DU PÉCHÉ DE SCANDALE
\ M rétaîl pas ? Combien de fois m*aveuglaot i« et jugeant des choses selon les désirs , ai-je pris pour injustice vénielle, ce qui peut-être était devant Dieu une iniquité griève eC mortelle? Le discernement en était difGcile; et fm pour œla qu'à Fégard même du péché véniel , je devais avoir une conscience timorée. Je n*étais pw atsea éelairé pour en faire un jugement exact; •t Toîlà pourquoi je devais m*ea défier et me pré-
Mais quand je serais assuré de mes lumières , puls-je ignorer que je suis faible, et la faiblesse néme? Or, le péché véniel et le mortel se touchant de si près, quelle présomption de me flatter qu'étant faible au point que je sais Tétre, je m*en tiendrai précisément au véniel ; que je ne passerai pas outre, et que je serai assez maître de mon cœur pour lui prescrire telles bornes qu'il me plaira , surtout en certains pédiés où Timpression de la nature est si forte et si puissante? Il me faudrait, pour me soutenir en de pareilles conjonctures, des grâces de Dieu toutes particulières ; mais ne m*a-t-on pas cent fois averti qu'une punition de Dieu très-commune est de nous refuser en conséquence d*un péché véniel, des grâces spéciales qu'il nous avait préparées, et avee lesquelles nous serions heureusement arrivés au terme du salut; au lieu que par la soustraction de ees grâees, nous en venons à des égarements et k des désordres pour lesquels fl nous réprouve. C'est ainsi que le péché véniel peut être, et est, pour bien des Ames , la source de leur damnation.
CoiiCLUsioif. Le remède, 6 mon Dieu, est de «^attacher, non-seulement à votre loi , mais à toute la perfection de votre loi. Plus je m*efforr4trai de i m^élever, moins je serai en danger de déehoir; et phis j'aspirerai à ce qu'il y a de plus saint dans Tobsenration de mes devoirs, moins je serai en disposition de les violer dans les points essentiels. Ce n*est pas. Seigneur, que malgré la résolution que je fais en votre présence et par votre grâce , j'ose me répondre de me maintenir devant vous dans une innocence entière. Tant que je vivrai sur la terre , il ne m^échappera que trop de fautes; et tant que je serai revêtu d*oo corps noortel , je ne ressentirai que trop les tristes effets de la condition bunaaine. Mais au moins , en me proposant d'aller toujours au delà de mes oûlgatîons, me mettrai-je plus en état de n^ fMB manquer dans des matières important»; et en
H m'en coâtera; il iiiiidra me retranclier bien des choses où le penchant me porterait, et m'Interdire bien des satisfactions qui semblent même assez in« nocentes. U faudra, en bien des rencontres, soumettre mon esprit, étouffer les sentiinenU de mon OBur, peser mes paroles, captiver mes yeux, mortifier mes sens : mais, Seigneur, puis^je acheter trop cher le double avantage» et de vous moins offenser, et de mieux garder mon âme? Le bonheur de vous plaire, la paix de ma conscience, l'un et l'autre me dédommagera de tout, 6 mon Dieu, et me tiendra lieu de tout.
TROISIÈME MÉDITATION