‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 191 sur 408 · PENSÉES DIVERSES SUR LA DÉVOTION · texte numérisé non relu

PENSÉES DIVERSES SUR LA DÉVOTION

) TÎlle, dans une cour, H ne tiendrait souà quelques personnes distinguées par leur !e et par leur dignité, de bannir des abus, tûmes, des modes, des scandales, mille » qui ruinent toute la piété, et qui déshoa religion. Si leur exemple ne suffisait pas, ploieraient le pouvoir qu'ils ont en main , ettant en œuvre à propos, selon les besoins SQOontres, ils sauraient bien réprimer la et maintenir Thonneur de Dieu et de son

Hit ceci, par une conséquence naturelle, nrait-il encore en faveur de la piété ? c'est prendrait Tascendant sur Tennemi le plus DUC qui Fattaque et qui s'oppose i ses proveux dire sur le respect humain. Car il n'y lus de honte à vivre selon les maximes de le et selon les règles de la loi , si les grands aient hautement pour la piété. Les mondains bertins auraient beau parler et railler, cet « sans de longs raisonnements, serait une courte et toujours présente à leurs railletous leurs discours. S'il y avait même alors chose à craindre, ce n'est pas que le resmonde perverti et corrompu nous arrêtât , st qu'une autre sorte de respect humain itraire, et que la seule envie de plaire à un e nous portât à une piété hypocrite, et ne affecter de faux dehors. Tant il est certain t cède à Texemple des grands, et tant ils ipables quand ils ne font pas servir l'empire it sur les esprits à confondre le libertinage, ttre la piété en état d'agir ouvertement et outrer avec assurance ; , par une dernière prérogative et un privii lui est propre, c'est la grandeur qui fourpiété plus d'occasions et de moyens d'endre de grandes choses, et de les exécuter gloire de Dieu , pour le bien du prochain et vancement de la religion. Car plus un homme é selon le monde, plus il peut s'employer nt selon Dieu et faire de bonnes œuvres, mple, que ne peut point faire un seigneur utes ses terres? Que ne peut point faire un justice dans tout son ressort , ou un comit dans toute une province.' Que ne peut ire un roi dans toute l'étendue de ses États? Dt saint Louis Gt-il de si beaux établisseporta-t-il des lois si salutaires , donna-t-il de s édits, forma-t-il des armées et les conduintre les ennemis de la foi? C'est que dans sa 16 la piété se trouvait soutenue de la granrfl eût été moins puissant, et qu'il se fût réduit à une condition médiocre , il n'eût I la pratique et dans les effets porter si loin ité, son zèle, son détachement, son équité immàLocE. — T. m.

inviolable, sa générosité toute chrétienne, sa patience, son humilité , bien d'autres vertus. Heureux d'avoir su dans sa grandeur et par sa grandeur même , s'élever à un si haut point de sainteté.

Voilà par proportion quel serait le bonheur de tous les grands, s'ils savaient user comme ils le doivent de leur grandeur. Mais leur malheur est de ne vouloir être grands que pour leur élévation temporelle, et de se persuader presque que la grandeur est un titre qui les affranchit des lois du christianisme. La louange que doni\e l'Écriture à un grand, c'est d*avoir pu faire le mal et de ne l'avoir pas fait ( EcclL, 31) : mais, par une règle à peu près semblable, ce qui condamne la plupart des grands, et ce qui leur sera reproché au jugement de Dieu , c'est d'avoir pu faire le bien et le plus grand bieo. et d'avoir omis de le faire.

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