SUR LA
DIGNITÉ ET LES DEVOIRS DES PRÊTRES
Sacerdotes iui induaniurjustitiam.
Que vos prêtres. Seigneur, soient revétos de JosUce et de sainteté. Psaume 131.
C'est ainsi, messieurs, que le prophète vous fait tout à la fois connaître l'excellence de votre sacerdoce et de ses devoirs ' ; et c'est là-dessus que saint Ambroise , traitant de la dignité des prêtres , leur adresse des paroles aussi éloquentes pour exprimer la grandeur de leur ministère, qu'elles sont instructives pour en exercer saintement les fonctions : Âuditeme, sHrps LevUica, germen sacerdotale, propago sanctificata , duces ac redores gregis Christi : Écoutez-moi, vous qui êtes les vrais héritiers de la tribu de Lévi „ issus de la branche sacerdotale, sanctiûés par votre caractère et constitués les chefs du troupeau de Jésus-Christ: ^iM//(ff me rogantem pariter et verentem; Écoutez la prière que je vous fais, accompagnée du respect et de la vénération que je dois avoir pour vos personnes : Utcum honoris vobis prxrogaiivam monstramus congrua eiiam mérita requiramus ; afin que vous ayant montré l'éminence du rang où vous êtes élevés, je puisse exiger de vous toutes les vertus et toute la sainteté nécessaires pour la soutenir avec honneur. Paroles dignes d'un évéque qui, honoré d'un caractère supérieur encore à celui des prêtres que la Providence lui avait subordonnés , les instruisait en maître et s'expliquait avec autorité. Pour moi, messieurs , qui n'ai parmi vous ni la même distinction , ni les mêmes droits , je n'entreprendrai point de vous prescrire ici des règles; mais sans m'oublier moi-même , et gardant toutes les mesures conve-
> Cette exhortation fui faite ixHir une assemblée d'ecclésias-
nables, je puis du reste vous représenter les obliga* tions qui se trouvent indispensablement attachées à votre état, et je n'aurai , pour m'en tracer l'idée juste, qu'à me tracer Tidée de votre conduite la plus ordinaire. C'est donc dans cet esprit, qu*u8ant de la liberté que vous me donnez, je ne craindrai point de vous dire ce que vous devez être, parce que je sais qu'en même temps je vous dirai ce que vous êtes. Je pourrais dans un récit pompeux et en de magnifiques expressions, relever les avantages infinis et toutes les prérogatives du sacerdoce de la loi de grâce. Mais si j'en parle, ce ne sera que pour établir cette proposition si solide et si vraie , savoir, que tous les titres d'honneur qui rehaussent Téclat et le prix du sacerdoce , sont autant de raisons et de puissants motifs qui nous obligent, comme prêtres du Dieu vivant, à travailler sans relâche à la sanctification de notre vie et à notre propre perfection. Et parce que tous ces titres se réduisent à deux pouvoirs que le prêtre exerce en vertu de son ministère : le premier que les théologiens appellent conunanément pouvoir de l'ordre, et le second, appelé, selon le même langage de la théologie , pouvoir des clefs ou pouvoir de juridiction ; celui-là, par rapport au corps réel de Jésus-Christ, qui est son sacrement ; et celui-ci, par rapport au corps mystique de Jésus-Christ, qui est son Église composée de tous les fidèles : je veux vous faire voir quel fonds de sainteté demandent indispensablement l'un et Fautre. En deux mots, sacrés ministres du Seigneur, soyez saints : pourquoi ? et parce que vous êtes les sacrificateurs du corps de Jésus-Christ , c'est la première partie ; et parce que vous êtes les pasteurs de l'Église de Jésus-Christ, c'est la seconde : Sa^' c&'dotes tui induantur justiUam, Voilà tout le sujet de cet entretien.