‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 261 sur 408 · SERMON SUR LA GRACE · texte numérisé non relu

SERMON SUR LA GRACE

De pUnitudine ejus noi accepimtu Gratia et veritas

perJetum ChrUtum facta esL

Nous avons tous reçu de sa plénitude.... La grAoe et la vérité est venue par Jésus-Ctirist Joàif. I , chap. 16.

Le saint précurseur l'avait déjà dit, que le Verbe de Dieu, que l'Humnie-Dieu était plein de grâce; et c'est de cette plénitude qu'il nous apprend maintenant que nous avons tous reçu. Car c'est par JésuS'Chrisi que la grâce est venue, par Jésus-Christ çu'e/Ie s'est répandue sur tous les hommes, et pat

Jésus-Christ qu'il s'en fait encore tous les jours, pour la sanctification des âmes, de si salutaires effusions. Don de la grâce, que le prophète Isa'ie nous a représenté comme des eaux bienfaisantes qui coulent des sources du Sauveur, et que nous y devons puiser avec joie, don infiniment précieux, et par sa nécessité et par sa force. Appliquez-vous à l'un et à l'autre. Je dis la nécessité de la grâce par rapport au salut , et la force de la grâce. Sans la grâce nous ne pouvons rien : en voilà l'absolue nécessité; avec la grâce nous pouvons tout : en voilà le pouvoir et la forc«. De ces deux principes, qui feront le sujet des deux parties, nous tirerons, sur l'importante matière que je traite, et sur l'usage de la grâce, les conséquences les plus solides et les plus morales; elles regarderont surtout deux sortes de persoilnes. Les uns sont des présomptueux qui se confient en eux-même^; et dans la nécessité de la grâce il y aura de quoi abaisser leur orgueil et le réprimer : ^es autres sont des pusillanimes qui s'étonnent des moindres obstacles ; et dans la force de la grâce, il y aura de quoi relever leur courage et le ranimer.

Pbemieb point. Sans la grâce nous ne pouvons rien. N'entrons point là-dessus dans une sèche et longue dispute , mais tenons-nous-en à la foi : elle nous suffit. Il ne nous faut point d'autre preuve que la parole expresse de Jésus-Christ, point d'autre que l'incontestable témoignage de son apôtre, point d'autre que les décisions des conciles contre les erreurs de Pelage, et que la créance commune de l'Église. Il est donc certain que de notre fonds, et à l'égard de ce salut qui nous est promis comme la récompense de nos œuvres, nous ne pouvons rien sans le secours de Dieu et de sa grâce; et pour nous en convaincre, nous n'avons ^u'à écouter Jésus-Christ, la vérité étemelle, quand il nous dit : ^ous ne pouvez rien faire sans moi. ( Joàn. ,15.) Prenez garde ^ remarque saint Augustin : soit peu, soit beaucoup, vous ne le pouvez faire , à moins que vous ne soyez aidés de celui sans qui Von ne peut rien faire. Nous n'avons qu'à consulter saint Paul , Tapôtre et le docteur de la grâce, quand il nous enseigne que nous ne sommes pas capables, (le nous-mêmes comme de nous-mêmes, de former une bonne pensée; et que si nous en sommes capables y c'est par l'assistance divine, (2. Cor,, 8.) Nous n'avons qu'à parcourir les définitions des conciles et des Pères de l'Église, lorsqu'ils ont décidé tant de questions sur la grâce du Rédempteur, et qu'ils en ont déclaré leurs sentiments. Nous n'avons même qu'à suivre les lumières de la raison , qui nous dicte assez que des actions surnaturelles et dignes du royaume de Dieu ne peuvent partir d'une uature aussi faible que la nôtre > si Dieu ne

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