DEFAUTS A ÉVITER DANS LA DÉVOTION
irqoer beaucoup de doctrine, beaucoup d'esprit, cependant j'en serai peu touché, parce que le eur n^y aura point de part. Deux ou trois mots li partiraient du cœur m'en feraient plus compreure et plus sentir que tous ses discours. Je concluli donc avec le saint roi David : Heureux ceux à wL vous enseignez vous-même vos voies ^ ô mon HeuHPs. t3.)Tout dépourvus qu'ils peuvent être 'ailleurs des talents et des dons de la nature, vous endez leurs langues disertes et éloquentes. {Sap.y 0.) A quoi j'ajouterai comme saint Augustin ; I/éas îles ignorants s'avancent, se sanctifient , emwrtentle ciel; et nous , avec toute notre étude et knU notre savoir, nous restons aux derniers rangs inroyaume de Dieu, et souvent même nous nous mettons en danger de tomber dans t'abime éternel. Mais n'y a-t-il pas eu des saints et de très-grands saints parmi les savants? Je sais qu'il y en a eu , et ^est saint Paul lui-mcme qui nous apprend que Dieu a établi dans son Église, non-seulement des apôtres et des prophètes, mais des docteurs qui Font éclairée , et qui , en IV^Iairant , sont parvenus àla plus haute sainteté. Donnons à leur vaste et profonde érudition toute la louange qui lui est due; mais du reste, gardons-nous de croire que ce filt là ce qui les entretenait dans une union si intime arec Dieu. Quand il s'agissait de traiter avec ce souverain noaitreet d'aller à lui, ils déposaient, pour ainsi dire, toute leur scienee, et, bien loin de l'appeler à leur secours, ils en éloignaient toute idée, et craignaient que , par un souvenir ni^nic involontaire, elle ne troublât les divines opérations de la grâce. Tout ce qu'ils savaient alors , c'était d'adorer avec tremblement, de s'abaisser sous la main toute-puissante du Seigneur , de s'anéantir en préaence de cette redoutable majesté , de contempler , fadmirerfde s'affectionner, d'aimer. Ils n'avaient besoin pour cela ni d'un génie sublime, ni d'un travail assidu, ni de curieuses recherches, ni de pensées ingénieuses et subtiles; mais il ne leur fallait iu*une simple considération, qu'une foi vive , qu'un Bœur droit. Ainsi, tout savants qu'ils étaient , ils MDservaient devant Dieu et dans les choses de Dieu toute la simplicité évangélique. Quoique savants , ils n'étaient point de ces prudents et de ces sages à qui le père céleste, suivant la parole du Fils de Dieu, a caché ses adorables mystères; mais ils étaient du nombre de ces petits à qui Jésus«Christ donnait un accès si facile auprès de sa personne, et qu'il a spécialement déclarés héritiers du royaume de Dieu. Voilà comment ils approchaient de Dieu, remplis du même sentiment que le prophète Jérémie, lorsqu'il s'écriait : De quoi suis- je capable, Seigneur, et que puis-je? Je ne suis qu'un enfant y et à/fdne sais-je prononcer une syllabe. ( J ebem. , 1 . ) Mais il me semble que Dieu leur répondait intérieu-
rement à chacun , comme à son prophète : IVon, tw dites point que vous ne savez rien, et que vous n'êtes qu'un enfant. Parce que vous ne vous regardez point autrement devant moi, c'est pour cela que je vous comblerai de mes dons célestes, que je vous attacherai à moi, et que je m'attadierai à vous; que je vous admettrai à mes entretiens les plus familiers, que je vous révélerai les secrets de ma sagesse, et que je vous mettrai dans la bouche de dignes expressions pour lesannoncer ; car c'est aux petits, et aux plus petits, que ces faveurs sont réservées.
Soyons de ce nombre favori , et consolons-nous si nous sonnues privés de certains mérites personnels et de certaines qualités qui brillentaux yeux des hommes. La science sans la charité peut être plus nuisible qu'utile à un savant, parce qu'elle enfle; mais la charité sans la science peut seule nous suffire pour notre propre sanctification, parce que de son fond et par elle-même , elle édifie. Or cette charité si sainte et si sanctifiante, nous pouvons l'avoir sans être pourvus de grands talents naturels ni de grandes connaissances. Nous pouvons même , dans l'état de cette enfance spirituelle, l'avoir plus aisément et la conserver plus sûrement , puisque nous sommes moins exposés à la présomption de l'orgueil , et moins sujets à nous évanouir dans nos pensées : l'oyez mes frères, disait l'apôtre aux Corinthiens, guette est votre vocation : Un' y en a pas eu beaucoup parmi vous qui fussent sages selon la chair, ou puissants y ou nobles; mais ce guipasse pour insensé devant le monde , Dieu l'a choisi pour confondre les sages y et ce gui est faible et méprisable devant le monde. Dieu l'a clioisipour confondre ce gu'il y a de plus fort et de plus grand, afin , conclut le docteur des gentils, gue nul homme n'eût de guoi se glorifier ( ï.Cor, , 1 ), s'attribuant à soimême ce qui ne vient que de Dieu, et qui n'appartient qu'à Dieu. Un homme versé dans les sciences ou divines ou humaines a plus lieu de craindre qu'une secrète complaisance ne lui fasse dérober à Dieu la gloire de certaines lumières, de certaines vues, de certaines dispositions de l'âme dont la grâce est l'unique principe. Quoi qu'il en soit, suivons l'avis du Sage, cherchons Dieu dans la simplicité de notre cœur. (Sap., 12.) Apprenons à l'aimer, à lui obéir, à le servir, à nous sauver : voilà ce qu'il nous importe souverainement de savoir : voilà tout Vhomme , selon le terme de l'Écriture, et par conséquent voilà la grande science de l'homme, et où toute autre science doit se réduire.
DÉFAUTS A ÉVITER DANS LA DÉVOTIOxN , ET FAUSSES CONSÉQUENCES QUE LE LIBEBTINAGE EN PBÉTEND TIHEB.
Que la nature est adroite, et qu'elle sait bien ménager ses intérêts î lille les trouve partout , et