SUR LA FRÉQUENTE CONFESSION
tesion par rapport aux pécheurs : pourquoi? parce que la fréquente confession est un des plus puissants moyens pour déraciner dans nous les principes du péché, et pour prévenir les suites malheureuses du péché.
1. Poissant moyen pour déraciner dans nous les principes du péché. J*appelle principes du péché ces eooToitises avec lesquelles nous sommes nés , et qui sont , selon saint Jean , la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et Torgueil de la vie, c'est-à-dire, les passions qui nous dominent, les inclinations qui nous entraînent, le penchant de la nature corrompue qui nous emporte vers les biens sensibles et périssables, richesses, honneurs, plaisfrs. rappelle principes du péché, ces attachements criminels qui nous lient, ces habitudes vicieuses qui nous captivent, ces objets flatteurs qui nous attirent, ces respects humains qui nous tiennent asservis, ces occasions qui nous exposent à des périls si présents et à de si rudes attaques. Or, pour couper ces racines empoisonnées et pour en arrêter les progrès, rieo de plus efficace que le fréquent usage de la confession.
A prendre la chose absolument, je sais quelle est la vertu du sacrement de pénitence, et qu'une seule confession, dès qu'elle est faite avec toutes les dispositions et tous les sentiments convenables , peut suffire pour nous fortifier contre les rechutes, et pour nous affermir dans l'état de grâce où elle nous a râablis ; mais d'ailleurs je ne puis ignorer que cette confession , quelque sainte et quelque fervente qu'elle soit, n'éteint pas tout à coup dans le cœur le Usa de la passion , ne redresse pas tout à coup rhabitnde, n'efface pas tout à coup de Fesprit des objets dont le souvenir frappe et touche sensiblement, ne corrige pas tout à coup des idées vivement empreintes dans l'âme, ne dégage pas tout à coup de certaines occasions et de certaines tentations. 11 faut du temps pour tout cela; de sorte qu'après même avoir obtenu dans le sacrement le pardon des offenses dont nous nous sommes reconnus coupables, et que le ministre de Jésus-Christ nous a remises, nous avons néanmoins encore les mêmes eanemis à combattre, et au dedans de nous-mêmes, et hors de nous-mêmes. Ils sont affaiblis , je le veux, mais ils ne sont pas abattus. Les plaies que nous en «HoDS reçues sont fermées ; mais ils sont toujours m disposition de les rouvrir, et de lancer contre nous de nouveaux traits. Si nous cessons de les peursuivre, si nous mettons entre une confession «t l'antre trop de distance, dans ce long intervalle ils répareront bientôt leurs pertes passées, et reprendront sur nous le même ascendant. Hélas ! comlNen de funestes épreuves ont dû nous l'apprendre! Mais voulons-nous enfin nous affrancMr de leur tyrannie et nous mettre à couvert de Ip"
coups? voulons-nous dessécher ce mauvais levain que nous portons dans le cœur, et qui sans cesse grossit et se répand sur toutes les puissances de notre âme pour les corrompre? voulons-nous arracher ces principes de mort qui nous sont si intimes , et arrêter les impressions que font sur nous tant d'objets qui nous environnent ? en voici le moyen le plus infaillible : c'est d'user fréquemment des armes de la pénitence, c'est de se présenter ré-gulièrement et fréquemment à son tribunal. A force de médicaments on guérit les plus profondes blessures, et on en tire tout le venin, et à force d'employer les remèdes que fournit un confesseur, à force de s'accuser devant lui , de se confondre, de so reprocher ses faiblesses, de résoudre, de promettre, de s'assujettir à de justes satisfactions , il n'y a point de passion si violente dont , avec l'assistance divine , on n'amortisse peu à peu l'ardeur, point de nœuds si serrés qu'on ne délie, point d'habitude, point de tentation qu'on ne surmonte. Mettons-nous en état de le connaître par nous-mêmes : l'expérience nous en convaincra.
2. Puissant moyen pour prévenir les suites malheureuses du péché. Trois effets du péché, qui en sont les suites les plus ordinaires : l'aveuglement de l'esprit , l'endurcissement du cœur, l'impénitence à la mort , ou la mort dans le péché. L'aveuglement : un homme adonné à son péché, où il reste et où il vit pendant un long espace de temps , perd de jour en jour les idées de Dieu et de la religion , oublie les vérités du christianisme, et se laisse tellement préoccuper, ou, pour mieux dire, tellement infatuer des erreurs et des fausses maximes du monde, qu'il n'a plus d'autre règle qui le guide, ni dans tous ses jugements, ni dans toute sa conduite. L'endurcissement : le mal se conmiunique au cœur ; toutes les pointes de la conscience s'émoussent : on tombe à l'égard du salut dans une espèce de léthargie où l'on n'est ému de rien , et il n'y a ni avertissements, ni remontrances à quoi l'on prête l'oreille et qui fassent quelque sensation. Enfin l'impénitence à la mort, ou la mort dans le péché : car il arrive assez communément qu'on est surpris de la mort lorsqu'on s'y attendait le moins, et qu'en remettant sa confession d'une pâque à l'autre , on ne peut atteindre ce terme, et l'on disparait sans avoir eu le loisir de penser à soi et de se reconnaître.
Or il est évident que le remède à tout cela le plus certain , c'est la fréquente confession. Et , en effet , dans la fréquente confession , on se rappelle souvent le souvenir de Dieu et de la loi de Dieu , on se retrace ses devoirs , on s'occupe des vérités éter" nelles : remède contre l'aveuglement de l'esprit. Dans la fréquente confession, on s'excite souvent i la haine do péché, au repentir et à la douleur, à * U crainte de ses jugements , à de