SUR LE CULTE D'ADORATION RENDU A JÉSUS-CHRIST DANS LE SAINT-SACREMENT
FeniUt adoremus, et procidamus : quia ipse eit Dominu8 Deiu noster.
Venez, adorons le Sdgnear, et prosteraons-noos devant lui , car c'est le Seigneur notre Dfeu. Ptaume^ 94.
C'est au nom de toute l'Église , de cette sainte épouse de Jésus-Christ , que nous sommes appelés devant les autels de son divin époux, pour lui offrir notre encens et pour l'adorer. Elle ne se contente pas que nous lui rendions un honneur commun , soit aux esprits bienheureux , soit aux saints, qui sont les élus de Dieu : elle veut que ce soit un culte particulier et d'adoration. Elle ne se contente pas que nous l'adorions dans le ciel où il est remonté, et qui est le séjourde sa gloire : elle veut encore qu'il soit adoré sur la terre , dans ses tabernacles où il réside et dans son sacrement. En vain l'hérésie lui at-elle refusé ce culte suprême, et par une audace insoutenable a-t-elle entrepris de l'abolir. L'Église, armée de ses foudres , s'est élevée , et en a pris la défense. Animée d'un zèle de religion, elle n'a rien omis pour la cause de ce chef invisible dont elle est le corps mystique, et elle s'est employée de tout son pouvoir à le maintenir dans la juste possession où il a toujours été de voir les Gdèles se prosterner en sa présence, et de recevoir dans son sanctuaire les hommages dus à la divinité. Allons donc, chrétiens auditeurs, et nous-mêmes acquittons-nous d'un
devoir si légitime. Afin de nous y exciter davantage, perçons le voile qui couvre un si grand mystère ; ne nous arrêtons point à des apparences capables de rabaisser l'idée que nous en devons avoir ; mais comprenons bien deux vérités qui feront le partage de ce discours : car je vais vous montrer comment l'eut de Jésus-Christ , dans le sacrement de l'autel , est celui où il mérite plus nos adora- \ tions : premier point; et comment ce même état de Jésus-Christ , dans le sacrement de l'autel , est encore celui qui donne à nos adorations plus de mérite : second point. Deux instructions qui demandent votre attention.
Pbemieb point. L'état de Jésus-Christ dans le sacrement de l'autel, est celui où il mérite plus nos adorations : comment? 1. en vertu de sa présence plus immédiate et plus prochaine; 3. en reconnaissance de l'humiliation volontaire où il est réduit, et où il se tient abaissé pour nous. Je m'explique.
1. Présence de Jésus-Christ plus immédiate et plus prochaine dans le sacrement de l'autel : premier motif qui nous engage spécialement à l'y adorer. A parler en général , il est partout également adorable, puisqu'il est partout également Dieu; mais plus il est proche de nous, et plus nous sommes proches de lui ; c'est alors que nous devons devant lui nous comporter avec plus de révérence, et redoubler nos adorations. Ainsi , pour user de cette comparaison, le prince, dans toute l'étendue de ses États, est également respectable à tous ses sujets; mais s'ils ont à paraître devant ses yeux, s'ils sont admis auprès de sa personne, quel tremblement tout à coup les saisit, et quels témoignages ne lui donnent-ils pas d'un nouveau respect et d'une profonde vénération! Ainsi, pour me servir d*un exemple plus convenable encore et plus propre , Moïse était sans cesse occupé de la pensée du Dieu de ses pères , et en tous lieux il l'adorait . mais quand le Seigneur lui apparut , quand une voix , sortie du buisson ardent, lui fit entendre ces paroles : Je suis le Dieu d'Abraham , le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob, en ce moment quelle fut sa surprise! Dans une sainte frayeur, tout éperdu et comme hors de lui-même, il se couvrit le visage, il se jeta contre terre, il y demeura dans le silence, n'osant pas lever la tête ni porter ses regards vers cette flamme où il connut que le Dieu d'Israël était présent. Or Jésus-Christ ne nous est pas moins présent , et nous est même plus présent sur nos autels , et dans son sacrement. Moïse eut défense d'approcher du buisson , au lieu que nous allons jusques au pied de Tautel où le Seigneur repose. Jésus- Christ est auprès de nous, et nous sommes auprès de Jésus-Christ; nous prenons place à sa table, nous recevons h certains jours et aux fêtes sa'ea*