SUE LA FLAGKLLATION DE JESUS-CHRIST
ledois me rapprocher de Dieu, que | tes les grâees que Dien nous doane; et qu'apits
fooTrage de ma récoualiatîoD
aveellîeB.
Maû da reste, en vain le comnieiiceraFJe par là , Il . dans uû assemblase monstrueux , je joins à la tnete do périMé uoe fausse et damoable honte de la Terto. C^r a;ors ee que j'aurai commencé, je ne radkrverai jamais , puisque cette honte de la vertu rwoera dans moi t/iut ce qu*aura produit la honte au yhkà, Aif;si, mes frères, Touloos-nous consom- WÊet r<eurre de notre sanctification ; outre la honte da péefaé, rerétoos-fious des armes du salut, c*esta-dire d'une fermeté, d*une iutrépidité , d'une bardietse, et, selon Fespression de saint Augustin, €fUMt saiee et pieuse effronterie dans le culte de notre I>Mu et dans Taccomplissement de tous les de- %ikt% de la rtUipfpn, Règles divines , et admirables emei^iieineuts, que nous recevons de Jésus-Christ même. 'iuurWfM tncrtre vers lui les yeux, et forfmm%'Utf^% %ur un modH^ si parfait.
Le loila, ee Somst-ttr ;i'!'>r;i!ile, dans la plus grande CMifuM^M; et ee qui fait sa honte, ce sont les péetm d'autfuî ; fÂpmumti n*en aurai-je pas de mes \^tf^fé:% y^A^ < Ah ' malheureuse, disait le Seigneur pf b htftH:\ifr '> ih*-(t9i»i it unts ùme pécheresse, où •'tt i^tn fMutOi'f U f*^ %h\% plus de ressource pour toi. 7 on }hif\tîM Mit uttfuir*'. il Mît dernier terme, ei'yivûk %^àf le [ftnui de l'abandonner : pourquoi? parce que tu tV» fait un front de prostituée, et que tu ne *ai« plus fut que e'eiit que de rougir : Frons tnésretrklM fada t»l tlhl; nt)lui$ti erubescere. ( JeiiftM,, Z.j Tandis que tu n*étais pas tout à fait insensible à la ïumiti que devaient te causer tes crimes et tes dissolutions , j*espérals de toi quelque chose ; car cette honte était encore un reste de grâce, et un moyen de conversion : mais maintenant que tu ras perdue , qui sera capable de te ramener de tes égarements, et qui («ourra te rappeler à ton devoir? Jm crainte de mes jugements est bien forte; mais elle s*efface en même tempti que In honte du {tétMé, f/S vue de réternitéest bien terrible; mnis on n*y pense guère des qu'une fois on n déposé toute honte du pénbé. Mn grâce est toute-puissante ; mais elle ne Teiit que pour inspirer In honte et la douleur du péché. De là , tant que tu demeureras sans honte et snns pudeur dans ton péché, il n*y a rien à attendre de ta part, et tes plnies deviennent incurables : Fron» meretrlcln facta est tibi; noluUtl erubescere.
En effet, chrétiens , s*il y n en cette vie un état de perdition et presque Nnns remède, c'est celui d'un pécheur qui ne rougit plus de son péché; et la raison qu'en apporte saint llernard devrait faire trembler tout ce qui se rencontre ici de pécheurs disposés à tomber en ce fatal endurcissement. C'est , ;4»Hli qua la honte du | cchr est la dernière de tou-
cette grâce, il n*y a presque plus de ces grâces de salut, de ces grâces spéciales et de chou, qui font impression sur une âme criminelle, et qui , par ans espèce de miracle, la retirent de rabtme où elle ert plongée. L'expérience noos le fait assez connaître, et la chose ne se vérifie que trop par la nature méms des grâces. Si done, reprend samt Bernard, je ne ressens plus cette grâce de honte et cette confosioa qui me troublait autrefois à la présence dn péché, et qui m'en éloignait , f ai lieu de craindre que je ae sois bien près de ma ruine , et que Dieu ne me laisse dans un funeste ahandonnenient.
Mais le nooyen de réveiller en moi cette grâee si précieuse, et d'y exciter cette confusion? Jésus- Christ, mes frères, Jésus-Christ : c'est oelui qui la ranimera, qui la ressuscitera, qui la fera renaître, quand elle serait pleinement étemte. Il nous auflh de le contempler dans le mystère de sa flagellation. Nous l'y verrons chargé d'opprobres pour nos péchés; mais beaucoup moins confus de ses opprobres que de nos péchés. Hé ! mon frère , s'écrie saiot Chrysost^me, si tu ne rougis pas de ton crime, rougis au moins de la honte qui en retombe sur ton Sauveur! si tu ne rougis pas de pécher, roogts au moins de ne pas rougir en pécliant. Car le plus grand sujet de honte pour toi , c'est de n'en avoir point ; et peut-être cette honte ne te sera pas inutile, puisqu'elle servira à faire revivre en toi la honte du péché même, et qu'à force d'avoir honte de n'en point avoir, tu pourras en avoir dans la suite et la reprendre.
Qui doute, chrétiens, que cette pensée ne pât être un frein pour le plus déterminé pécheur, s'il faisait dans son péché cette réflexion : Ce péché que je eommets a fait rougir mon Dieu. Il en a porté la tadie, et cette tache, avec laquelle il s'est présenté «nx yeux de son Père , lui fut , tout innocent qu'il était, plus ignominieuse que tous les coups de fouet dont l'accablèrent ses bourreaux. Combien plus eneoie doit-elle donc me défigurer devant Dieu ? Ce ^ fut plus sensible à Jésus-Christ dans le Prétoire, ee n'était pas d'être exposé à la vue des Juifs, ai d*toe en butte à tous leurs traits; mais de parattre avec mon péché devant tous les esprits bienheureux et toute la cour céleste. Or, n'ai-je pas actuellement moi-même tout le ciel pour témoin , et n'est-ce pas assez pour me confondre, et pour arrêter par cette utile confusion le cours de mon désordre ? Veux-je me réserver à cette confusion imiverselle du jugement de Dieu, où ma honte éclatera aux yeux du monde entier ? et ne vaut-il pas mieux en rougir présentement avec fruit dans le souvenir d'im Dieu sauveur attaché à la colonne, que d'en rougir inutilement et avec le plus cruel désespoir, aux pieds d'un Dieu vengeur assis sur le tribunal de sa justice?
SUR LA FLAGELLATION DE JfiS.US-CHRIST.
Mais ce n'est pas foat. La même honte que nous B*aTun8 pas pour le mal , ou que nous travaillons à étouffer, nous Favoos pour le bien , et nous manquons de courage pour la surmonter. Du moins , en rougissant du péché, nous rougissons également de la vertu. De sorte que par Falliance la plus réelle, quoique la plus bizarre et la plus injuste, c'est pour nous tout à la fois une confusion , et de mal faire , et de bien faire ; de mal faire, parce qu*il nous reste toujours un certain fonds de conscience; de bien faire, parce que nous nous conduisons selon les idées du monde , et que nous en craignons la censure. État le plus ordinaire dans le christianisme. Les libertins déclarés n'ont honte que du bien qu*il faudrait faire, et qu'ils ne font pas; les âmes vertueuses de profession et les vrais chrétiens n*ont honte que du vice, qui leur est odieux et dont ils tâchent de se préserver : mais la plupart , ni libertins tout à fait, ni tout à fait chrétiens, mareheot entre ces deux extrémités, et réunissent dans eux l'une et l'autre honte, la honte du péché et la bonté de la piété.
£n combien d'occasions où Dieu exige que nous fassions connaître ce que nous sommes , nous tenons-nous renfermés dans nous-mêmes, et déguisons-nous nos sentiments , parce que nous avons de la peine à prendre parti contre telles personnes , et que nous ne voulons pas avoir à essuyer leurs raisonnements et leurs discours? Combien de fois parlons-nous et agissons-nous contre toutes nos lumières et tous les re()roches de notre cœur, parce que nous n'avons pas la force de parler et d'agir autrement que celui-ci ou que celui-là avec qui nous vivons, et que nous n'avons pas Tassurance de le contredire? Un homme a de la religion, il a de la crainte de Dieu, et il voudrait vivre régulièrement et chrétiennement ; il voudrait assister au sacrifice de nos autels avec respect; il voudrait fréquenter les sacrements avec plus d'assiduité ; il voudrait accomplir avec fidélité tbus les préceptes de rÉglise; il voudrait s'opposer à certains scandales, abolir certaines coutumes, réformer certains abus; il voudrait s'absenter de certains lieux, rompre certaines liaisons, et s'engager en d'autres sociétés moins dangereuses et plus honnêtes; la grâce le presse, et il en voudrait suivre les mouvements; il le voudrait, dis-Je, et il se sent de l'attrait à tout eela : mais toutes ces bonnes volontés et tous ces bons désirs, que faut-il pour les déconcerter et les lenverser? Une répugnance naturelle a se distinguer et à paraître plus religieux et plus scrupuleux qu'on ne 1 est communément à son âge et dans sa condition.
Honte du service de Dieu , où n'es-tu pas répandue, et quels dommages ne causes-tu pas jusque dans les plus saintes assemblées ! Combien de des-
seins fais-tu avorter! combien de veirtus retiens-tu captives! en combien d'âmes détruis-tu Fesprit de la foi, et combien de gloire dérobes-tu à Dieu! Or il faut, chrétiens, triompher de cet ennemi; il faut, à quelque prix que ce puisse être, vaincre cette honte, non-seulement parce qu'elle est indigne du caractère que nous portons, mais parce qu'elle est absolument incompatible avec les maximes et les règles du salut. Et pour nous fortifier dans ce combat, quel exemple est plus puissant que celui de Jésus-Christ? Car si toute la honte, disons mieux, si toute l'infamie de sa flagellation n'a pu ralentir son zèle pour l'honneur de son Père , ne serais-je pas bien condamnable de trahir la cause de mon Dieu par la crainte d'une parole , d'un mépris que f aurai à supporter de la part du monde ? Si je dois rougir, ce nest point des railleries du monde, ce n'est point des jugements et des rebuts du monde; mais c'est de ma lâcheté, c'est de mon infidélité, c'est de mon ingratitude, quand un aussi vain respect que celui du monde me fait oublier tous les droits et tous les intérêts du Dieu que J'adore , d'un Dieu à qui J'appartiens par tant de titres , d'un Dieu à qui je suis redevable de tant de biens, d'un Dieu le souverain auteur de mon être , et mon unique fin, mon unique béatitude dans l'éternité. N'insistons pas davantage sur un point si évident par lui-même , et passons à un autre, où nous devons considérer la flagellation du Fils de Dieu, non plus comme un des supplices les plus honteux , mais les plus douloureux ; et apprendre de là à retrancher par la mur. tiGcation évangélique toutes les délicatesses des sens et de la chair : c'est la seconde partie.