PRÊTRE
Sujet. Jésw ayant parlé de la sorte, un des soldats qtii était à son côté , lui donna un sotufJUt en disant : Est<e ainsi que vous répondez au grand prêtre f
ANALYSES DES SERMONS
COâ
Jëtut-Clixist nom donne id un bel exemple du pardon det kjures.
OnnsiOR. Supporter les injures comme Jésu»<?lirist sans en poorsui?re la vengeance et sans éclater, première partie : agréer même les injures comme Jésus<^hrist , jusqu'à s'y exposer en certaines rencontres et à les aimer, deuxième partie.
PasBi&i^ PARTIE. Supporter les ii^ures conune Jésus- Christ , sans en poursuiTre la Tengeaoce et sans éclater. Quelle injure! un soufflet reçu, et de la manière la plus outrageante! Combien de raisons semblaient engager le Sauveur du monde à venger sur Ttieure cet outrage? 11 le pouvait, puisque la vengeance lui appartient en qualité de J) eu : mais il aime mieux nous apprendre par son exemple à réprimer toutes nos vengeances, et il veut détruire par Ik tous les faux raisonnements et tons les prétextes dont notre passion cberrJie à s'autoriser.
Exemple si convaincant, qu'il ne nous laisse nulle ressource où nous puissions nous retrancber. S'il se fût contenté de nous dbre : Je vous ordonne de ne point repous' Mer la violence par la violence; mais si quelqu'un vous frappe sur la joue droite , présente^lui encore la gauche, cette parole nous eût paru dure. Mais il nous radoucit en y ajoutant son exemple : car l'exemple de ce Dieu sauveur doit 6tre la règle de toute notre vie.
Cependant, il y en a bien peu qui le suivent. On voit de» boounes sages du reste , des hommes vertueux , des hommes religieux; mais où en voit-on qui soient patienU dans les injures , et qui les reçoivent avec modération ? On fait profession de piété et de la plus étroite morale , et néanmoins oo est d'une sensibilité extrême sur les moindres oflfenseB. Ponr nous confondre , envisageons Jésus-Christ , et considérons cette face respectable et adorable aux anges mêmes, couverte d'un soufflet.
Deuxième partie. Agréer même les injures comme Jésus- Christ jusqu'à s'y exposer en certaines rencontres et à les aimer. Ainsi pour faire son devoir dans une diarge , dans mie dignité , dans un ministère , combien y a-t-il souvent de mépris, de railleries, de médisances, d'outrages à essuyer? Or, je m'en dois faire alors un mérite; je dois les aimer pour Dieu.
Cela est bien parfait et bien difficile : mais souvenoasnous que notre divin Maître a voulu être rassasié d'opprobres , et qu'il en a fuit ses délices. C'est pour cela que les saints, et entre les antres saint Paul et David, les ont reçus avec tant de joie; et sans cela même on \w peut avoir l'esprit de Jésus- Christ, ni par conséquent être véritablement chrétien. Mais le moyen d'aimer ce qui nous offense, ce qui nous humilie? En le regardant comme une portion des opprobres de Jésus-Clirist , et comme une matière de sacrifice à Jésus-Christ.
Mais encore à quoi dans la pratique se réduit là-dessns notre obligation? Aimer mieux se voir méprisé, moqué, raillé, condamné, persécuté, que de se départir jamais d'une exacte vertu en consentant à l'iniquité. Ce n>st pas que le cœur ne soit alors bien combattu ; mais au milieu de ces combats , mille considérations le soutiennent , et Dieu d'ailleurs ne lui refuse pas le secours de sa grâce. Avec la force et l'onction de cette grâce , on s'écrie comme le Prophète : Cest un bien 9 Seigneur, que j'aie étéhu* milié, puisque je le suisiram' vous. Plaise au ciel que nous
soyons animés de ce sentiment! C'est par le méprU de la confusion, selon l'expression de l'Atiôtre, que le Fils de Dieu a consommé notre foi; et c'est par l'amour de la confusion que nous la consommerons nous-mêmes , et que nous parviendrons au plus pur christianisme, et à la vraie gloire qui en est la récompense.