SOS
l'Époux rejeta et à qui il répondit : Je ne vous con^ nais point (Matth., 35.) Affreuse réponse pour une âme religieuse que la mort aur acondoite au tribunal de Dieu Dans un désir ardent d'être admise à la béatitude céleste, elle s'écriera : Seigneur^ Seigneur, ouvretu-moi : mais quel coup de tonnerre , quel anathème! si Dieu vient à lui dire : Je ne vous connais point. Hé! Seigneur, je suis de ces vierges que vous avez appelées. Il est vrai : mais vous êtes de celles qui se sont endormies. Ce n'était d'abord qu'un léger assoupissement', mais bientôt vous êtes tombées dans un sommeil oisif et plein de paresse. Bienheureux le serviteur que le maître, en arrivant, trouvera sur ses gardes et dans le devoir : il lui donnera V administration de tous ses biens, (Id. 24.) Mais vous, qui n'avez rien fait de ce que j'attendais de vous, que pouvez-vous attendre de moi ? Je ne vous connais point.
Ce ne sont point là de vaines terreurs; et plaise au ciel qu'elles fassent sur nous une impression salutaire! Saint Paul craignait d'être réprouvé-, et ee que ce maître des gentils , ce vaisseau d'élection craignait pour lui-même, tout apêtre qu'il était, nous pouvons bien le craindre pour nous, tout religieux que nous sommes. D'avoir demeuré à Jérusalem et dans les saints lieux, écrivait saint Jérôme, ce n'est pas un mérite ni un sujet de louange ; mais le mérite , et ce qui est digne de louange, c'est d'avoir mené dans ces lieux saints une vie sainte. Disons de même de la profession religieuse ; et si nous voulons que le jugement de Dieu nous soit favorable , prévenons-le. Entrons nous-mêmes en jugement avec nous-mêmes; mais entrons-y sérieusement, sans ménagement, sans retardement. Rappelons dans Tamertume de notre âme toutes nos années, supputons toutes nos pertes , tâchons de les réparer, rachetons le temps , et, sans faire aucun fonds sur le passé, concluons comme David : Cesi maintenant. Seigneur, que je vais commencer. ( Psalm, 76. )
SAINTES BÉSOLUTIOIfS d'UNS AME BELIGIBUSX QUI RECONNAIT LA PERFECTION DE SON ETAT, ET SE CONFOND DE SES INFIDÉLITÉS.
Je vois. Seigneur, ce que je suis et ce que je devrais ne pas être ; comme aussi je ne vois que trop ce que je devrais être , et ce que je ne suis pas. Que d'inûdélités dans tout le cours de ma vie! que de tiédeurs et de lâchetés ! voilà , mon Dieu , ce que je ne devrais pas être; mais ce que je suis néanmoins , et de quoi je me confonds h vos pieds. Au contraire , quelles vues de sanctiflcation , quels desseins votre providence a-t-elle formés sur moi! A quelle perfection m'appelez-vous , et qu'exige de moi l'état religieux , ee saint état où votre grâce m' n