MAUVAIS EXEMPLE
Necûue eti ut ventant êcandala,
Cett nn mal ioériUble qui! arrive des fcandalct. MArm. chap. is.
PfiEMiEa POINT. Ce que nous appelons scandale n'est que le mauvais exemple; ou du moins, tout mauvais exemple est un véritable scandale. Or, il ne faut point se flatter dans l'état religieux : on y voit de mauvais exemples comme on en voit de bons ; et il n'y a point de communauté si régulière, où il ne se trouve des âmes imparfaites qui scandalisent les autres; comme il n'y en a guère de si déréglée, où Dieu ne conserve de saintes Âmes qui travaillent à maintenir Tordre , et qui empédient que le scandale, par une malheureuse prescription, ne prenne le dessus et ne prévale.
Aussi le Sauveur du monde nous a fait entendre qu*il était nécessaire qu'il arrivât des. scandales ; c*est-â-dire, qu*il n*était pas moralement possible que les honmies étant si différents les uns des au* . très, soit dans leurs sentiments, soit dans leurs mceurs, il n'y en eût en toute assemblée qui, par le relâchement et le désordre de leur conduite , de* vinssent pour ceux avec qui ils ont à converser et à agir, des sujets et des occasions de chute. Et eela même est encore plus vrai a l'égard des maisons religieuses , par«se qu'on y a beaucoup plus de rapports ensemble, et que tout ce qui %"f paMe frappe de plus près et beaucoup plus fréquemment la vue. S'il y a donc jusque dans lareligioodeséeueUsâeraifidrey on peut dire qu'un des plus dangeureux et des plus
traraiOant à me sanctifier, sevai^e plus hors de roe- I ordinaires, ce sont ecs scandales domestiques et ees
casion et du péril de me pervertir.
Donoez-moi, mon Dieu , donnes-moi cette eontendre et délicate qui s'effraye de l'ombre ' I do péché. Formez en fnoi, ou m'aidez â y < • cette amsdeiice étroite et sévère qui ne se :
fcroMt rien ni ne se pardonne rien, Cest cette in-
BeûMerigwor pour moi-mém^ qui fera ma sôreté. :
exemples qu'on a sans cesse soos les yeux et devant soi. Il est trèsHlifSdle de s'en défendre; et pour j résister, H faut une vertu bien pore et bien à Fépreuve.
Ai-je eu sur ce point, jusques â ptéwot, tO0t# rattentioo et toute b dreonspectioo que je devais avoir? Ai-je pris gaide â œ tkn dire et à ne tim
faire qui pdt être nuisible aux personnes qui m'entendaient ou qui étaient témoins de mes actions? Ck>mbîen dans les rencontres ai-je débité de maximes, ai-je donné de conseils, ai-je inspiré de sentiments, ai-je approuvé de procédés contraires à Pesprit religieux et au devoir? Combien ai-je montré d'indocilité, ai-je témoigné de mépris, ai-je fait de murmures ou de railleries malignes sur des choses qui n'allaient qu'au bien et qu'à entretenir la règle? C'étaient autant de scandales que j'ai dû me reprocher; et combien y en a-t-il d'autres dont je ne me suis jamais fait de scrupule, et dont je n'ai jamais pensé à m'accuser? J'ai déclaré mes péchés; mais combien y en avait-il où la circonstance du scandale et du mauvais exemple était jointe, sans que j'en aie rien dit? Peut-être ne la connaissais-je point , ou n'y faisais-je nulle réflexion : mais mon ignorance ou mon oubli étaient-ils excusables? C'est sur quoi je dois m'écrier avec le Prophète : Lavez-moi, mon Dieu, purifiez-moi de mes péchés secrets et cachés. Pardonnez-moi, non-seulement ceux que f ai commis , mais ceux guefai fait commettre. (PS. tS.)
Second point. Malheur à eekd qui donne le scandale! (Matth., 18.) Cette malédiction est sortie de la bouche même de Jésus-Christ : c'est un anathème divin ; et il faut bien que le scandale soit un grand mal, puisqu'il vaudrait mieux pour un homme qu'il fât précipité au fond de la mer, que de scandaliser te plus petit de ses frères. (Ibid.) Maxime générale et proposition universelle dont personne n'est excepté; car il n'y a personne qui ne doive l'exemple au prochain : Que votre lumière luise aux yeux de tout le inonde, afin que ceux qui verront vos bonnes œuvres en rendent gloire à Dieu. (Matth. , 5.)
Ainsi, malheur à moi en particulier, si je suis l'auteur de quelque scandale dans la communauté où je vis! car je la prive , autant qu'il est en moi , d'un des plus solides avantages de la profession religieuse, qui est Tédification mutuelle , et l'émulation du bon exemple. Je fais plus encore , puisqu*au lieu de contribuer à la régularité et à l'observance , j'y deviens un obstacle, et que souvent je suis cause, par mon exemple, que des abus s'introduisent, que d'utiles et d'anciennes pratiques s'abolissent peu à peu , que la discipline se relâche , et que des règles qui étaient auparavant en vigueur, ne s'observent plus, ou ne s'observent que fort imparfaitement. N'est-ce pas de là qu'est venue la ruine spirituel le et la décadence de tant de sociétés très-saintes dans leur première institution?
Que si le mal ne s'étend pas toujours si loin , du moins il n'y a que trop d'esprits faciles , et déjà mal disposés , que mon exemple ne manque pas d'entrat-