‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 48 sur 408 · DE LAMOIGNON · texte numérisé non relu

DE LAMOIGNON

Quelques jours après la mort de M. le premier président DE Lamoignoii , le père Bourdaloue prêcha le sermon de TAumône dans une asseoiblée de charité; et après avoir expliqué cos paroles quMl avait prises pour texte : Qui pensezvous qu'est le serviteur prudent et fidèle que son maître a établi sur toute sa maison, qfin qu'il pourvoie à leurs be* soins, et qu'il leur distribue dans le temps la nourriture nécessaire , il ajouta k la fin de Texorde :

Je pourrais , chrétiens , si la douleur toute récente mêle permettait, rappeler ici à vos esprits une idée sensible de ce serviteur prudent et fidèle dont l'Évangile nous parle aujourd'hui. Dieu nous en avait mis devant les yeux un rare exemple bien plus capable que mes paroles de vous édifier, si nous avions mérité de le posséder plus longtemps. Ce grand et illustre magistrat , qu'une mort aussi prompte que douloureuse vient de nous ravir; cet homme, Thonneur de son siècle, l'ornement de sa condition, Tappui et le soutien de la justice , le modèle vivant de la probité, Tamourdetouslesgensde bien ; cet homme parfaitement chrétien, et encore plus recommandable par sa religion que par toutes les éminentes qualités dont la nature l'avait enrichi; cet homme qui sut si bien accorder la grâce de sa modestie avec Télé-vation de sa dignité, la douceur de son esprit avec la fermeté de son ministère , les vertus qui le faisaient aimer avec celles qui, malgré lui-même, le faisaient révérer et admirer ; cet homme, enfin, dont le nom ne mourra jamais, et qui vient de s'ensevelir dans la bénédiction des peuples, c'est celui que je pourrais vous proposer comme la parfaite image du serviteur fidèle deTÉvangile, puisqu'il n*y a personne de vous qui ne lui rende ce témoignage , qu'il a été par profession , par inclination , par choix de Dieu et par élection , le père des pauvres, puisque Tun des caractères par oit

> Monseigneur Tévéque d*Autun.

il s'est distingué est d*avo!r chéri les pauvres comme ses enfants et comme sa propre famille ; puisque ni réclat, ni la foule de ses importantes occupations, ne lui ont jamais dté un moment de cette application infatigable qu'il a eue pour le bien des pauvres; puis* qu'il n'y a point de maison ni d'établissement des pauvres qui n'ait été l'objet de son zèle, et qui n'en ait ressenti les effets ; puisque les pauvres eux-mêmes, par leurs gémissements et par leurs larmes, protestent avoir perdu en lui un protecteur, qu'à peine espèrent-Us recouvrer jamais. Je pourrais, dis-je, pour l'exécution même de mon dessein, vous retracer l'idéedecet homme incomparable , et l'éloge que je ferais de sa personne ne serait qu'une reconnaissance publiqueque vous confesseriez lui être due. Majs mon regret particulier, ( car combien en particulier me doit être, non-seulement vénérable, mais précieuse et chère sa mémoire? ) ma douleur trèsvive et très-sincère m'empêche de vous en dire davantage, et de m'expliquer autrement que par mon silence. Suspendons pour quelques moments les réflexions que nous aurions à faire sur une perte que nous ne pouvons assez pleurer : et pour bien comndre ce que c'est dans la maison de Dieu qu'un serviteur fidèle, adressons-nous à la Vierge qui prit la qualité de servante du Seigneur, au même temps qu'elle en fut déclarée la mère. Àve, Maria.

TV. ^. On a cru ne devoir pas omettre ici l*essai d*un panégyrique de saint Benoit, que le père Bourdalone avait Iraoé pour une célèbre communauté de religieuses béoédicllnes, et qui se trouvait placé à la fin du second volume des Ptméea.

POUR LA FÊTE DE SAINT BENOIT

SERMON

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