‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 117 sur 408 · ET LA MORT DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

ET LA MORT DE JÉSUS-CHRIST

Poitquam venerunt in locum qui vaeaiur Calvarim, m cruciftxeruHt eum.

Quand Us forent arrivés an Itea appdé Calvalie, on y onicUia Jésus. Sàimt Lcc, cbap. 23.

Quel souvenir, chrétiens auditeurs , nous rappellent ces paroles de mon texte ! et si les historiens sacrés n'avaient pris soin de perpétuer dans lemonde la mémoire d'un tel événement ; si la religion que nous professons ne nous l'enseignait d'une manière à ne permettre pas le moindre doute, qui jamais eût pu se persuader que le Messie , le Saint des saints dût mourir sur le Calvaire, c'est-à-dire, dans un lieu destiné au supplice des criminels, et qu'un Homme-Dieu dût terminer sa vie mortelle par le tourment et l'opprobre de la croix? Voilà toutefois ce que l'Évangile nous représente, et sans m'arrêter à de terribles lamentations, si j'ose d'abord pénétrer dans ce profond mystère , il me semble que c'est là que se fait cette merveilleuse alliance dont avait parlé le prophète royal, quand il disait que la justice et la miséricorde s'étaient réunies , et que par un heureux accord elles se trouvaient Tune et l'autre pleinement satisfaites ; JusUtia et pax osculatœsunt. {Psabn. 84.) Du moment que l'homme, en violant le commandement de Dieu , s'était rendu

SUR LE CRUCIFIEMENT ET LA MORT DE JÉSUS-CHRIST

pécheur, il y avait entre cette justice et cette miséricorde divine une espèce de combat. L'une était armée contre nous, et se disposait, par notre perte éternelle, à venger les intérêts du Seigneur, et à réparer sa gloire ; maisFautre, sans oublier ni la gloire, ni les intérêts du Dieu tout-puissant, sensible néanmoins à notre malheur, retenait le glaive suspendu sur nos têtes , et arrêtait le coup dont nous étions menacés. Le moyen de les concilier? ô secret inconnu à toute la prudence humaine! 6 abîme de la sagesse et des conseils du Très-Haut ! le voici , mes frères, ce grand moyen , ce moyen prévu de toute éternité et accompli dans la plénitude des siècles; c'est que Jésus-Christ , Fils de Dieu et Fils de rhomme, vrai Dieu et vrai homme lui-même, verse son sang, donne sa vie; qu'il meure, et que par sa mort il soit tout ensemble sàcriûé et à la justice du Dieu des vengeances, et à la miséricorde du Dieu de la paix. En deux mots, Jésus- Christ mourant sur la croix comme victime de la justice de Dieu; ce sera la première partie : comme victime de la miséricorde de Dieu; ce sera la seconde. Je ne puis mieux finir le cours de ces exhortations que j'avais h vous faire pendant ce saint temps. Puissiez-vous encore remporter de celle-ci tout le fruit que je m'en promets , avec le secours de la grâce , pour votre instruction et votre édification.

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