SUR LES ŒUVRES SATISEACTOIRES
rs du christianisme, aux devoirs de son mt ce qui est du bon ordre et d*une vie a-dessus nulle exactitude , nulle attention.
> POINT. Pratique de nos devoirs, pratîtte, qu'une sainte ardeur anime et que rien t. C'était une excellente règle que donnait lint Paul aux Romains, quand, pour leur i de quelle manière ils doivent se compora loi nouvelle qu'ils avaient embrassée , mi : Comme vous avez fait servir vos 'impureté et au crime pour tomber dans faites-les servir maintenant à ta vertu et pour vous rendre saints. (Jlom., 6.) Règle pénitent doit s'appliquer à lui-même, et urnit un des plus puissants motifs pour }n zèle dans la nouvelle route où il est dans tous les exercices d'une vie chrée n'est point assez pour lui de se remettra ique de ses devoirs : il faut de plus que le ont cette pratique est accompagnée la resanctiGe. Car, doit-il dire, la même ardeur !ue dans mes égarements , et avec laquelle is porté à tout ce qui pouvait contenter ions au préjudice de mon devoir, ne serait m indigne qu'elle vtnt à se refroidir dans )ur et à m'abandonner lorsqu'il s'agit de i à mes obligations les plus essentielles ? ir tellement nécessaire , que sans cela notre 3 ni ses fruits ne peuvent longtemps se r. Et en effet , sans ce feu , sans cette fer. la force qu'elle inspire, le moyen qu'un surmonte toutes les difficultés qu'il doit jablement rencontrer dans un genre de vie 1 n'est point fait, et qui le gène, qui le reli le tient toujours dans un état pénible et De là donc tant de pénitents, semblables :hes combattants d'Éphrem , qui prirent la jour du combat et cédèrent dès le premier sont rendus aux moindres assauts, et ont toutes leurs résolutions : pourquoi? parce »nds de tiédeur où ils sont denieurés, quoiitents, leur a affaibli le courage, et qu'ils que de fermeté pour résister. Et voilà aussi ère et la plus commune ressource qui reste •mi de notre salut, ou plutôt à la nature )ue, pour reprendre l'empire sur nous et us enlever tous les fruits de notre pénitence, îureux moments la grâce nous touche , nètre, nous possède, l'enfer, le monde, la la passion , sont en quelque sorte réduits à . On ferme loreille à toutes leurs suggesin repousse tous Uurs efforts , on franchit es barrières qu'ils nous opposent. II faut ^ent et qu'ils nous laissent WfftokJy louvements qui nous tt»
feu n'est pas toujours également vif. On pourrait l'entretenir : mais on n'y emploie pas les moyen» convenables. Il diminue, il passe, il s'éteint : et si peut-être on n'en vient pas d'abord jusqu'à retomber dans les mêmes dérèglements, du moins, au bout de quelques jours, on se relâche, on devient lent, firoid, tout languissant. Or, c'est alors que ces mortels ennemis sur qui l'on avait eu l'avantage, et qui semblaient abattus et vaincus , commencent à se relever. C'est là l'heure justement, c'est la dangereuse conjoncture qu'ils attendaient pour renouveler leurs attaques. L'esprit tentateur sollicite plus fortement que jamais ; le monde se présente avec ses charmes les plus engageants ; la nature, la passion se réveillent, et, dans la disposition où l'on est, dans cette langueur et cet attiédissement, il n'est que trop ordinaire de rendre bientôt les armes et de reprendre ses premières voies.
Si nous voulons être à Dieu , soyons-y comme nous y devons être, et d'une manière digne de Dieu. Honorons-le d'autant plus que nous Pavons plus déshonoré; édiGons d'autant plus le prochain, que nous l'avons scandalisé; tâchons de regagner tout ce que nous avons dissipe de temps, de grâces, de mérites, et enrichissons-nous d'autant plus que nous nous sommes plus appauvris. Or, tout cela ne se peut sans une ferveur toujours vive , toujours agissante. Telle a été la ferveur de Madeleine, et d'une multitude innombrable de pénitents dans tous les siècles : telle soit la nôtre.
JEUDI
Jean-Baptiste prècliant une pénitence austère et sans nt.
SERMON SUR LES ŒUVRES SATISFACTOffiES.
Ipie autem habebat veiiimenlum de piliê eamehrum, et zonam pelUceam circa lumbos êuoe, Beca auUm ejtteerat locusta et met tylveêtre.
Or son Yètemeat était de poil de chameao. Il aralt aotoHr des reins une ceinture de coir; et sa noorritnre, c'était des saalerelln et du miel sauvage. Matth. , 3.
Ce n'est point seulement de bouche ni par ses paroles, que Jean-Raptiste prêche la pénitence, mais par ses œuvres et par ses exemples. Ce vêtement grossier dont il est couvert, cette abstinence, ce jeûne perpétuel qu'il pratique , ce renoncement à toutes les aises et à toutes les douceurs de la vie, voilà ce qui dut être mille fois plus efficace sur les esprits de ses auditeurs , pour les porter à une pénitence austère, que tous les raisonnements 0t tout les discours. Quoi qu'il en soit, c'est à ^ ' - ' )e«e*68tà ces saintes rigueurs, à cette
mortiflcation des sen», à tout ce que nous appelons œuvres pénibles et satisfactoires, que nous engagent nous-mêmes deux grands intérêts : Tintérét de Dieu, et notre intérêt propre. L'intérêt de Dieu que nous avons à venger : premier point. Notre intérêt propre que nous avons à procurer : second point. Voici une matière dont la délicatesse du monde sera offensée; mais il faut que le péché soit puni , et on n'est pas pénitent pour mener une vie commode et molle.
PBBMisa POINT. L'intérêt de Dieu que nous avons à venger, soit par un esprit de justice, soit par un esprit de reconnaissance et d'amour : double raison qui regarde Dieu directement, et qui, €0 vue de ses droits que nous avons violés , doit nous animer d'un saint zèle contre nous-mêmes.
h Esprit de justice : car il est bien juste que Dieu , après l'offense qu'il a reçue de l'homme par le péché, reçoive aussi de l'homme, par une peine proportionnée, la satisfaction qui lui est due. Ainsi, nous devons là-dessus nous regarder comme juges établis par la justice divine entre Dieu même et nous. Dieu nous dit à chacun ce qu'il disait par son prophète aux infidèles habitants de Jérusalem : Soyez juges entre moi et ma vigne {Iski,^ 5); c'est-à-dire, entre moi et vous, pécheur que j'ai formé, que j'ai cultivé avec le même soin que le vigneron cultive une vigne dont il veut recueillir de bons fruits. Où sont- ils ces fruits que j'attendais? Sont-ce tant d'iniquités où la passion vous a porté? Sont-ce tant d'outrages que vous m'avez faits et à ma grâce ? Voilà donc sur quoi nous devons prendre en main la cause de Dieu et nous juger nous-mêmes, sans égard, ni aux prétextes de l'amour-propre , ni aux répugnances de la nature, ni aux révoltes des passions; car il n'y a que l'équité qui doive ici nous animer et nous conduire. Selon cette droite équité, nous mesurerons la vengeance par la grièveté de l'offense; et plus nous nous reconnaîtrons criminels , plus nous redoublerons le châtiment et la peine. Or, pour comprendre combien nous sommes coupables, comprenons, autant qu'il est possible à la faiblesse de nos connaissances , ce que c'est que Dieu , et ce que c'est que l'homme rebelle h Dieu : ce que c'est , dis-je , que Dieu, et combien les droits de ce souverain maître sont inviolables et sacrés; ce que c'est que l'homme devant Dieu, et quelle est sa dépendance, quels sont ses devoirs. De là nous conclurons de quoi nous sommes redevables à Dieu en qualité de pécheurs : et que faudra-t-il davantage pour nous déterminer à tout ce qu'il y a, dans une vie pénitente, de plus rude et de plus sévère ?
H. Esprit de reconnaissance et d'amour. Plus ^n n^y^nr pense à la grâce que Dieu lui a faite en