‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 295 sur 408 · SUR L'AUMONE · texte numérisé non relu

SUR L'AUMONE

nit pur W voies eommunes; mais oo s'informe, i on tâche de slnstniire, mais on recueille de \ parts des mémoires, et Ton en grossit des vo- . Tout cela, à quelle fin, et quelle en est Futilité? quel eu est le fruit? point d*autre que de décrier des particuliers, que de flétrir des familles, que d'humilier des maisons , que de scandaliser le public et de le susciter contre des compagnies entières.

4. Grièveté de la médisance par Téclat avec lequel on la répand. Plus le déshonneur est public, plus l'injure est sanglante : et souvent n'est-ce pas là ce qu'on demande et à quoi Ton vise ? On soime , pour ainsi dire , de la trompette , afin de faire entendre la médisance plus au loin. On veut qu'elle retentisse dans toute une ville, dans toute une province, dans tout un royaume. De là ces bruits qui courent comme des torrents impétueux , et dont toutes les oreilles sont rebattues. De là ces écrits, ces libelles dont toute la terre est inondée.

5. Grièveté de la médisance par les scandales qui en naissent. Un médisant dans un assemblée , c'est un homme contagieux , c'est un tentateur qui expose tous les assistants à deux sortes de tentations. £n effet, un abîme attire un autre abîme, et une médisance une autre médisance. Si vous n'aviez point produit sur la scène celui-ci ou celle-là, il n'en eût point été question : on n'y pensait pas. Mais vous avez commencé , et on vous a suivi. Ce que vous avez dit pouvait être moins essentiel , mais on a bien enchéri sur vous. Vous ne l'avez pas prévu, mais il le fallait'prévoir. De plus , si quelques-uns plus réservés et plus circonspects se sont abstenus de la médisance , ne lont-ils pas écoutée , et , en Técoûtant, ne Tont-ils pas favorisée.' n'y ont-ils pas pris goût? Or, en cela ils sont coupables, et vous Stes l'auteur de leur péché. Scandale sur quoi l'on D'entre point en scrupule , dont on ne se fait point ie peine, dont on ne s'accuse point, mais dont on ne sera pas sans reproche au tribunal de Dieu. Arré- UNis-nous là : laissons bien d'autres circonstances pie nous pourrions marquer, et que nous sornini's >bligés d'omettre : c'est une matière inépuisable pje toutes les injustices de la médisance et tous li*s lésordres qu'elle cause. Prions Dieu qu'il dirj;{if nore langue, et qu'il la conduise : car h; Sa^e nousap- »rend que c'esiau Seigneur de la (jouverner. {Prov,, 6.) Apportons-y nous-mêmes touti? Tatti'ntion vi oute la circons[iection nécehsaire; ai n'oublions amais cette autre parole du S:jint'KHprit , qui* la mgue, selon que nous la n'^irlons ou qii<; ii</ii-k lui «rmettons de s'échapper, /Ay/"fc la moit ou la t Ir. ibid., 18.;

VBIIDRSDI.

Jean-Baptiste condamnant la dureté envers les pauvres.

SERMON

SUR L'AUMOiXE.

Qui habet duas tunlcus, (ht non habenti : et qui /iiibct esca» , sim itiier /aciat.

Que. coliii qui a doux Iml)il8, en donni» un h cHuI qui nVu a point; «l que celui qui a de quoi manger, en UMt d(* mùuie. Lie, 3.

Est-il rien de plus opposé aux sentiments humains que la dureté des riches envers les pauvres ; et comment un homme , pour peu qu'il écoute la nature, peut-il voir dans la souffrance et la misère un homme comme lui , sans en être ému de compassion et sans prendre soin de le soulager? Obligation indispensable dans tous les temps depuis la naissance du monde : mais obligation plus particulière encore et plus étroite dans la loi nouvelle , qui est une loi de charité. C'est le sujet important que nous allons traiter; et pour réunir dans un même dessein les plus puissants motifs qui nous engagent à la pratique de l'aumône , nous la considérerons tout ensemble , et comme un devoir d'obéissance, et comme un devoir de reconnaissance, et comme un devoir de pénitence. Il faut obéir à DitMi , il faut reconnaître les bienfaits de Dieu , il faut apaiser la colère de Dieu. Or, voilà ce que nous faisons par l'aumdne. Devoir d'obéissance par rapport au commandement de Dieu qui nous l'ordonne : premier point. Devoir de reconnaissance par rapport à la bonté de Dieu qui nous gratifie de ses dons : second point. Devoir de pénitence par rapport à la justice de Dieu qui nous menace de ncs ctiâtimcnts : troisième point. Puissions-nous mériter ainsi l'éloge que le prophète donnait au juste : // a rt'iHitula tes biem, Il m a fait part tiuxjtauvn's : hcs bonnes œuvres iubshlerorU tovjoun , et il en recevra la récovipente dam leg nlèclt'H d4'H Hi^clrH. (Pxiilm. 1 M .)

Pai'.mii:ii roiMT. Devoir d'obéissance : car l'auniône est un commandement de Dieu. (Commandement que Dieu a pu faire, conunandement que Dieu a dd faire, commandement que Dieu a fait. Hepre-

UdllH.

I. Comuiandement que Dieu a pu f.iire. Il esi iiiattre de nos biens , ou plutôt ce ne sont pas proprement nos biens, mais les biens de Dieu , qui nous les a donnés, et dont nous sommes seulement à son égard c^inmie les dépositaires et les économes. Ost par grâce que nous les avons reçus : or, le maître qui diiipeniie m'S grâces à qui il lui plaît, peut y apposer ausfci tifllf condition qu*il lui [ihil. D'où ;i

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