‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 291 sur 408 · SERMON SUR LA DOUCEUR CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

SERMON SUR LA DOUCEUR CHRÉTIENNE

Neminetn conçu tia lis.

Ne faites point de violences. Luc, 3.

Rien de plus pernicieux dans la société humaine et dans le commerce de la vie, que la colère. Elle cause des violences qui troublent tout, et mille épreuves ont fait connaître quelles en sont les suites funestes , et h quelles extrémités elle est capable de nous emporter. C'est pourquoi le Sauveur des hommes nous a tant recommandé la douceur, et nous l'a proposée comme une béatitude en ce monde, parce qu'elle arrête tous ces excès , et qu'elle établit partout lebon ordre et la tranquillité. Douceur chrétienne, dont peu de personnes comprennent bien tous les avantages , et à laquelle on ne donne pas communément , parmi les vertus , le rang qui lui est dû. Or, nous en allons considérer tout ensemble , et le mérite et le fruit. Le mérite, qui en fait l'excellence : premier point. Le fruit , qui dès cette vie même en est la récompense : second point. De l'un et de l'autre , nous apprendrons a nous conduire en toutes choses selon l'esprit de cette paix que le Fils de Dieu vient apporter sur la terre, et qui est un des plus beaux caractères de son Évangile.

Premier point. Le mérite delà douceur chrétienne. Il consiste en ce que cette vertu demande une victoire de nous-mêmes la plus héroïque , et une victoire de nous-mêmes la plus constante.

L Victoire de nous-mêmes la plus héroïque. Car il n'est pas ici question d'une douceur de naturel qui ne s'émeut de rien, et qui, sans effort, s'accommode à tout ce qui se présente et à tout ce qu'on souhaite. C'est un don de Dieu , mais ce n'est point précisément une vertu. Il s'agit d'une douceurchré- ' «4t les devoirs sont : de réprimer dans le

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