‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 107 sur 408 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

C'était beaucoup pour le Sauveur des hommes d'avoir subi toute la honte d'un supplice aussi humiliant que celui de la flagellation ; mais il allait encore qu'il en éprouvât toute la cruauté, et que sa chair, victime d'expiation pour tous les péchés du monde, fût immolée a la rage de ses bourreaux, et mise par là même en état d'être offerte à Dieu comme une hostie précieuse, et de fléchir sa colère : c'est le triste objet que nous avons présentement à considérer. Quand les amis de Job, instruits de son infortune et de la déplorable misère où il se trouvait réduit, vinrent à lui pour le consoler, TÉcriture dit que le voyant couché sur un fumier tout défiguré et tout plein d*ulcères , ils furent saisis d'un tel étonnement qu'ils déchirèrent leurs habits , qu'ils se couvrirent la tête de cendres, et que, pour marquer la consternation où ils étaient, ils se tinrent là plusieurs jours dans un profond et morne silence. Il y aurait encore bien plus lieu, chrétiens, de tomber ici dans la même désolation, de garder la même conduite , et de demeurer sans parole à la

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