‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 166 sur 408 · LA FOI VICTORIEUSE DD MONDE · texte numérisé non relu

LA FOI VICTORIEUSE DD MONDE

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piqiM à an reefacreher les motiû, Ji en suivre les «ootéqueiioes, à en obsenrer les saiutAires effets , plus il y déoonvre de solidité et de irérité. Il est sorpris de FaTeuglement où il était; da moins il eofluneoee à se défier de ses anciens préjugés; et la liuMère dont il aperçoit les premiers rayons , perçant pea à peu au traters des nuages qui Tobsourdsaaient, et se répandant avec plus de elarté, crt homme enfin, par un changement qa*on ne peut attribuer qn*à la vertu de la foi et de la gréce fM l'aecompagne, se déclare, comme saint Paul, un des plus zélés défenseurs des vérités mêmes qu'il attaquait auparavant, et qu'il combattait avee plus d*obstination. Triomphe qui honore la religion, et dont elle profite pour àare d'autres eonqttétes et pour convaincre les plus incrédules et les flouosettre. Ainsi l'exemple de Saul élevé dans le judaïsme et l'un des pins ardents persécuteurs de rÉglise, mais devenu, par une conversion éeiatante, apôtre de Jésns-Qirist, et le docteur des gentils, était un argument sensible contre les Juifs, et leor Êdsait admirer malgré eux Inefficace et le poQToir de la foi chrétienne.

n. Comme le monde par ses erreurs aveugle l'esprit, c'est par ses douceurs qu*il gagne et qu'il pervertit le cœur. Dans l'un il agit par voie de sééœlîon, et dans l'autre par voie d'attrait et de «omiption. Ce que nous appelons douceurs du monde, c'est ce que saint Jean appellè^concupiscence des yeux , concupiscence de la chair, et or^ gudl de la vie ; e'esl-à-dire , que sous œ terme nous comprenons tout ce qu'il y a dans le monde qui pent éblouir les yeux, charmer les sens, piquer la eurioeité, nourrir l'amour-propre, rendre la vie aisée, commode, agréable, molle et délicieuse. Voilà par où le monde, dans tous les temps, s'est acquis un empire si absolu sur les coeurs des hommes; voilà par oà A nous attire, ou plutôt par où il nous endianle et nous «utralne. Ce n'est pas que souvent on ne connaisse la bagatelle et le néant de tout cela : on en est détrompé selon les vues de Tes* prit; voÊÔM par une espèce d'ensorcellement, tout détrompé qu'on estdecesCsNisses douceurs du monde, on y trouve toi^ours uncertain goût dont on a toutes les peines imaginables à se déprendre. En vain la raison veut-elle venir au secours : nous avons beau raisonner et faire les plus belles réflexions, toHtes nos réflexions et tous nos raisonnements s'erapéclimt pas que ce goût ne se fasse sentir, et qu'il ne nous emporte par une espèce de violence.

Il n'y a que la religion à qui il soit réservé de le bannir de notre cœur, ou de l'y étouffer. Comment cela? 1. Par l'esprit de pénitence qu'elle nous inspire. Car elle nous fait souvenir sans cesse que nous nommes pécheurs , et cette vue fréquente de nos péchés , et des justes châtimenU qui leur sont dus ,

nous remplit d'une sainte haine de nous-mêmes, et nous donne ainsi du dégoût pour tout ce qui flatte notre sensualité, comme étant peu convenable à des pénitents. 2. Par l'estime des biens éternels, où elle nous fait porter toutes nos prétentions et tous nos désirs. Le cœur occupé de la haute idée que nous concevons de cette béatitude qui nous est promise se dégage peu à peu de tous les objets mortels , et devient comme Insensible à tout ce que le monde peut lui offrir de plus attrayant. Qtse toui ce que Je vois svr la terre me parait méprisable et insipide y s'écriait un grand saint, quand Je lève les feux au ciel! ( S. Ignace. ) Bien d'autres avant lui l'avaient pensé de même, et bien d'autres l'ont pensé après lui. 8. Par les consolations divines que l'esprit de religion répand dans les âmes vraiment chrétiennes. Consolations cachées aux mondains, parce que l'homme sensuel, dit le grand apôtre, ne peut comprendre ce qui est de Dieu. Consolations spirituelles d'autant plus relevées au-dessus de tous les plaisirs des sens, que l'esprit est plus noble que le corps. Consolations si douces et si abondantes que le cœur en est quelquefois comme inondé et enivré. A peine les saints les pouvaientils soutenir, tant ils en étaient comblés et transportés. Saint François-Xavier s'écriait en s'adressent à Dieo : Cest assez y Seigneur y c'est assez l Sainte Thérèse tenait le même langage, et demandait que Dieu interrompît pour quelque temps le cours de ces douceurs célestes dont elle était toute pénétrée. D*aotres en tombaient dans des extases et des défaillances où ils demeuraient les heures entières, et qui les ravissaient hors d'eux-iAêmes. Le monde en jugera tout ce qu'il lui plaira. Ce qui est de certain, c'est qu'avec tous ses agrémeoU et tow ses charmes , il n'a rien de comparable à ces saintes délices et à ces joies secrètes que la religion nous foit goûter. Une âme qui les a une fols ressenties ne sent plus rien de tout le reste.

C'est la merveille qu'on a vue dans tous tes temps, et dont nous sommes encore témoins. On a vu une multitude innombrable de personnes de tout sexe, de tout âge, de tout état, renoncer aux plaisirs du monde les plus engageants et les plus touchants. C'étaient de jeunes vierges à qui le monde présentait dans un long cours d*années la fortune la plus riante. Cétaient des riches du siècle , des hommes opulents, des grands qui, dans leur grandeur et leur opulence , jouissaient ou pouvaient jouir de toutm les aises de la vie. Mais par quel prodige ont-ils méprisé tout cela, ont-ils quitté tout cela, se sontils volontairement dépouillés de tout cela? A ces richesses dont le monde est si avide , et où II fait prmque consister tout son bonheur, parce qu'il y trouve de quoi satis&ire toutes ses convoitises , ils ont préféré une pauvreté qui leur accordait à peine le né-

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