SUR LE TRESOR GACHE DANS LA REXIGION
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ques du monde, qu'ils subissent malgré eux et dans Tamertume de leur cœur. Rien de plus opposé au trésor dont je parle; car ce trésor, dit saint Bernard, est la joie qu'on a de souffrir et de se mortiûer pour Dieu, la douceur dépenser, comme saint Paul, que Ton se captive et que Ton est dans les liens pour Jésus-Christ; le go^lt que Ton trouve à porter son joug; les consolations intérieure» de la pénitence Tolontaîrement préférée aux plaisirs des sens ; la paix de Fâme dans une vie austère , soutenue constamment et avec ferveur. Or où tout cela se reneontre-t-il , si ce n*est dans la religion?
Cor\fiteor iibi, Pater y Domine cœli et terrx, quia abscondisti hœc a sapientibus et prudent ibus , et reodeuti eaparvulis( Màtth. , 1 1 ) : Je vous bénis, ô mon Dieu! Seigneur du ciel et de la terre , je vous bénis d'avoir caché ces choses aux sages et aux prudents du siècle, et de les avoir révélées aux simples et aux petits; je vous rends grâces de m'avoir choisi , tout indigne que je suis, pourm'associer au nombre de ces âmes prédestinées. J'ai connu par là ce qui devait être mon unique trésor, et il ne tient qu'à moi de le posséder, et d'en jouir en demeurant ferme, et en me sanctiûant dans la vocation religieuse. Si vous étiez assez heureux, hommes du siècle , pour entrer daâs ces sentiments , on pourrait dire que vous auriez trouvé le trésor évangélique. liais qu'arrive-t-il ? De deux choses l'une; ou qu'ayant des cœurs endurcis, vous ne goûtez pas ces pensées; ou que ces pensées, par la dissipation du monde, s'effacent bientôt de vos esprits. Car pour trouver le christianisme, il ne sufGt pas de savoir tout cela et de le penser; il faut en être pénétré et efGcacement persuadé. Or ces pensées, à la vue même de cette cérémonie qui vous assemble ici, ne font communément sur vous qu'une impression niperficielle, qui ne va pas jusqu'à la persuasion, et qui va bien moins encore jusqu'à la conversion. Avouons-le toutefois, malgré l'iniquité du siècle, il y a encore dans le monde de vrais chrétiens, qui , par une grâce spéciale, y trouvent le royaume de Dieu. Ne leur disputons, point cet avantage; mais ajoutons pour leur instruction , que ce royaume de Dieu , que ce christianisme est exposé pour eux dans le monde à mille dangers , dont on se préserve aQS$i heureusement que saintement dans Tétat religieux : c'est le sujet de la seconde partie.