‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 247 sur 408 · SAINTES RÉSOLUTIONS D'UNE AME REUGIEUSE · texte numérisé non relu

SAINTES RÉSOLUTIONS D'UNE AME REUGIEUSE

» et à ton service toute leur attention et tous leurs sotns. Que ne font-ils point pour lui plaire, et fueiie leur en coûte-t-il point pour acquérir sesbiens, pour obtenir ses récompenses , pour parvenir à ses bonneors, pour s'insinuer dans sa faveur, et pour 1*7 maintenir? On peut dire quil y a peu d^ordres relipeux, et qu'il n'y en a peut-être point, quelque austères qu'ils soient, qui exigent autant de vigilance et de réflexions, autant de veilles et de fatigues, autant d'exercices pénibles et laborieux, autant de sujétion et de dépendance, autant de sacrifices de ses aises, de son repos, de sa santé, de sa propre volonté, qu'il en faut dans la cour d'un prince, dans la profession des armes, dans un ministère, dans une charge, dans un négoce, partout où l'on cherche à éUblir sa fortune , et à réussir. Or, toutes ces peines, tous ces mouvements, tous ces assujettissements , sont-ce des obstacles capables d'arrêter un mondain dans la poursuite de ses prétentions et de ses projets? Autre conviction contre le religieux, et autre sujet de confusion en la présence de Dieu. Hé quoi ! lui dira Dieu , n'étais-je pas un mattre assez grand, et le monde devait-il être mieux servi que moi ? ÉtaJt-il plus puissant, plus riche que moi ? Étaitil plus libéral dans ses promesses, plus «magnifique ^an« ses dons? Avait-il , sur tant de mondains qui Kadoraient ou qui Tidolâtraient , des droits plus sacrés , plus inviolables que je n'en avais sur vous ? Lui appartenaient-ils autant que vous m'apparteniez? Car vous étiez mon héritage, vous étiez de ma maison, de mon peuple particulier. Le joug qu'il leur imposait était-il moins pesant que le mien ? et en le portant, ce joug du monde, n'avaient-ils nul chagrin , nulle contradiction , nul ennui , nul dégoût a dévorer ^Toutefois, comment le portaient- ils. Ils serf aientle mondecomme leur divinité ; m'avez-vous servi conune votre Dieu?

De là quelle décision, quel arrêt? C'est ce que toute personne religieuse doit mûrement considérer : car qui sait s'il est digne de haine ou d'amour ? Mais da reste , il est certain qu'il y en a dans chaque communauté à qui cette matière convient davantage , et que , par un aveuglement bien déplorable , peut-être mime par une espèce d'endurcissement, ce sont justement ceux-là qui en paraissent moins touchés que les autres, et moins en peine. De quelque espérance qu'ils osent se flatter, parce qu'après tout on ne leur voit point faire de chutes grossières, et qu'ils suivent, disent-ils, le train ordinaire de la maison, nous lisons néanmoins dans l'Évangile une parabole qui les regarde, et qui devrait rabattre leur confiance. C'est celle des dix vierges. Il est constant que toutes étaient vierges, et il n'est point écrit que dans leur vie il y eût rien de scandaleux. Cependant de ces dix vierges, lorsqu'il fut question cf entrer dans la salle du festin , il y en e ut cinq que

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