SUR LA DAMNATION ÉTERNELLE
pler la maison de Dieu et toutes ses richesses? Car dès cette vallée de larmes, où nous n*en avons encore qu*une image imparfaite et ne la voyons que de loin , la méditation , aidée de la grâce , nous la rend en quelque sorte présente , et nous en fait déjà sentir par avance les beautéf inestimables. Mais n^entreprenons point ici d*expliquer ce que c^est que ce sentiment, que ce goût : il en faut faire épreuve pour le connaître. David réprouvait et le connaissait , et c'est au souvenir de la céleste Jérusalem que son âme s*enflammait, qu*elle s'abtmait pour ainsi dire, et se perdait heureusement en Dieu : Seigneur, Dieu des vertus, quefaiine à me retracer la magnificence, Viciât, la splendettr de vos tabernacles ! (Psalm. 88.) Plus j'y pense, plus la vue que j'en ai me touche; et le trait qui nie pénètre est si vif, que j'en tombe même en défaillance. Tant de saints l'ont éprouvé et l'ont connu. Bien d'autres l'éprouvent chaque jour et le connaissent : car, dans tous les états , malgré la corruption du siècle , il y a toujours, par la Providence divine, un petit nombre d'âmes ainsi dragées de la terre, et dont tout le commerce est au ciel. Envions leur sort , et déplorons le nôtre. Reconnaissons notre aveuglement , et travaillonsà le guérir. Nous voulons dès ce monde une vie tranquille, et nous négligeons d'apprendre où se trouvent cette tranquillité et ce calme. Ouvrons les yeux de la foi. Élevons-nous par l'espérance chrétienne au-dessus de tous les objets mortels et périssables; et pour notre bonheur, même présent, ne nous occupons que du bonheur à venir.