JESUS-CHBIST OUTRAGÉ DANS L'EUCHARISTIE
; à mai , leur dit-il , comme à 4m malfaUeur, armés de bâtons et d'épées. (Matth., 26.) Ah! Seigoeur ! qui Teût alors imaginé, que dans le cours dessièdes il y aurait encore des hommes à qui vous poonriez faire le même reproche? Qui Feût pensé, que, dans l'arenir, il y aurait d'autres temps, de nuJhemeox temps , où vos tabernacles seraient brisés et enfoncés, où tos autels seraient renversés, oà votre corps adorable serait tiré des vases sacrés qui le renferment et jeté sur le fumier, foulé aux pieds, livré aux flammes; des temps où le sang de vos prêtres, en haine du sacrement dont ils étaient les ministres , coulerait devant vos yeux , où ils seraient poursuivis , tourmentés , immolés comme des vietimes ? Or on les a vus , Ces temps ; toute TËglise en a gémi , tout le peuple fidèle en a été dans le trouble et la confusion. Les partis se sont formés, les sdiismes ont rompu Tunité ; la robe du Sauveur, qu'épargnèrent les soldats mêmes en le crucifiant , c^te robea été déchirée ; le troupeau s'est dispersé : et quelle espérance y a-t-il de le rassembler sous le même pasteur et à la même table? Que dis-je? le bras du Seigneur n'est point raccourci : cette réunion, qui ne peut être l'œuvre que du Très-Haut, nous la voyons heureusement commencée. Les serviteurs du père de famille ramènent des troupes entières et en remplissent la salle du festin ; le nombre des conviés se multiplie à la table de Jésus-Christ; il croît de jour en jour, et le présent efface en quelque manière le souvenir du passé , ou du moins nous en console.
Qtt'éUit-il donc nécessaire, me direz- vous , de le rappeler, ce souvenir si odieux, et pourquoi le retracer par des images plus capables de scandaliser que d'édifier? Pourquoi? Il le fallait pour affermir la foi peut-être encore chancelante de tant de prosélytes nouvellement réconciliés à l'Église. Car la grande réflexion qu'ils ont à faire sur tout cela, c'est de se demander à eux-mêmes s'il est à croire que leurs pères, en se portant à des excès dont on ne peut enUndre le récit sans frémir, fussent conduits par l'esprit de vérité. L'Évangile de Jésus- Christ est un Évangile de paix. Il nous forme à l'obéissance , et non point aux révoltes ; il nous apprend à souffrir la mort, et non point à la donner. Les apêtres ne l'ont point prêché à la tête des armées; ils ne l'ont point annoncé le fer et le feu à la main; ito ne l'ont point établi en violant toutes les lois de l'équité , de la charité , de la société , et même de rhumanité. Le glaive dont ils ont usé était un glaive tout spirituel : c'était le glaive de la divine parole, et non point ce glaive matériel et exterminateur gui tue et qui ravage.
Tout ceci, mes très-chers frères, nouvel héri- Uge acquis à Jésus-Christ et à son Église; tout ceci, je le dis, non pour vous confondre, mais pour
vous instruire. En reconnaissant l'esprit de passion et de rébellion dont vos pères se laissèrent transporter, et ne reconnaissant point dans ces carac tères Tesprit de Dieu , vous conclurez sans peine qu'ils ne marchaient pas dans les voies du Seigneur, que l'esprit de ténèbres les aveuglait et les égarait, qu'il leur avait fasciné les yeux , et qu'une ignorance criminelle , puisqu'elle était volontaire , les empêchait de connaître le Dieu qu'ils outrageaient et la dignité du sacrement qu'ils rejetaient; vous rendrez au ciel mille actions de grâces, et mille fois vous le bénirez de vous avoûr découvert un mystère qui leur fut caché , et qui Test encore à tant d'autres , dont les plus puissants motifs n'ont pu vaincre jusques à présent l'obstination ; vous ne penserez désormais qu'à dédommager l'Église de Jésus-Christ de toutes les douleurs que vous lui avez fait ressentir, et Jésus-Christ lui-même de tous les honneurs que vous lui avez trop longtemps refusés. Enfin , comme le Fils de Dieu disait que des étrangers viendraient de l'Orient à l'Occident, et que, par préférence aux enfants du royaunoe , ils seraient assis dans le banquet céleste avec Abraham , Isaac et Jacob , vous vous efforcerez, entre les vrais adorateurs de la très-sainte Eucharistie et à la table où elle se distribue , d'être au nombre des plus zélés et des plus fervents.
Second point. Outrages , quoique moins violents , plus sensibles toutefois et en quelque manière plus piquants de la part des catholiques indignes enfants de l'Église. C'est une plainte bien commune, et que vous avez cent fois entendue, que celle de David, lorsque, ses propres amis l'ayant délaissé , et s'étant même tournés contre lui , il s'adressait à l'un d'eux et lui faisait ce reproche : Si c'était un ennemi giU m'eût attaqué et qui m'eût chargé de meUédiction, la chose me paraîtrait moins surprenante, et j'en serais moins touché; mais vous , uni avec moi d'esprit et de cœur, vous, le confident de mon Ame , et pour qui je n'avais rien de secret; vous, avec qui je vivais, }e m'entretenais, J^ mangeais (P^ô/m. 54), que vous m'ayez oublié et méconnu , que vous m'ayez insulté et déshonoré, voilà ce qui ne m'est pas supportable, voilà pour moi le trait le plus vif et ce qui doit me blesser plus sensiblement. Reproche que les interprètes appliquent à Jésus-Christ, par rapport à ce perfide disciple qui le trahit et le vendit aux Juifs après avoir fait avec lui la Cène.
Or ce reproche, mes chers auditeurs, ne vous regarde-tpil pas vous-mêmes, et ne peut-il pas bien vous convenir? Je parle à vous que PÉglise a formés , qu'elle a élevés, qu'elle a nourris du lait de la plus saine doctrine; à vous qui la reconnaissez pour mère, et qui / sauvés du naalkige où tant