se rendent point encore; que toujours également obstinés et endu)^ cis , ils conservent le même ressentiment contres le vrai. Messie qu'ils ont renoncé, et s'en promettent un autre qu'ils ne verront jamais; que de génération en génération , cette inflexible dureté de cœur et cette impénitence se perpétue comme un héritage ; que parla ils irritent toujours déplus en plus la colère du Seigneur, et qn'ils achèvent, ainsi qu'il est dit dans l'Évangile, de remplir la mesure de leurs pères? A quoi devons-nous attribuer ce mortel assoupissement, et d'où a-t-il pu venir? C'est qu'ils se sont retirés de Dieu , et que Dieu s'est retiré d'eux; c'est qu'ils ont abandonné Dieu, et que Dieu les a abandonnés. Car c'est en ce sens quele Seigneur disait à son prophète : Aveuglez-les , et rendez-les sourds , afin qu'ils voient comme s'ils ne voyaient point, et qu'ils entendent comme s'ils n'entendaient point. Ils ont méconnu leur libérateur; et son sang, qu'ils ont fait couler, est encore tout fumant. Au lieu d'être pour eux une source inépuisable de grâces, comme il pourrait l'être, après tout, s'ils en voulaient profiter, c'est lui qui en détourne le cours et qui les arrête. Au lieu de servir à leur guérison , c'est lui qui aigrit leurs plaies et qui les envenime. Suites funestes de cet arrêt qu'ils ont porté contre eux-mêmes, et qui s'exécute dans toute son étendue et toute sa force : Sangtds ^us super nos et super filios nostras.

Réprobation éternelle. Je ne dis pas que ce soit dès la vie une réprobation déjà parfaite et consommée: mais je veux dire que Dieu les ayant livrés à leur sens réprouvé, il arrive de là qu'ils marchent dans la voie de perdition , et qu'il est d'une difficulté extrême de les en faire jamais revéhîr. On gagnerait à Jésus-Christ des millions de païens et d'Idolâtres, plutôt qu'on ne lui ramènerait un seul de ce peuple perverti et marqué du plus visible caractère de la damnation. C'est le triste sort où ils sont réservés. AujugementdeDieu,à ce jugement où Jésus-Christ présidera en personne, ils parattrout

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devant lui tout couverts, ou pour mieux d^re , tout souillés de son sang. La tache alors en sera ineffiçable : tous les feux de Tenfer ne la puriGeront pas; sans cesse elle se présentera à leurs yeux , et sans cesseils s'écrieront pendant toute rétemité, non plus en insultant à ce Dieu sauveur, mais en se désespérant : Sanguis ^us super nos et super JUios nosiros.

Or, mes frères , pour en venir à nous-mêmes , pour tirer de là une instruction qui nous retienne dans Je devoir, ou qui nous engage fortement et promptement à y rentrer, il est certain, et c*est Texr resse doctrine du grand apôtre , que par le péché nous faisons outrage au sang de Jô<;usChrist, comme si nous le répandions tout de nouveau et nous le foulions aux pieds. D^où il s'ensuit que nous Pattirons contre'nous-mémes, ce sang précieux ; que nous le faisons retomber sur nous-mêmes, et que par proportion nous nous exposons aux mêmes châtiments que les Juifs et aux mêmes vengeances du ciel.

Je n'exagère point, et ce que j'avance ici n'est que trop vrai et que trop solidement fondé. Car, quoique nous ne soyons plus à ces temps où Dieu , gouvernant un peuple grossier et tout charnel , faisait plus communément éclater contre lui sa justice par des maux temporels, comme il le récompensait par des prospérités humaines , nous ne pouvons néanmoins douter qu*il ne punisse encore de la même sorte bien des pécheurs , et qu'il ne les afllige des mêmes misères. Tant de malheurs publics qui désolent les États, tant de fléaux qui portent le ravage, guerres, pestes, lamines, nesont-ce pas souvent les etfets de la Hccnee des peuples et de la corruption de leurs mœurs? Tant d'accidents particuliers et de revers qui renversent des Caunilles , qui en dissipent les biens, qui en ternissent l'éclat, qui en troublent la paix , qui font échouer les desseins les mieux concertés, qui font évanouir les espérances les mieux établies , qui empêchent que rien n'avance , que rien ne réussisse et ne succède heureusement , ne sontee pas souvent de justes punitions <, ou des injustices d*un père, de ses fraudes et de ses mauvais tours, de ses excès et de ses débauches; ou des mondanités d'une mère, de son faste et de son orgueil , de ses intrigues et de ses scandales; ou de la conduite déréglée des enfants, les uns mal élevés et maîtres d'eux-mêmes, les autres rebelles à toutes les le^^ns qu'on leur fait, et emportés par le feu d'une jeunesse libertine et passionnée? Combien de décadences, de chutes, de disgrAces; combien d'humiliations, d'afflictions, de chagrins; combien de eontre-temps fâcheux, de traverses, do oontradictipnii combien d'infirmités, de maladies, do morts i; eombien d'infortunes, et do toutes les es- Itti ROUI imputons, ou A la malice des hom- Il aipriON du hasard , sont un coups

de Dieu et de secrètes malédictions dont il nous frappe?

On ne le voit pas , on n'y pense pas , parce qu'on s'accoutume à regarder toutes choses avec les yeux de la chair, sans ouvrir jamais les yeux de la foi. On prend bien des mesures, on imagine bien des moyens pour se rétablir dans un meilleur état : mais le plus sûr, ce serait celui que donnait le prophète à Jérusalem : Lavamini, mundi es/ote (Isaî., 1); purifiez-vous, et lavez- vous de tant d'iniquités: /iu/ertê malum cogitatUmum vestrarum ab oculU mets (Id.); Bannissez de votre cœur le péché qui l'infecte, et qui blesse la vue de votre Dieu : Qules» cite agere perverse, discite bene/acere (Ibid.); Cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien. Alors vous commencerez à jouir d'un sort plus heureux, même selon le monde. Dieu bénira vos entreprises, il adoucira vos peines; vous verrez votre maison sa relever, vos affaires prospérer; tout ira selon vos vœux, et vous connaîtrez de quel avantage il est, non-seulement par rapport au salut, mais parnpport à la vie présente, d'avoir pour vous le Seigneur, et de vivre dans sa grâce : Si volueritis et amdiert' tis me, bona terrx comedetis. ( Id.)

Je sais ce que vous me direz : que cette règle n'est pas générale. J'en conviens : on voit des péehean dans l'opulence, on en voit dans la splendeur, on en voit qui passent leurs jours dans le plaisir, etqd goûtent on semblent goûter toutes les douceurs de la vie. Mais écoutez la réponse de saint Augustin: c'est que s'ils sont exempts de toute peine temporelle, ils n'en sont que plus rigoureusement punis; et que le plus grand de tous les châtiments est que Dieu maintenant les épargn ' . et ne prenne pas soin de les châtier : pourquoi? parce qu'il les laisse par là tomber dans un aveuglement d'esprit et un endurcissement de cœur qui leur dteiit presque tonte espérance de retour, et qui les eonduisent à rimp^itence finale. Si Dieu dès à présent envoyait à ce pécheur quelque adversité. Il se dégoûterait da monde, il rentrerait en lui-même, il ferait des réflexions sérieuses sur la disposition de son âme*; il comprendrait que c'est la main de Dieu qui s^est appesantie sur lui , il reconnaîtrait ses égarâments, et penserait à se remettre dans Tordre et à reprendre la bonne voie qu'il a quittée : mais parce que le monde a toujours pour lui les mêmes agréments, parce que tout répond à ses désirs et que tout flatte ses inclinations, de là rient qu'il se piatt dans son péché, qu'il s'y attache sans cesse par de nouveaux liens; qu'il s'y endort si profondément que, sans un miracle de la grâce, on ne peut plus attendre qu'il se réveille de ce sommeil léthargique.

Vengeance de Dieu d'autant plus funeste, qu'on b ressent moins, et que bien loin d*en être effrayé, on s'en applaudit, et oo la prend pour un bonheur

SUR LE JUGEMENT

me félicité. Les plus sages même s*y laissent sur- «dre, et ont peine de voir des gens sans piété, is règle, peut-être sans religion et sans foi; des is adonnés aux vices les plus honteux , et plongés toutes sortes de désordres; des gens à qui rien ne he, ou pour leur fortune, ou pour leur plaisir, ni bisons, ni mensonges, ni fourberies, ni chicanes, fiolences, ni concussions : de les voir, dis-je, en et s*élever, s^agrandir, s'enrichir, venir à bout de 18 leurs projets, quoique les plus iniques, et avoir it k souhait. Dieu, dit-on quelquefois , est témoin cela; et comment le souffre-t-il?Ah ! mes frères, nment il le souffre ? vous me le demandez, et moi irétends que c*est par un des plus redoutables artde sa justice. Car je m*imagine Tentendre proleer contre ces pécheurs enivrés de leur prospérité îtendue, le même anathème qu*il prononça conles peuples d*Éphraîm : f^x coronx superbias , Us Ephralm (IsaI., 28); Malheur à ces ambiux, qui ne font que monter de degrés en degrés; ilbeur à ces voluptueux , qui ne font que passer plaisirs en plaisirs ; malheur à ces riches, avares intéressés, qui ne font qu'ajouter héritages à hé- :ages,et qu*entasser trésors sur trésors! pourquoi? ree que c*est ce qui les entretient dans leur ivresse, sst-à-dire, dans leur attachement à la terre , dans ir insensibilité pour le ciel , dans toutes leurs eudites. Aussi rien ne les touche, je dis rien de tout I qui regarde leur éternité; et u'est-ce pas là Tétat ) tant de mondains et de mondaines? On a beau or représenter le péril où ils se trouvent exposés : tOBt perdu là-dessus toute vue, tout sentiment. Ils archent toujours du même pas sans s'alarmer, et dfent toujours le même train de vie, jusqu'à ce ills se soient enfin précipités dans Fabtme. Et en quel abîme ! voilà, chrétiens, le comble des ngeances divines contre le péché, et voilà le der- » coup de la justice du Seigneur qui le punit : le réprobation éternelle. Voilà le terme fatal où pécheur se laisse entraîner, et ce qui lui est dû. ^té incontestable dans la religion que nous prônons. Il n'est point ici question de douter, de isonner, de disputer. Vom sommes chrétiens ; et ma De pouvons l'être que nous ne reconnaissions tte éternité de peines comme le juste salaire du iché , comme la Suite naturelle du péché , comme fin malheureuse où mène par lui-même le péché. était pour nous délivrer de ce souverain malheur le Jésus-Christ avait donné son sang et tout son ug; mais par l'abus criminel que le pécheur en a it« ce sang, qui devait le laver, ne sert qu'à le odre, aux yeux de Dieu, plus difforme ; ce sang, rî devait le réconcilier, ne sert qu'à le rendre deint Dieu plus coupable; ce sang, qui devait être m salut , devient la perte irréparable de son âme ga damnation.

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Ah ! mes frères, qui pourrait exprimer, je ne dis pas la douleur, mais le désespoir du réprouvé sur qui coule le sang de son Sauveur, non plus pour éteindre les flammes qui le dévorent, mais pour les allumer? Car ce sang divin descendra jusque dans l'enfer ; et s'est là que doit se vérifier dans toute son étendue cette parole de l'Écriture , que le Seigneur, le Dieu tout- puissant, a fait distiller sa fureur sur ses ennemis , et sa plus grande fureur : Magniis enimfuror DoministiUavU super nos. (2. Paralip,^ 34. ) De vous expliquer quels sont les effets de cette colère du Seigneur, aigrie et irritée par cela même qui devait l'adoucir et l'apaiser, c'est ce qui me conduirait trop loin , et ce qu'on vous a fait mille fois entendre; c'est ce qu'éprouvent tant de pécheurs déjà condamnés, et plaise au ciel que nous nous mettions en état de ne l'éprouver jamais !

Pour cela que nous reste-t-il , mes cliers auditeurs ? Contrition , réformation de vie , satisfaction. Contrition à la vue de tant de péchés qui nous ont éloignés de notre Dieu , de ce Dieu digne de tout notre amour , et dont nous n'avons payé les bienfaits que d'ingratitudes et d'offenses. Réformation : car il ne suffit pas de pleurer le passé, il faut penser à l'avenir ; il faut le régler , il faut le sanctifier, il faut rendre à Dieu toute la gloire que le péché lui !i ravie; il faut se dédommager de tous les mérites qu'on a perdus , ou qu'on n'a pas amassés : or , on ne le peut que par une vie toute nouvelle, et d'autant plus remplie de bonnes œuvres , qu'elle a été plus souillée de crimes. Satisfactions : n'allons point, mes frères, n'allons point chercher plus loin que dans ce saint temple le prix nécessaire pour nous acquitter auprès de la justice divine. C*est dans ce tabernacle qu'il est renfermé ; c'est là que repose ce sang qui seul a pu expier tous les péchés du monde , et qui peut à plus forte raison expier les nôtres. Prosternonsnous devant lui, et adressons-nous à lui. Sang adorable, relique vivante de mon Dieu, remède souverain et tout-puissant , c'est en vous que je me confie et que je mets toute mon espérance. Quand je serais mille fois encore plus chargé de dettes, il n'est rien que vous ne puissiez payer pour moi , et c'est ce que j'attends de vous. Aussi coupable que je le suis , je devrais , pour l'expiation de mes ini* quités, répandre tout mon sang ; mais sans vous que servirait mon sang, et le sang de tous les hommes? Vous êtes donc ma ressource, et c'est à vous que j'ai recours. Non pas que je veuille m'épargner moimême : je suis pécheur , et par conséquent , je veux désormais et je dois me traiter en pécheur. Mais ma pénitence tirera de vous toute sa vertu , et n'aura de mérite qu'autant qu'elle vous sera unie. Vous la sanctifierez, vous la consacrerez, vous me la rendrez salutaire pour l'éternité bienheureuse « où nous conduise , etc.

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