choix qui lui rend Dieu souverainement nécessaire
4. choix après lequel aussi Dieu lui suftit; 5. choix enfin par où Dieu devient spécialement et le plus proprement aonDiea.
1. Choix glorieux à Dieu : car c'est reconnaître authentiquement l'excellence de l'être de Dieu et sa souveraineté , puisqu'il n'y a qu'un Dieu qui mérite que nous quittions tout poiu" le posséder. Hommage qui lui est dû , et quMl ne reçoit dans toute son étendue , que de l'âme religieuse.
2. Choix heureux pour l'Ame religieuse. Ce choix est pour elle une assurance aussi grande qu'on peut l'avoir en eette vie, qu'elle aime Dieu de cet amour parfait dont la grâce est inséparable.
3. Choix qui rend Dieu souverainement nécessaire à rftme religieuse : si par son infidélité elle venait à ne pas trouver Dieu dans la religion , ne pouvant d'ailleurs y trouver les consolations du monde , quelle serait sa ressource? Du reste, heureuse nécessité qui l'oblige à s'attacher à Dieu!
4. Choix après lequel aussi Dieu suffit à l'âme religieuse. Les mondains , comblés des biens du monde , ne sont pas encore contents : l'âme religieuse, avec Diea aenl, jouit d'une paix parfaite, et nous sert de preuve sensible pour connaître comntent Dieu seul fera dans le ciel toute notre béatitude.
5. Choix par où Dieu devient spécialement et pins proprement le Dieu de l'âme religieuse. Dieu lui tient lieu de tout; il est donc particulièrement son Dieu. De plus, il est le Dieu de tout l'univers par la nécessité de son être ; mais il est plus proprement le Dieu de l'âme religieuse par le choix libre et volontaire qu'elle a fait de lui.
Deuxième pàbtib. Le choix que Dieu fait de l'âme religieaae, afin qu'elle soit particulièrement sa créature. Elle ne pouvait choisir Dieu, si Dieu auparavant ne l'avait choisie et recherchée : mais pourquoi Dieu l'a-tpil choisie ? 1. afin qu'elle soit sainte; 2. afin qu'elle soit irrépréhensible; 3. afin qu'elle serve de modèle aux chrétiens dn siècle ; et c'est ainsi qu'elle appartient spécialement à Dieu , et qu'elle en est particulièrement la créature.
1. Afin qu'elle soit samte, car Dieu l'a choisie afin qu'elle soit plus dévouée à son service. Or, Dieu étant saint, et le Saint des sahits, dit saint Chrysostôme, il ▼eut et il doit être servi par des saints. Et n'est-ce pas de quoi sont remph'es tant de communautés religieuses?
2. Afin qu'elle soit irrépréhensible : dans l'état religieux une sainteté ordinaire ne suffit pas , il faut une sainteté irréprochable, une sahiteté à l'épreuve de toute censure, une sainteté où le monde, ce monde critique et si attentif à observer les personnes religieuses, ne paisse découvrir
aucune tache. H font pour l'honneur de Dieu que les religieux puissent dire aux mondains ce que saint Paul disait aux païens : Capite nos : Examinez-nous, et voyei s'il y a rien dans toute notre conduite que tous ayez droit de reprendre.
3. Afin qu'elle serve de modèle aux chrétiens da siède ; car qu'est-ce qu'un vrai religieux, smon nn chrétien parfait et une image vivante de la perfection évangélique?
Les personnes religieuses sont donc le peuple de Diea particulier, et d'une façon plus propre ses créatures , poi*> que rien ne leur manque pour être totalement, uniquement, et irrévocablement à Dieu.
Iir SUR l'état REUCIEUX : LE RENONCEIfENT RELIGIECX, ET LES RéCOMPlfNSES QUI LUI SONT PROHISa.
Sujet. Pierreprenant la parole, dit à Jésus-Christ : Vous voyez. Seigneur, que nous avons tout quitté, et que nous vous avons suivi : quelle récompense en recevrons-nous donc? Jésus-Christ leur répondit : Je vous dis en vérité, qu*au temps de la résurrection, vous qui m*avez suivi, vous serez assis sur des tr&nes pour juger les douze tribus d' Israël. Et quiconque aura quitté sa maison, ses frères et ses sœurs, son père et sa mère, recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle.
Voilà en quoi consiste le renoncement religieux , et le fruit que l'âme religieuse en doit espérer; voilà ce qui a porté tant de chrétiens à se séparer du monde, et à se dépouiller de tout pour suivre Jésus-Christ.
Division. Avoir tout quitté pour Jésus-Christ, c'est pour l'âme religieuse une grâce inestimable, et le fonds de toutes les grâces dont elle est redevable à Dieu dans la religion : première partie. Avoir droit aux promesses de Jésus-Christ, c'est pour l'âme religieuse une récompense et une béatitude commencée , mais qu'elle doit soutenir par sa ferveur, et qu'elle doit contmueUement mériter dans la religion : deuxième partie.
Prehière partie. Avoir tout quitté pour Jésus-Christ, c'est pour l'âme reh'gieuse une grâce inestimable, et le fonds de toutes les grâces dont elle est redevable à Diea dans la religion. Bien loin de se glorifier du sacrifice qu'elle a fait , elle en doit remercier Dieu , qui lui a inspiré le dessein de renoncer, 1. à des biens onéreux, 2. à des biens contagieux, 3. à des biens qui, dans la vicissitude continuelle des choses de la vie, e/ plus encore dans l'inévitable nécessité de la mort, n'aboutissent qu'à affliger l'honmie et à le rendre malheureux.
1. Biens onéreux, je dis onéreux pour la conscience : ce sont de grandes charges devant Dieu , à qui il en faut rendre compte. Les vrais chrétiens en ont tremblé, lorsqu'ils ont été pourvus de ces biens; mais l'âme religieuse en est déchargée. Et n'est-il pas plus avantageux pour elle de ne les point posséder, que de- les avoir et de courir le risque affireux de se perdre? A quoi a-t-elle proprement renoncé? est oe à l'agréable de ces biens? Non, puisqu'il est même défendu aux chrétiens du siècle. Elle n'a donc foit, à le bien prendre, que se délivrer de ce que ces biens ont de pénible.
2. Biens contagieux : biens qui souillent l'âme par la cupidité qu'ils y allument. Il est d'une extrême difficulté de les posséder sans s'y attacher ; et en s'y attaduat, il
ANALYSES DES SERMONS
n'est pas possible de se saorer. C'est d<mc un parti bien plus aisé k l'âme religieuse de s'en déCedre tout d'un coup, et de s'épargner ainsi tant de combats que les chrétiens du siècle ont k soutenir, pour accorder ensemble la possession de ces biens et le soin de leur salut.
3. Biens qui, dans la yicissitudecontinoelle des choses de la TÎe et dans l'inéritable nécessité de la mort , n'aboutissent qu'à affliger l'homme et A le rendre malheureux. Ce sont des biens fragiles : mille accidents les font perdre , la mort au moins les enlève ; et sur cela , à quels chagrms ne sont pas exposés les* gens du monde , tandis que l'Ame religieuse est indépendante de toutes les calamités puMiques ou particulières, et qu'elle voit sans regret approcher lamort?
Deuxième partie. Avoir droit aux promesses de Jésus- Christ , c'est déjà pour l'ftme rdigieuse une récompense et une béatitude commencée, mais qu'elle doit soutenir par sa ferreur, et qu'elle doit continuellement mériter dans la religion. Trois promesses de Jésus-Christ : 1. confiance an jugement de Dieu , et même supériorité et prééminence ; 2. le centuple en ce monde ; 3. la Tie étemelle dans Tautre.
1 . Confiance au jugement de Dieu , et même supériorité et prééminence. Exemple de saint Hilarion, qui s'écriait à la mort : Sors, mon âme; que crains-tu PU y après de soixante et dix ans que tu sers Dieu. Outre la confiance , supériorité et prééminence : Je vous dis en vérité qy'au temps de la résurrection, vous qui m*avez suivi , rota serez assis sur des trônes pour juger le^ douze tribus d^ Israël. En effet, la vie des personnes religieuses sera la condamnation des mondains.
2. Le centuple en ce monde. Qu'est-ce que ce centuple ? La liberté de l'esprit, la paix intérieure, les dons de la grftce. Erreur du mondain qui Tondrait jouir de ce centuple , sans se mettre auparavant dans les dispositions nécessaires, n est vrai qu'il y a des âmes religieuses qui ne le goûtent pas ; mais pourquoi? parce qu'elles ne sont pas vraiment religieuses selon l'esprit et le cceur.
3. La vie étemelle dans l'autre monde. Ainsi l'a dit en termes formels le Fils de Dieu : Quiconque aura quitté sa maison^ ses frères et ses scntrs , son père ou sa mère, recevra le centuple , et possédera la vie étemelle. Or, de telles espérances et de tels avantages ne sont-ils pas déjà pour l'Ame religieuse une félicité anticipée; et qu'y a-Ml de plus propre à exciter sa ferveur.'
rV* SHR L'éT4T RELICIEUX : l'OPPOSITION MUTUELLE nES REUGIEUX ET DES CHR^ENS DU SIÈCLE.
Sujet. Je vous conjure , moi qui suis dans le^ chaîner
pour le Seigneur, de vous conduire d'une manière qui
soit digne de votre vocation.
Une vierge qui se consacre à Dieu par la profession religieuse peut dire , comme saint Paul , qu'elle est dans les chaînes pour le Seigneur : et c'est par son exemple qu'elle nous apprend au moins à remplir dignement les devoirs de la vocation chrétienne.
Division. Rien n'est plus capable de confondre la lâcheté des chrétiens du siècle, que de considérer la perfection de l'état religieux : première partie. Et rien n'est plus propre à consoler les religieux et à les confirmer dans leur vocation , que d'envisager les malheurs presque inévitables et les obligations des chrétiens du siècle : deuxième partie.