‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 157 sur 408 · DES ELUS · texte numérisé non relu

DES ELUS

c'est-à-dire qu'il faut les recevoir avec une véritable conversion de cœur, et voilà le point de la difificulté. Je n'entreprendrais pas d'approfondir ce terrible mystère, et j'en laisserais à Dieu le jugement. Hais, du reste, n'ignorant pas à quoi se réduisent la plupart de ces conversions de la mort, de ces conversions précipitées , de ces conversions commencées, exécutées, consommées dans l'espace de quelques moments où l'on ne connaît plus guère ce que l'on fait ; de ces conversions , qui seraient autant de miracles, si c'étaient de bonnes et de vraies conversions; et sachant combien il y entre souvent de politique, de sagesse mondaine, de cérémonie, de respect humain , de complaisance pour des amis ou des parents , de crainte servile et toute naturelle, de demi-christianisme, je m'en tiendrais au sentiment de saint Augustin» ou plutôt à celui de tous les Pères, etje dirais en général, qu'i/es^6imàcraliidre que la pénitence d'un mourant, qui n'est pé' nitentqu'à la martne meure avec bd, et que ce ne êoit une pénitence réprouvée. A ce nombre, presque infini de faux pénitents à la mort , j'iyouterais encore le nombre très-considérable de tant d'autres que la mort surprend, qu'elle enlève tout d'un coup, qui meurent sans sacrements, sans secours, sans connaissance, sans aucune vue ni aucun sentiment de Dieu. Et de tout cela, je viendrais, sans hésiter, après le Sauveur du monde, à cette affreuse conséquence : Beaucoup d'appelés et peu

£/'d/t».G^ÀTTH.,33.)

Cette importante matière, traitée de U sorte, ne doit produire aucun mauvais effet, et en peut produire de très-bons. Elle ne doit désespérer personne puisqu'il n'v a personne qui ne puisse être du petit nombre des élus. Je dis plus , et quand il y en aurait quelques-uns que ce sujet désespérât, qui sont-ils? ceux qui ne veulent pas bien leur salut, oeux qui ne sont pas déterminés, comme il le fout être, à tout entreprendre et à tout faire pour leur salut, ceux qui prétendent concilier ensemble et accoider une vie molle, sensuelle, commode, et le sakit, une vie sans œuvres, sans gêne, sans pénitence, et le salut, l'amour du monde, et le salut, les passions, les inclinations naturelles, et le salut; ceux qui cherchent à élargir, autant qu'ils peuvent, le chemin du salut , et qui ne sauraient souffrir qu'on le leur propose aussi étroit qu'il l'est, parce qu'ils ne sauraient se résoudre à tenir une route sr difficile. Ceux-là , j'en conviens , à l'exemple de ce jeune homme qui vint consulter le Fils de Dieu, s'en retourneront tout tristes et tout abattus : mais cette tristesse, cet abattement, ils ne pourront l'attribuer qu'à eux-mêmes, qu*à leur foiblesse volontaire» qu'à leur lâcheté; et , tout bien examiné, il vaudrait mieux, si je Tose dire, les désespérer ainsi pour quelque temps, que de les laisser dansieur aveu*

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