‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 158 sur 408 · PENSÉES DIVERSES SUR LE SALUT · texte numérisé non relu

PENSÉES DIVERSES SUR LE SALUT

giment et Itun fausses préventions sur raf&ire la

fins essentielle, qui est le salut.

Quoiqu'il en soit, tout auditeur sage et chrétien polltera de cette pensée du petit nombre des élus, et, saisi d'une juste frayeur, il apprendra : 1. à redoabler sa vigilance , et à se prémunir plus que jamab oontre tous les dangers où peut l'exposer le oommeree de la vie; 3. à ne pas demeurer un seul lonr dans l'eut du péché mortel , s'il lui arrive queljpdoÎB d'y tomber, mais à courir incessamment au remède et à se relever par un prompt retour; 3. à le séparer de la multitude, et par conséquent du OMmde, à s'en séparer, dis-je, sinon d'effet, car tous le le peuvent pas , au moins d'esprit, de cœur, de aanmes, de sentiments, de pratiques; 4. à suivre e petit nombre des chrétiens vraiment chrétiens, s'est-à-dire des chrétiens réglés dans toute leur oonluite, fldèles à tous leurs devoirs, assidus au serriee de Dieu , charitables envers le prochain, soljneax de se perfectionner et de s'avancer par un sontinuel exercice des vertus, dégagés de tout intérêt humain , de toute ambition, de tout attachement profane, de tout ressentiment, detoute fraude, ie toute injustice , de tout ce qui peut blesser la Bonseience et la corrompre ; 5. à prendre résolument et généreusement la voie étroite, puisque c'est Panique voie que Jésus-Christ est venu nous enseipier; à s'efforcer, selon la parole du même Saurenr, et à se roidir contre tous les obstacles, soit la dedans, soit du dehors, contre le penchant de la lauire , contre l'empire des sens , contre le torrent le la coutume, contre l'attrait des compagnies, con- Tt les impressions de Pexemple , contre les disïooTS et les jugements du public, n'ayant en vue que le se sauver, ne voulant que cela , ne cherchant que sela, n'étant en peine que de cela ; 6. enfin, à réclamer lans cesse la grâce du del, à recommander sans cesse son flmeàDieu,età]ui faire chaque jour l'excellente prière de Salomon : Dieude miséricorde. Seigneur, lùmnez-moi la vraie sagesse, qui est la science du nlut, et ne me reijetezjamais du nombre de vos enfants. (Sap,, 9), qui sont vos élus. Oui, mon Dieu Boavenez-vous de mon Âme, souvenez-vous du sang qa'dle a coûté. Elle vous doit être précieuse par là. Sauvez-la, Seigneur, ne la perdez pas, ou ne permettez pas que je la perde moi-même : car si jamais elle était perdue, c'est de moi-même que viendrait sa perte. Je la mets, mon Dieu, sous votre protection toute-puissante, mais en même temps, je veax, à quelque prix que ce soit, la conserver : je redoublerai pour cela tous mes efforts , je n'y épargnerai rien. Telle est ma résolution , Seigneur, et puisque c'est vous qui me l'inspirez, c^est par TOUS que je l'accomplirai.

Heureux le prédicateur qui renvoie ses auditeurs en de si saintes dispositions! Son travail est bien

employé , et tout sujet qui fait naître de pareils

timents ne peut être que très-solide et très-utile.

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