SUR LA FRÉQUENTE CONFESSION
saints désirs et à de saintes résolutions : remède contre Tendurcissement du cœur. Dans la fréquente confession, on se réconcilie promptement avec Dieu, si Ton a eu le malheur de perdre sa grâce ; on bannit de son âme le péché presque aussitôt qu'il y est entré, on ne lui permet pas de s'y établir, et par là, çelon la parole de Jésus-Christ, on se tient toujours prêt et toujours en garde contre les surprises de la mort. Vigilance que le Fils de Dieu nous a tant recommandée dans rÉvangile , et qui, par une sage précaution , eût pu sauver des millions de réprouvés qu'une mort hnprévue et subite a précipités dans l'enfer. Ils comprennent, mais trop tard, ce que c'est que d'avoir trop différé à se relever du péché, et d'avoir longtemps vécu dans un état de damnation. Comprenons-le nous-mêmes, mais de bonne heure, mais dès à présent, mais quand cette connaissance nous peut être salutaire.
Second point. Importance de la fréquente confession par rapport aux justes. Que celui qui est saint, dit l'Écriture, se sanctifie toujours davantage; c'est-à-dire, que l'âme juste se purifie toujours de plus en plus devant Dieu, et qu'elle renouvelle toujours de plus en plus sa ferveur dans le service de Dieu. Or, il est aisé de voir combien la fréquente confession contribue à l'un et à l'autre.
1 . Rien de plus propre à purifier de plus en plus l'âme juste que la fréquente confession. Le juste, selon le témoignage du Saint-Esprit, tombe jusques à sept fois le jour. Il n'y a donc point d'âme , si innocente et si nette aux yeux de Dieu, qui n'ait toujours besom de se purifier; car la parole du Sage est générale , et il ne dit pas seulement quelques justes , mais il dit , absolument et sans restriction , le juste , quel qu'il soit. La raison est, que le juste est toujours homme, et que tout homme sur la terre est faible et sujet aux fragilités humaines. Cependant Il est d'un extrême intérêt , pour une âme qui veut être à Dieu , d'acquérir, autant qu'il lui est possible , la plus grande pureté de cœur, et de s'y maintenir : pourquoi ? parce qu'autrement elle ne peut jouir des faveurs du ciel, ni recevoir certaines grâces de Dieu , lequel ne se communique qu'aux âmes pures, et ne ise découvre à elles qu'à proportion de leur pureté : ce qui a fait dire au Sauveur fin monde : Heureux ceux dont le cœur est pur, car ib verront Dieu. (Matth., 5.) Or, on ne peut douter que ce ne soit par la fréquente confession que l'âme chrétienne se purifie des moindres taches. Plus elle rentre souvent en elle-même, plus elle s'examine, et plus elle devient clairvoyante à les apercevoir : et du moment qu'elle les aperçoit , elle ne peut avoir de repos qu'elle ne les ait effacées par les larmes de la pénitence. De cette sorte, elle les empêche de croître * elle se préserve des chutes plus grièves où
elle pourrait être entraînée par une multitude de fautes, quoique légères , qu'elle laisserait grossir et s'accumuler; elle se présente toujours à Dieu, suivant la figure du prophète royal , telle qa^une reine gui parait devant le prince, son fidèle époux, parée de divers ornements et avec un habit enrichi d*or, ( Psalm. 44. ) Dans cet état , elle aUire sur elle les yeux de Dieu, elle lui plaît; et parce qu'il n'y a point d'obstacle qui le puisse éloigner, il vient à elle , l'honore de sa présence et la comble de ses dons.
2. Rien de plus propre à renouveler sans cesse la ferveur de l'âme juste que la fréquente confession. II n'y a point de feu si ardent qui ne se ralentisse quand ou ne prend pas soin de l'entretenir, et il n'y a point de piété si fervente qui , pour ne pas déchoir et ne se pas refroidir, n'ait besoin d'être souvent ranimée et réveillée. Cet évéque de l'Apocalypse l'avait éprouvé, lorsque Dieu lui reprochait qu'il avait beaucoup perdu de sa première charité, et qu'il était tombé dans le relâchement et la tiédeur. Voilà où en sont réduites tant d'âmes qu'on a vues à certains temps toutes brûlantes de zèle pour l'honneur de Dieu et pour leur sanctification. Rien n'échappait à leur fidélité, rien ne les arrêtait, rien ne leur coûtait; il ne leur a manqué que la constance. Or, pour se remettre en de si heureuses dispositions , point de meilleure pratique à leur prescrire que de fréquenter le sacrement de pénitence.
Car plus elles en approcheront, plus elles participeront aux grâces renfermées dans ce sacrement : et ce qui allume la ferveur, ne sont-ce pas les saints mouvements de la grâce? Plus elles en approcheront, plus elles se rempliront l'esprit de pieuses considérations, la volonté de vives affections : et ne sont-ce pas là toujours de nouveaux aliments pour nourrir le feu et pour le perpétuer? Aussi est-il vrai qu'on ne se retire point communément du sacré tribunal , sans en emporter une certaine onction qui s'insinue dans le cœur et qui occupe, pour ainsi dire , toute la capacité de l'âme. On se sent tout recueilli en soi-même , tout pénétré d'une joie céleste et intérieure , quelquefois même tout attendri de dévotion : les yeux se baignent de larmes, le cœur éclate en soupirs ; dans l'ardeur où l'on est , on redouble le pas, on avance, on se rend plus régulier que jamais, et plus assidu à tous ses exercices. Effets merveilleux et plus ordinaires à ces fêtes solennelles où l'Église célèbre les grands mystères de la religion. En est-il un plus touchant que celui de la naissance d'un Dieu fait homme pour le salut des hommes et de tous les hommes ? Justes et pécheurs, je vous l'annonce. Il vient ce Rédempteur, il est près de nous; ouvrons-lui tous les chemins de notre cœur, afin qu'il daigne y entrer et y prendre une naissanei toute spirituelle; car c'est ainsi qu'il le prétend
SUR LA NATIVITÉ DE JÉSUS-CHRIST
Le? OUI tous Im obstacles qui pourraient s'opposer à son passage et le séparer de nous. Comblons toutes les vallées, redressons tous les sentiers tortus , tKpkadssons tout ce qu'il y a de raboteux. ( Luc. , 3.) Dégageons-nous de tous les liens £t de toute la cormption du péché. N*en souffrons pas la moindre souillure, et que ce soit là le fruit d'une digne confession. De cette manière , nous pourrons renaître nous-mêmes avec Jésus-Christ et en Jésus- Christ, pour vivre éternellement en lui et avec lui.
FÉT£ BB NOBL.