‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 116 sur 408 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Je ne puis mieux entrer dans cette seconde partie que par une figure dont j'ai lieu de croire que vous serez touchés , et qui pourra faire une forte impression sur vos cœurs. Je mlmagine le Sauveur du monde chargé de sa croix, montant au Calvaire, et suivi , non des Juifs qui sont ses ennemis , mais des chrétiens qui sont ses disciples. Je me le représente en cet état , nous adressant la parole et nous faisant cette même invitation qu'il a faite tant de fois à ses apôtres, et qui renferme en abrégé toute la doctrine évangélique : Si guis vultpost me venircy toUat crucem suam et sequatur me (Matth., 16); Chrétiens, vous qui professez ma loi, et qui

vous flattez de m'appartenir, déclarez-vous; ou uui<^5«^uvi^uov«i,aa.âii,v«>u<u.c phitôt, éprouvez- vous vous-mêmes, et voyez si 1 dit pas, Marcliez devant moi;

vous voulez en effet venir après moi. Ah ! Il le fat> bien, Seigneur ; et à.qui irions-nous, puisque c'es vous seul qui avez les promesses et les gages de h vie éternelle? Ad quem ibimusf verba vitx œttrnx habes. ( Joan., 6.) Vous y êtes donc résolus, repsend ce divin Maître , et vous m'en faites une smcère protestation. Or, si cela est, écoutez la condition que je vous propose : c'est que vous prendrez sur vous mon joug, qui est ma croix, et que vous la porterez avec moi : TolUte jugum mem super vos. (Matth., 11.)

Voilà des paroles , mes chers auditeurs , qui de tout temps ont paru bien dures aux âmes mondaines, et dont notre mollesse et notre amour-propre a toujours témoigné une extrême horreur : poiu> quoi cela? parce que nous ne les avons jamais comprises dans toute la force de leur sens, et que noiu n en avons jamais eu une intelligence parfaite. Car en même temps que ces divines paroles nous Imposent une obligation dont notre faiblesse est étonnée, et qui nous semble trop rigoureuse pour la pouvoir soutenir, elles nous présentent d'ailleurs tout ce qui peut nous en adoucir la rigueur et nous en hciliter la pratique. Appliquez- vous, je vous prie, et tâchez à vous en convaincre.

De quoi s'agit-il? Ce n'est pas seulement de po^ ter la croix , mais de porter la croix de Jésus-Christ; ee n'est pas seulement de la porter seul et sans guide, mais delà porter après Jésus-Christ et avee Jésus-Christ; ce n'est pas seulement de la porter volontairement et de gré, mais de la porter en vue de Jésus-Christ et pour Jésus-Christ. Or, dès que c'est la croix de Jésus-Christ, dès qu'il est question de la porter avec Jésus-Christ et après Jésus-Christ, pour Jésus-Christ et en vue de Jésus- Christ, un chrétien , frère et membre de Jésus-Christ , y peuMl alors trouver des difficultés; ou quelques difficultés qu'il y puisse d'abord rencontrer, ne sont- elles pas bientôt levées parla douceur et l'abondance deî consolations dont il est rempli ? Du moment qa< le soldat voit avancer le capitaine, il marche, i court, il vole; point de péril qui l'arrête, et qui mêmi ne disparaisse à ses yeux ; tout lui devient aisé. Si hésitait, s'il délibérait, s'il restait en arrière, m serait-ce pas une honte et un opprobre dont la cen fusion lui ferait mille fois plus de peine que ton les dangers qu'il eût eu a essuyer? Hé quoi, me frères, ne sommes-nous pas encore plus étroitemen engagés à Jésus-Christ? Le caractère dont noa sommes revêtus, la fidélité que nous lui avon jurée, le serment que nous lui avons £ait, tou cela a-t-il moins de pouvoir pour nous animer à 1 suivre ? Nous serait-il moins honteux de reculer; c témoins de ses démarches, serions-nous moinspîoné d'une généreuse et sainte émulation? Car il ne noa

mais, après moi :i

SUR JÉSDS-CHRIST PORTANT SA CROIX-

ne nous dit pas , Ouvrez-vous le chemin ; mais , Entrez dans le chemin que je vous ai ouvert : il ne OOQS dit pas. Faîtes les premiers efforts et donnez Jm premières attaques; mais, Venez me joindre dans le combat, et partager avec moi le travail. A cette proposition, tout notre zèle ne doit-il pas s*alfaimer, et y a-t-il obstacle qui nous puisse retenir? Autrefois, dit saint Bernard, et dans Tancienne loi, il n*en était pas de même à l'égard d'un juste. Quand Dieu lui offrait une croix à porter, il pouvait craindre, il pouvait se défier de lui-même, il pouvait, si j'ose parler ainsi, avant que de la prendre, en mesurer Télendue et la comparer avec ses forces : pourquoi? parce qu'il n'avait point devant lui le chef visible qui le soutînt par son exemple. Cependant ces justes de l'Ancien Testament, sans être soutenus comme nous de l'exemple de Jésus-Christ, que n'ontils pas souffert , et que n'ont-ils pas voulu souffrir , Il n'y a qu'à lire le détail qu'en a fait saint Paul , et qu*à jeter les yeux sur l'admirable peinture que ee grand apôtre nous en a tracé. Quelles misères ont-ils eues à supporter?1a disette , la faim , la soif, tous les ennuis de l'exil et toute la violence des plus cruelles persécutions : £gentes, angustiatiy a/flicti. {Hebr.y 11.) Par quelles épreuves ont-ils passé? ils ont été exposes aux outrages, aux ignominies, aux coups ; ils ont été arrêtés, chargés de fers , enfermés dans les prisons : Alii ludibria et verbera experti* ' insvperetvincula, et carceres. (Ibid.) Quels tourments ont-ils endurés? on les tirait sur des chevalets, on les lapidait , on les sciait, on les faisait périr par le tranchant de l'épée : yilii autem distenti sunt, ktpidati swU, secU sunl, in occisione gladii mortut sunt. (Ibid.) Tout cela les ébranlait-il , leur paraissait-il insoutenable? Ah! ils n'en étaient que plus constants , que plus intrépides et plus forts : Convaluerunt de infinnitute , fortes in bello facti ' svad. (Ibid.) Or voilà notre confusion. Avant Jésus-Christ, tout ce que la croix peut avoir de plus douloureux et de plus pesant, leur est devenu léger etdûux par le seul zèle de Fhonneur du Dieu d'Israël qu'ils adoraient : et nous , depuis Jésus-Christ, nous, excités, non-seulement par l'intérêt et la gloire de ce même Dieu que nous adorons comme eux , mais par la présence d'un Homme-Dieu qui s'est montré à nous, et qu'ils n'ont pas vu comme nous, tout nous fait peine et tout nous abat! O insensaii, mwte quorum oculos Jésus Christusprxscriptus est! ( Gatat. 30 C'était le reproche que faisait aux Calâtes le docteur des gentils, et qu'on peut bien nous faire à nous-mêmes. Chrétiens aveugles et insensés, ou, pour mieux dire, chrétiens lâches et timides, levez les yeux, regardez devant vous, et considérez quel est celui qui vous précède : c'est Totre Maître, c'est votre Sauveur, c'est votre Dieu. Avec cela y a-t-il rien qui tie doive s'aplanir pour

TOUS? Si la route qu'il tient vous semble trop étroite et trop épineuse , êtes-vous dignes de son nom, et méritez-vous la glorieuse qualité dont il vous a Ikonorés? O insensati , ante quorum oculos Jésus Christusprxscriptus est!

D'autant plus que c'est sa croix que nous devons porter, et non point précisément la nôtre. Oui, c'est la croix de Jésus-Christ; et de là vient, remarque saint Chrysostôme, qu'en nous invitant à le suivre, il ne nous a pas dit. Prenez votre joug; mais, Prenez mon joug : ToUitejugum meum super vos (Matth., 11); parce qu'il voulait nous engager par un puissant attrait à son service, et nous rendre la croix dont il nous chargeait, aussi aimable que vénérable. S'il nous eût dit. Prenez votre joug et portez-le, il nous eûteffrayés et rebutés : car qu'y a-t-il de plus dur à un homme et de moins supportable que son propre joug, que le joug de sa faiblesse naturelle, que le joug de ses passions, de ses appétits sensuels et de ses désirs déréglés? mais non, nous dit-il , ce n'est point votre joug que je vous impose; au contraire, je vous permets de le rejeter, je vous y exhorte , je vous l'ordonne, puisque je vous ordonne de vous renoncer vous-mêmes et de vous dépouiller de vous-mêmes. C'est donc, en la place du vôtre , le mien que je vous présente et que je vous enjoins de prendre. Je veux faire un échange avec vous. J'ai pris votre joug sur moi , en me revêtant de votre chair mortelle et de votre humanité : prenez maintenant le mien sur vous, en participant aux souffrances de ma passion et en portant ma croix. C'était une humiliation pour moi de porter votre joug, et ce ne peut être qu'une gloire pour vous de porter le mien. Je n'ai trouvé dans votre joug que de l'amertune et j'en ai senti tout le poids, mais vous goûterez dans le mien les douceurs les plus solides, et souvent les plus sensibles. J'ai été accablé de votre joug, et j'y ai enfin succombé ; mais le mien vous fortifiera , et bien loin de vous fatiguer, il vous soulagera : Toliiteju* gum meum super vos, et invenietis requiem animabusvestris. {Id.)

C'est ainsi , dis-je, que nous parle notre adorable Sauveur; et c'est par là même, mes chers auditeurs, qu'au lieu d'un joug d'esclaves et de malheureux , tel qu'est celui que nous portons communément dans le monde , il ne tient qu'à nous de porter le joug d'un Dieu. Voilà ce que souhaitait si ardemment saint Bernard , et ce qu'il demanda à Jésus- Christ, avec tant d'instance, dans ses pieux Colloques: Seigneur, déchargez-moi de mou joug, je ne

le puis plus soutenir; et puisqu'il faut nécessairement en avoir un, donnez-moi le vôtre. Car dès que ce sera le vôtre , vous me le ferez porter avec une sainte allégresse et comme en triomphe.

Illefera>digétiioeîeltttBlè|jii*dyoiw»wfai>

SUR JÉSIIS-CBRIST PORTANT SA CROIX.

Bernard , nous réprouverons nous-mêmes. Et en effet (c*est la belle réflexion de saint Chrysostôme), si ce pauvre Gyrénéen, que les Juifs forcèrent de porter la croix de Jésus-Christ, eût su que c'était la croix du Sauveur des hommes, que c'était le trésor du monde , Tinstrument et le gage de notre rédemption ; que c'était la croix de son Dieu et du Dieu de l'univers; s'il en eût connu le prix infini et le mérite sans mesure ; si Dieu , dans ce moment^ lui eût ouvert les yeux pour voir tous les fruits de grâce et de salut que cette croix allait produire, de quel sentiment de joie eût-il été transporté? avec quelle ardeur l'eût-il embrassée? eût-il fallu le presser et le solliciter, eût-il fallu le contraindre? eût-il été besoin de lui promettre une récompense, et en eût-il voulu d'autre que favantage et l'honneur de toucher ce bois précieux et de l'appliquer sur lui ? Ne s'y serait-il pas présenté de lui-même, n'auralMl pas redoublé ses prières auprès des soldats, auprès des ministres de la justice, pour obtenir un bonheur qu'il eût plus estimé que toutes les richesses de la terre? Cette seule pensée : Ce n'est point la croix d*un criminel que je porte, mais c'est la croix de mon Créateur et de mon Rédempteur; voilà ce qui l'eût enlevé, ce qui l'eût consolé, et, si je l'ose dire, ce qui l'eût béatifié. Nous sommes à sa place, chrétiens; ce qu'il ne connaissait pas, nous le connaissons. Nous savons ce que c'est que la croix de Jésus-Christ, et quelle en est l'excellence et la valeur. La foi nous l'apprend; et ce qu'elle nous en découvre, ne doit-il pas être pour nous l'adoucissement de toutes ses rigueurs ?

Surtout lorsque nous ne la portons pas tout entière; et voici ce qui nous rend encore plus inexcusables quand nous faisons si peu d'efforts pour vaincre notre délicatesse, et que nous en tirons tant de prétextes pour exagérer nos peines, et pour y chercher tous les soulagements que nous inspire un amour désordonné de nous-mêmes. Car que souffrons-nous qui puisse être en quelque sorte comparé avec tout ee qu'a souffert Jésus-Christ? Je pourrais vous dire : Que souffrons-nous en comparaison de ce que nous méritons après tant de péchés, dont un seul ne pourrait être dignement expié par tous les supplices de l'enfer? Je pourrais vous dire : Que soufifrons-nous en comparaison de tant de misérables sur la terre , que nous voyons dans la pauvreté , dans la nécessité, dans l'otrâcurité, manquant de tout, et ayant néanmoins besoin de tout dans les infirmités et les maladies qui les affligent, et dans les douleurs aiguës qui les tourmentent? En som- UMSHMms réduits là ; et au lieu des plaintes que nous iwinoiiSvii'iiirioDS-nouspasdequoi remercier Dieu « , . fri noui a mis à couvert de tous ces maux et de ^^ftiind*antnt?

l^^flMllifMis'flSt point de OM>n siget , et je m'en tiens

toujours au même exemple. Je vous le dis done encore une fois, mon cher auditeur, et je le répète : Que souffrons-nous en oomparaisonde Jésus-Christ? voilà la grande mesure et la grande règle par où nous devons juger de notre état : oserions-nous le mettre en parallèle avec l'état d'un Dieu anéanti; avec l'état d'un Dieu abandonné à toute l'envie et à tous les attentats d'un peuple ennemi et furieux; avec l'état d'un Dieu tratné à tous les tribunaux, et là, accusé, calomnié, traité comme le plus abominable des hommes et le plus impie, avec l'état d'un Dieu condamné à la mort, et à la mort la plus htfâme? Par conséquent, la croix que nous portons n'est qu'une partie de la croix de ce Dieu sauveur, et n'en est même qu'une très-petite partie. Or, dans une si faible portion de cette croix, qu'y a-t-il qui doive tant nous coûter?

Vous me direz que la difficulté ne doit pas se mesurer par les choses , selon ce qu'elles sont en ellesmêmes, mais selon nos forces; et qu'étant aussi fragiles que nous le sommes, le moindre fardeau est capable de nous abattre. Il est vrai , mes frères , et j'en conviens ; si nous nous trouvons abandonnés à nous-mêmes, si nous sonunes seuls à porter la croix, et que nous soyons privés du secours d'en haut. Mais ce qui doit achever de nous convaincre, c'est qu'en portant la croix de Jésus-Christ, nous la portons avec lui, ou qu'il la porte avec nous, comme il la portait avec le Cyrénéen. Principe incontestable dans la religion; car il est de la foi que Jésus-Christ souffre dans nous , que Jésus-Christ est affligé et persécuté dans nous : tellement que , quelque adversité qui nous arrive, nous pouvons avec la même confiance que salut Paul, nous dire à nousmêmes , en nous encourageant et nous animant : Non egoy sed graiia Dei mecum, ( i. Cor,, 15.) Ce coup est bien rude, ce calice, bien amer, cet accident, bien triste et bien fâcheux ; mais le Seigneur ne me manquera pas au besoin : il sera auprès de moi, avec moi , dans moi , pour me seconder et me conforter. Or, avec le Seigneur et avec sa grâce toutepuissante, que ne peut-on pas , et de quoi ne vienton pas à bout? Omnia possum hi eo qui me con» fortat.{Phaip.y 4.)

Le point essentiel est de se bien persuader cette importante vérité, et de se l'imprimer bien avant dans l'esprit : Jésus-Christ porte avec moi cette croix, ou du moins il est toujours prêt à la porter, si j'ai recours à lui et que je veuille l'accepter comme m'étant présentée de sa main. Tant que je serai sou* tenu de cette pensée, et que dans cette pensée je me tiendrai soumis aux ordres de Dieu , quand tous les fléaux du ciel tomberaient sur moi , quand toute la terre se liguerait contre moi , quand je me verrais assailli de toutes les infortunes et de toutes les calamités de la vie, au milieu de tous les assauts.

SUR LE CBUCIFIEMENT £T LA MORT DE JËSUS-CURIST.

urai inébranlable : pourquoi? parce que | r appui Jésus-Christ , et que par une vertu

il m*élèvera au-dessus de tout. Dans une

sainte assurance , je m'écrierai avec le I

Que les armées entières conjurent ma msistant adversum me castra. ( Psalm, ie toutes parts les puissances des ténè- Bnt m'attaquer, Si exurgai adversum me Ibid. )) mon cœur n*en sera point ému , le, d'autant plus ferme qu'elle comptera elle-même, ne perdra rien de sa tranquillon repos : Non Umebit cor meum. (Ibid.) irtira cette force? C'est que le Seigneur era de sa présence, et qu'il m'aidera. Or,

pourrai me répondre de l'assistance du tout s'aplatnira sous mes pas , et tout me possible; c'est trop peu , tout me devien-

aisé et facile : Omnia possum ineoqui tat. {Philip,, 4.) Mais, chrétiens, du monous ne pensons point à cette présence lurist , et que nous nous reposons sur nousous sommes perdus ; car indépendamment hrist, que pouvons-nous attendre de noust voila par où les croix nous paraissent »; nous ne les regardons que par rapport liblesse, et alors il n'est pas surprenant »us causent tant d'alarmes , et qu'elles nous os le découragement et le désespoir. Si les avaient ainsi envisagées , ils en auraient is comme nous : mais parce que dans tousoufîranoes ils avaient toujours en vue ist, et qu'ils se tenaient inséparablement , parce qu'ils se souvenaient de la proii nous a faite d'être avec nous jusqu'à la x>nsommation des siècles , Ecce ego vomi usque ad consummcUionem sxculi.

,28); voila pourquoi ils s*estimaient bénies plus grandes tribulations. Les apôtres saient de tous les opprobres et de toutes inies où ils se voyaient exposés dans les ns les places publiques : Ibant gaudentes. ) Les martyrs se montraient devant les ;leur répondaient avec une constance dont ;déconcertés. On les mettait entre les mains *eaux pour les tourmenter, pour les brûles crucifier ; et dans les plus violentes dou«

se félicitaient eux-mêmes , et goûtaient mres délices. C'étaient là, dites- vous, des : oui , mes frères ;.mais le même Dieu qui it dans eux , ces miracles , ne peut-il pas, )rtion et selon les divers états de souffrance lous trouvons, les opérer encore dans nous? t-il pas? n'est-ce pas le même Jésus-Christ

offre sa grâce, à cette seule condition, prendrons sa croix chrétiennement , et que 18 joindrons à lui pour la porter? Est-ce

trop nous demander que de nous dire : Venez à moi , et je vous soulagerai , et je répandrai sur vous toute Fonction céleste : f^eniie ad me, et ego refidam vog. (Matth., 11.) Profitons , mes chers auditeurs , d*un secours si présent et si efficace. Bénissons mille fois ce Dieu i^uveur, d'avoir voulu de la sorte nous adoucir lui-même et par son exemple, et par l'impression de sa grâce , toutes les peines decette vie. C'était bien assez de nous les rendre méritoires et salutaires : mais il ne s'est pas contenté de cela; il veut que dès ce monde même notre tristesse, ainsi qu'il le disait à ses disciples , se tourne pour nous en joie : TristUia vestra vertetur ingaudium. (Joàn., 16.) Il veut que nous éprouvions la vérité de sa parole, quand il nous a proposé comme une béatitude les pleurs , les disgrâces temporelles , les revers de fortune, les perséeutionif : Beati qui logent. (Id., 5.) Confions-nous eo sa providence, lors même qa elle nous semble moins favorable. Après nous avoir lait trouver dès maintenant notre félicité dans la croix , il veut enfin par la croix nous conduire au repos éternel , que je vous souhaite, etc.

EXHORTATION

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