ELOGE DE M. LE PRESIDENT DE LAMOIGNON
fud point n'en a-t-il pas été touché , et qu*y avait-il de plus propre à lui faire goûter Dieu et à lui faire aimer la religion, que la conduite édifiante, que la vie irrépréhensible , que la dévotion exemplaire de cette princesse selon son cœur, dont la douceur le charmait, en même temps que son attachement à tous ses devoirs le persuadait? Une vie héroïque , chrétiennement et saintement terminée, voilà ce que le jeune prince votre fils aura sans cesse devant les yeux, ce qu'il se souviendra d*avoir vu, et ce qui lui inspire déjà ces nobles et ces généreux sentiments que nous admirons en lui. Formé et cultivé par ce héros, en pouvait-il avoir d'autres? Voilà le modèle que tous les princes de votre maison auront éternellement à se proposer, pour être eux-mêmes des princes parfaits et des princes prédestinés.
Mais après leur avoir représenté un modèle si propre à les toucher et c^ipable de les convaincre, c*est à nous, monseigneur, de rendre aujourd'hui à ce béros les devoirs de la plus juste et de la plus solennelle reconnaissance dont nous ne nous acquitterons jamais. Je parle ici au nom de toute une compagnie qa'ila honorée de sa protection, de sa bienveillance, oserai-je le dire? de sa confiance , de son estime et de ton amitié. Vous le savez , mes Pères, et je suis sâr qo'an moment que je dis ceci , vos cœurs , aussi Tirement émus que le mien , répondent par un témoignage unanime à tout ce que je pense et à tout ce que je sens : vous savez ce que nous devons à ce grand prince, et ce que nous avons perdu en le perdant; il était notre appui , notre conseil , notre consolation. Mous avions recours à lui comme à notre père; nos intérêts le touchaient; nos disgrâces l'affligeaient ; il prenait partaux succès de nos ministères ; ta bonté pour nous nous servait dans le monde de défense, et nous valait mieux que toutes les apologies. Qoelle marque ne nous a-t-il pas donnée de cette bonté? après nous avoir confié, pendant sa vie, ce qu'il avait au monde de plus cher, il a voulu mourir entre nos mains; et mourant, il nous a laissé une partie de lui-même , qui est son cœur. Ce cœur plus grand que l'univers; ce cœur que toute la France aurait aujourd'hui droit de nous envier; ce cœur si solide, si droit, si digne de Dieu, il a voulu que nous le possédassions, et que nous en fussions les dépositaires. Mous le serons, grand prince, et jamais dernière volonté n'aura été ni plus respectueusement, ni plusfidèlement exécutée :autantdecœurs que nous avons , ce sont comme autant de mausolées vivants où nous placerons le vôtre. Ce bronze et ce marbre ne sont destinés que pour en conserver les cendres, mais il vivra éternellement en nous : tant que cette compagnie subsistera, il y sera en vénération. Jusqu'aux extrémités de la terre , on prendra part à l'engagement où nous sommes d'honorer ce
aODRDALOUE. ^ T. Ht.
cœur. Dans l'ancien monde et dans le nouveau , il y aura des cœurs pénétrés des obligations immortelles que nous avons au prince de Condé. Aidez-nous , ministre de Jésus-Christ ' . à remplir, dans toute son étendue, un si saint devoir. Pontife du Dieu vivant, prélat que ce héros a distingué entre ses plus chers et ses plus confidents amis , aidez-nous à lui rendre , devant Dieu , le tribut solide de notre véritable gra* titude , et par le sacrifice de l'Agneau sans tache que vous allez immoler, achevez de purifier ce cœur que toute la gloire du monde n'a pu remplir, parce qu'il était né pour cette gloire éternelle et incorruptible que Dieu prépare à ses élus.