JÉSUS-CHBIST ADORE DANS L'EUCHARISTIE
ndles sa bénédiction : d*où, par la conséquence la phM naturelle, il s'ensuit que c'est donc là qu'il attend avec plus de sujet nos hommages et notre culte.
Culte, dit saint Chrysostôme, que lui rendent des légions d'anges assemblés dans son sanctuaire, pour lui former une cour digne de lui ; culte que l'Église a toujours cru devoir lui rendre , et qu'elle lui a toujours rendu , comme toujours elle le lui rendra , quoi qu'en puissent dire nos hérétiques. Ils ont bien vu que ee culte d'adoration , s'ils en convenaient, devait être contre eux une preuve évidente de la présence réelle du corps de Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie. Voilà pourquoi ils ont tant contesté sur ce culte, et pourquoi ils refusent de le reconnaître. Également incrédules et sur le droit et sur le fait , ils n'ont voulu souscrire ni à l'un ni à l'autre : c*està-dire qu'ils n'ont point voulu croire, ni qu'on doive adorer le sacrement que nous adorons , ni que, dans toute l'antiquité, depuis 1 établissement de l'Église, on l'ait adoré. Mais que, sans se prévenir, ni s'obstiner contre des faits sensibles et palpables , ils suivent de siècle en siècle la plus ancienne et la plus constante tradition ; qu'ils écoutent les conciles , qu'ils interrogent les Pères , qu'ils consultent les liturgies, ils pourront aisément se détromper et se convaincre. Et n'est-ce pas en vue de ce culte divin que l'Église a institué de si augustes cérémonies, qu'elle récite tant de prières, qu'elle ordonne des prêtres, qu'elle leur confère l'onction, qu'elle consacre les temples, les autels, les vases, les vêtements, tout ce qui a rapport à la célébration des saints mystères ? Quoi donc, dit saint Chrysostôme, tout cela n'est-ce qu'un jeu , n'est-ce qu'un appareil de théâtre?
Mais revenons , et concluons qu'à l'égard du sacrement de Jésus-Christ , un double précepte nous oblige à l'adorer : l'un , selon le terme de Técole, preste négatif, et l'autre , suivant le même langage , précepte positif : l'un qui consiste à ne rien faire contre l'honneur et le cuite dd à ce sacrement , l'autre, qui exige de nous envers ce sacrement tous les devoirs d'une adoration , non-seulement extérieure et apparente, mais véritable et intérieure. Car, sans le cœur, tout le reste n'est de nul prix au jugement de Dieu. Le Seigneur doit être adoré en esprit et en vérité (Jo an. , 4) , et ce sont de tels adorateurs qu il cherche, parce que ce sont là ceux qui l'honorent. Est-ce ainsi que nous l'adorons ? Nous paraissons devant lui , mais pensons-nous à lui ? Lors même que nous sommes à ses pieds , et qu'au dehors nous lui donnons quelques marques de respect et de religion, où est notre esprit? où se portet-il et€Ù s'arréte-t-il? Cependant il nous voit, ce Dieu scrutateur des cœurs ; mais de quel œil voit-il les vaines idées qui nous amusent, et les frivoles imaginations qui nous dissipent?
3. Humiliation volontaire où Jésus-Christ se réduit pour nous dans le sacrement de l'autel : second motif qui doit nous exciter plus fortement et spécialement à l'y adorer. Saint Paul, parlant des anéantissements du Fils de Dieu dans l'incarnation, dit : Il s'est anéanti, prenant la forme d'esclave. {Philip,, 2.) De là qu'est-il arrivé? c'est, poursuit le saint apôtre, que Dieu l'a élevé, et Itd a donné un nom aurdessusdetout nom. (Ibid., 2.) Pourquoi cela? afin, conclut le même docteur des nations, qu'au nom de Jésus, tout ce qu'il y a dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, fléchisse le genou , et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus- Christ est dans la gloire de Dieu le Père. (Ibid.) Paroles remarquables, paroles qui conviennent admirablement au point que je traite. A considérer Jésus-Christ humilié dans le saint mystère, abaissé, comme anéanti, le libertin se révolte, et, selon la prudence de la chair qui l'aveugle , ce sacrement , tout grand qu'il est, lui semble méprisable. Mais, sagesse humaine ! que tes lumières sont trompeuses, et que tes raisonnements sont faux! Parce qu'il est descendu de sa gloire , ce Verbe de Dieu , et qu'il s'est d'abord anéanti en se faisant homme, c'est pour e^la que Dieu l'a exalté , pour cela qu'il a voulu que tout pliât sous son nom, et qu'on l'adorât dans toute l'étendue de l'univers. Et parce qu'il s'anéantit tout de nouveau dans le sacrement de son corps qu'il nous a laissé, et dont il lui a plu de nous gratifier, c'est pour cela même que l'âme fidèle, piquée d'une sainte émulation, sent tout son zèle s'allumer, et qu'elle tâche, autant qu'il lui est possible, de compenser par ses plus humbles adorations les abaissements de son Sauveur.
D'autant plus vivement touchée et plus animée de zèle, que ce sont des abaissements volontaires, et où de lui-même il se réduit pour nous. David disait : Devant le Seigneur qui m'a choisi, et qui m'a établi chef de son peuple, Je m'humilierai. Je me ferai petit , et plus petit que Je ne l'ai encore été ; Je me mépriserai moi-même , et ce sera là toute ma gloire. (2. Reg., 6. ) Le saint roi parlait de la sorte à la vue de l'arche, et telle, à plus forte raison, doit être la disposition d'une âme témoin des humiliations d'un Dieu pour elle. Vous vous abaissez jusques à moi. Seigneur, et pour moi ; et moi, que ne puis-je, devant vous et pour vous, m'abtmer jusques au centre de la terre ! que ne puis-je appeler toutes les nations en votre présence, et vous offrir avec mes hommages ceux du monde entier! Carde tout ce qui dépend de moi , que dois-je omettre pour relever et pour vous rendre une gloire dont vous n'obscurcissez l'éclat qu'afin de vous accommoder à ma faiblesse , et de me faciliter l'accès auprès de vous ?
C'est dans ce même sentiment que tant d'âmes pieuses et dévotes , par l'inspiration de l'esprit dt