‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 87 sur 408 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Ce ne fut point une parole sans effet que celle de Jésus-Cbrist à ses apôtres , lorsqu'il leur dit : fout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel ; et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Les Pères et les interprètes reconnaissent que par là le Fils de Dieu soumit aux prêtres, dans la personne des apôtres, toute l'Église; qu'il les revêtit d'un pouvoiïr qui s'étend sur tous les membres du corps mystique de ce Sauveur, et qu'il n'y a dans le monde ni prince ni monarque qui ne relève de cette juridiction, aussi souveraine qu'elle est universelle.

En voulez-vous, messieurs, concevoir une légère idée? Imaginez-vous un homme qui, d'une fortune médiocre et d'une condition obscure, se trouve tout à coup élevé au premier ministère d'un grand État, et cela par la pure libéralité du maître, lequel veut faire ^ater sa puissance dans l'élévation de son sujet : Sic honorabUwTj qttemeumque voluerU rex honorari. (£«/A.,6.) Le voilà l'arbitre de toutes choses, et les plus importantes afSaires ne se conduisent que par lui; c'est lui qui distribue les faveurs, lui qui assigne les récompenses, lui qui fait les heureux et les malheureux; ses ordres sont reçus comme des ordres supérieurs, et tous les intérêts du prince lui sont confiés. Qu'un rebelle, qu'un criminel ait sa grâce à obtenir, c'est à ce médiateur qu'il s'adresse ; et par l'efTicace de cette médiation, le plus coupable est en un moment rétabli dans tous ses droits et dans toutes ses espérances. Jamais entenditon parler d'un tel crédit? et dans ce que l'Écriture nous a marqué de celui d'Aman, y a-t-il rien qui puisse l'égaler? Je ne m'en étonne pas : car Ips princes de la terre n'ayant qu*ui.. pouvoir borné, ils n'ont garde de le communiquer avec si peu de réserve. Mais il en est

tout autrement à Fégard de Dieu : comme sa grandeur est infinie. Il peut, sans lui rien éter, en foire part à qui il lui platt ;<or, il Ta , pour ainsi dire, déposée tout entière entre les mains de ses ministres, et c'est la belle réflexion de saint Chrysostôme dans ses doctes commentaires sur le sacerdoce. Quelle merveille! et qui le croirait? Le serviteur est établi juge sur la terre, et le Maître dans le ciel ratifie toutes les sentences qu'if porte : Servus sedet in terra , et Dominm seqûifur sentenUam; le ciel reçoit de la terre la règle et la forme de justice qu'il doit suivre : A terra Judicandi formam cadum accipit. De sorte, ajoute saint Cyprien, que le jugement des prêtres est comme le jugement anticipé de Jésus-Onîst même, Anticipatum ChrisUJttdicium : encore ce jugement du prêtre a-t-il cet avantage, qu'il confère la grâce, qu'il efface les péchés, qu'il convertit les pécheurs en saints; ce que n'aura point le dernier jugement que prononcera le Sauveur du monde à la fin des siècles.

Voilà, messieurs, le ministère de réconciliation que Dieu vous a commis. Vous êtes ses dél^ués, et , si j'ose user de ce terme , vous êtes ses pléoipotentiaires, pour conclure cette grande paix qui se traite entre le ciel et la terre , entre Dieu offensé et rhomme pécheur. C'est à vous que le Giéateor du monde remet sa cause et ses Intérêts; c'est à vous qu'il dit encore plus qu'à ses prophètes : /«• diccUe inter me et vineam meam (Isâi, , 5 ) : Cet homme est pécheur, il m'a outragé , il a bittsé ma gloire; je pourrais le juger moi-même; mais je m'en rapporte à vous. Tout ennemi qu'il était, je le tiendrai pour ami dès que vous l'aurez déclaré tel; il ne s'agit pour lui que de se rendre digne de l'absolution que vous lui donnerez; du moment que vous lui aurez pardonné, je lui pardonne, et toutes les portes du ciel, qui lui étaient fermées, s'ouvriront pour le recevoir. Voilà, dis-je, ministres de Jésus-Christ, comment Dieu vous parle, et voilà de quoi toute l'Église le doit glorifier, conune tes troupes fidèles de l'Évangile : Et glortJkaverwU Deum, qtd dédit patettatem talem hominUnu (Matth., 6); car, en conséquence de ce pouvoir absolu , on peut dire que tout ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré est en votre disposition. Les grâces sont les richesses inestimables que le Sauveur des hommes nous a acquises par son sang; mais vous en êtes les dispensateurs : c'est vous qui conférez aux âmes leur première innocence, vous qui la leur faites retrouver lorsqu'elles Font perdue, vous qui leur partagez le paiu de vie pour les nourrir, qui les dirigez dans les voies de l'étemitéy et qui les conduisez jusque dans le sein de Dieu.

Après cela serons-nous surpris que les plus grands monarques du monde aient eu tant d'égards, et ter

SUR LA DIGNITE ET LES DEVOIRS DES PRÊTRES

motgnétant de révérence pour les prêtres; qu'un €oQ8taiitin, revêtu de la pourpre royale, n'ait pas osé s'asseoir le premier en présence des Pères d'un concile; qu'une impératrice se soit fait un honneur et un mérite de servir à sa table un évéque , et que de tout temps le respect des princes envers les prêtres ait été la plus illustre marque de leur religion? Non, messieurs, toutc^la n'a rien que je ne comprenne aisément , puisque la foi leur découvrait dans les prêtres une puissance bien audessus de leur grandeur. Mais ce qui m'étonne et ce qui me paraît inexcusable, c'est que ces prêtres, si distingués des autres hommes par leur ministère, n'aient pas la pureté des anges ou ne s'efforcent pas d'y parvenir : car dans toutes ces prééminences, j'aperçois tant de motifs de sainteté, que je ne sais de quoi ils doivent être plus accablés, ou du poids de leurs honneurs, ou du poids de leurs obligations.

Venons au détail. Comment un homme peut- il s'entremettre d'une réconciliation aussi sainte que celle des pédieurs avec Dieu, s'il] est lui-même ennemi de Dieu ? C'était le raisonnement de saint Grégoire , s'instruisant soi-même , et se considérant comme l'intercesseur et le patron de toul le peuple ébréxien: Qua enimfiducia pro peccatis allenU iniercessor venio, apud quem de propriis securus ^ non sumf De quel front, disait-il dans un sentiment d'humilité, et avec quelle assurance irai-je demander grâce pour les péchés de mes frères , lorsque j'ai à trembler pour mes propres péchés? C'est pour cela que le Sage nous représente d'abord le prêtre uni à Dieu par la grâce, agréable h Dieu par la sainteté de ses vertus : Ecce sacerdos magnusy qui in diebus suis placuU Deoy et inventas est justus (ecc/î., 44) : et ensuite qu'il nous le fait voir devant le trône de Dieu en qualité de pacificateur et de réconciliateur : Et in tempore iracundix/adus est reconciliatio. ( Ibid. )

Comment un homme peut-il s'ingérer dans l'administration des sacrements de Jésus-Christ, et verser sur les fidèles les mérites et le sang de ce Dieu sauveur, avec des mains impures? Il est vrai, malgré l'indignité du ministre, ce sang a toujours son prix , et l'efficace des sacrements est indépendante. Aussi ne veux-je rien conclure au préjudice du fidèle qui les reçoit , mais du prêtre dont il les reçoit : car, comme le prédicateur, selon la terrible parole de l'apôtre, peut devenir un réprouvé en convertissant tout le monde, ainsi arrive-t-il ( ô pensée bien humiliante pour nous, messieurs, et vérité d'autant plus capable de nous confondre qu'elle est confirmée par de plus fréquents et de plus funestes exemples!) ainsi arrive-t-il souvent que le prêtre, enrichissant les autres des trésors de I Ëglise, n'en retienne rien pour lui; que le même

sang avec lequel il purifie les autres , et leur fournit de quoi acquitter leurs dettes , serve à augmen: ter les sieunes ; que e.e qu'il présente aux autres comme les sacrements et les moyens de leur salut lui soit une occasion de ruine et une matière de damnation. Je ne m'explique pas davantage : poursuivons.

Comment un honmie peut-il entreprendre déjuger, de condamner, d'absoudre, dans des dispositions toutes criminelles? Car pour être juge et pour en faire l'office , il doit être exempt de toute passion , exempt de tout intérêt , exempt de tout respect humain , exempt de tout reproche. Ce sont les qualités qu'exige de ses ministres la justice des hommes : tirez la conséquence, et voyez ce qu'exige à plus forte raison la justice de Dieu. Je vous le laisse à méditer, et je m'arrête à la remarque de saint Augustin. Elle m'a frappé, et elle convient parfaitement à mon sujet. Ce Père examine pourquoi le Fils de Dieu ne voulut pas porter un arrêt de condamnation contre cette femme adultère que les Juifs produisirent devant lui : Nemo te condemnavity nec ego te condemnabo (Joan. , 8) : et après avoir exposé là-dessus les raisons ordinaires , il en ajoute une qui , pour n'être pas la plus naturelle . n'est pas la moins mystérieuse ni la moins instructive. C'est, dit ce saint docteur, parce que le Sauveur du monde était encore chargé de nos péchés , et que, portant sur sa personne innocente le caractère du pécheur , il ne croyait pas devoir se constituer juge, mais se réservait au temps où II aurait satisfait pour nos offenses. Belle leçon , mes frères, reprend saint Augustin : nous apprenons de là quels doivent être ces juges que Dieu a choisis pour exercer son autorité et sa justice dans le tribunal de la conscience. Si ce ne sont pas des saints, c'est-àdire, si ce sont des hommes semblables au reste des hommes , des hommes faibles, des hommes passionnés, des hommes impatients et colères, des hommes sensuels et amateurs d'eux-mêmes, des hommes sujets aux intempérances, aux médisances, aux ressentiments et aux vengeances, à tous les vices, quelle confiance mériteront-ils , quelle créance s'attireront-ils, quels jugements donneront-ils?

Enfin, comment un homme peut-il répandre l'édification dans l'Église et y servir de modèle, avec une conduite peu régulière et même absolument déréglée? Voici, messieurs, un des points les plus essentiels, et qui regarde un de vos devoirs les plus indispensables : ne le perdez pas. Quelles idées devons-nous concevoir des prêtres, selon l'esprit et les figures de TËvangile? Ce sont des flambeaux allumés pour éclairer l'Église : ros estislnx mundi. (Matth., 5.) Ce sont des villes placées sur le sommet des montagnes, afin qu'on puisse de toutes parts les apercevoir : Civitas supra mon-

SUR LA DIGNITE ET LES DEVOIRS DES PRÊTRES

temposUa. (Matth., 5.) C'est le sel de la terre, dont la vertu communiquée aux corps les préserve de la corruption : P'os estis sal terrx. (Id.) En un mot, ce sont dans le christianisme des règles sensibles et animées. Titres spécieux , mais titres qui , bien loin de rehausser par leur éclat notre gloire, redoublent, si nous ne les soutenons pas, notre confusion , et nous rabaissent dans Testime commune autant qu'ils devraient nous y élever. Prenez garde, je vous prie. Oui, tout homme adapté au sacerdoce de Jésus-Christ doit se regarder comme un exemple public, et vivre comme si toute la terre avait les yeux attachés sur lui, et était témoin de ses actions. Il doit être persuadé qu'il n'y a rien de médiocre dans les fautes qui lui échappent, parce qu'elles sont accompagnées de scandale ; et que si les injures faites a sa personne en deviennent plus grièves et sont d'une nature particulière, de même les péchés qu'il commet contractent une indignité personnelle par la sainteté de son état. Il doit s'humilier de voir des laïques qui l'égalent en perfection, mais surtout il doit se confondre d'en voir qui le surpassent. Il doit bien se convaincre que .mille choses peuvent être permises aux gens du monde , et lui être défendues; qu'elles peuvent être sans conséquence dans les gens du monde , et être des crimes dans lui selon l'opinion même du monde. Car le monde , tout profane qu'il est, n'en juge point autrement que nous, et souvent il en juge encore plus rigoureusement que nous : ou si le monde ne nous condamne pas , ce n'est que pour tirer de nous une prétendue justiûcation de ses désordres.

Ah ! combien de fois (je n'y puis penser qu'avec la plus vive douleur, et vous en êtes touchés comme moi , messieurs) , combien de fois les dérèglements des prêtres ont-ils autorisé les vices , et servi de prétexte à la licence des mœurs? Le libertinage qui n'osait se montrer, et se tenait caché dans les ténèbres, à levé le masque depuis qu'il s>st vu introduit jusque dans le sanctuaire. Uimpiété n'attendait que ce secours de la mauvaise édification des prêtres pour se fortifier et pour s'étendre. Les simples ont cru qu'ils pouvaient les imiter et les suivre, puisque ce sont leurs conducteurs; les libertins ont conclu qu'ils pouvaient pratiquer ce que les prêtres pratiquaient, puisque ce sont les docteurs de la loi. Les premiers se sont émancipés à faire ce qu'ils avaient auparavant en horreur; les autres se sont confirmés dans ce qu'ils faisaient, et Font fait avec plus d'audace. Le scandale a été général : le sacerdoce est tombé dans le décri , les ecclésiastiques dans le mépris. L'Église en a gémi , et jamais Jérusalem , pleurant ses prêtres réduits dans une dure captivité, ne versa plus de larmes, ni ne fut plus sensiblement afOigêe.

Mais si les prêtres ont été ainsi exposés au mépris des peuples, à qui doit-on s'en prendre? estce aux peuples mêmes? Mais, répond saint Anibroise , comment les peuples respecteraient-ils un homme qui avilit son caractère , et qui dans sa conduite se rend en tout semblable à eux? Qwh modo enim poiest observari a populo, qui nihil habet separatum ajt>optt/o?Qu*admireront-ils dans sa personne , s'ils s'y reconnaissent eux-mêmes^ et toutes leurs imperfections? Quid in Ulo miretur, si sua in illo recognoscatf Et le moyen qu'ils aient de la vénération pour celui en qui ils retrouvent tout ce qui les fait rougir dans eux-mêmes? £isi qux in se erubescit, in eo quem venerandum arbUratur, offenditf A qui donc, je le répète, l'Église adressera- t-el le ses plaintes, si ce n'est sux auteurs de ce scandale ? et quel droit n'a-t-elle pas de leur dire avec le même zèle et la même indignation que le prophète : /'os autem recessihs de via, et scandalizastis plurimos in lege, (Malac. i.) Vous, ministres de mes autels, vous qui deviez sanctifier le monde par vos exemples , aussi bien que par vos paroles et vos instructions , vous êtes sortis de mes voies , et vous avez entraîné après vous les faibles. Vous avez détruit d'une main ce que vous bâtissiez de l'autre; et tant d'âmes que vous aviez fait naître en Jésus-Christ par l'efficace et la vertu des sacrements, ont reçu de Vous la mort par la liaison qu'elles ont eue avec vous, et j par les effets contagieux de votre conversation. Justes reproches , mais reproches encore plus terribles , si nous y ajoutons les menaces du Dieu vivant. Car si la justice de Dieu doit être si exacte dans le compte qu'elle demandera à tous les hommes des devoirs de leur profession , elle ira jusqu'à la rigueur par rapport aux prêtres. Jésus-Christ leur avait confié ce qu'il avait sur la terre de plus cher, ses frères , le prix de sa croix , les brebis de son troupeau. Ils en devaient être les sanctificateurs : que sera-ce d'en avoir été les corrupteurs? Il faudrait peut-être, messieurs, adoucir eette expression : mais laissons-lui toute sa force. Elle ne vous donnera rien à entendre qui passe vos connaissances, et qui ne vous ait plus d'une fois rempli le cœur d'amertume.

Voilà ce qui faisait trembler les saints; et entre les autres, voilà ce qui faisait trembler sfaint Jérôme. C'était l'ornement du désert, bien loin d'en être le scandale; c'était dans l'ï^^glise, non-seulement un docteur consommé, mais un modèle de pénitence et de sainteté. Toutefois ce docteur, ce pénitent, ce saint, ne laissait pas d'être saisi de crainte, dès qu'il venait à faire cette réflexion : Grandis dignitas sacerdotum, ^ed grandis ruina eoriim; C'est une grande dignité que celle des prêtres , mais leurs chutes n'en sont que plus profon-

SUR LA PRIÈRE DE JËSUS-GHRIST.

dm. Glorifions Dieu de la sublimité du rang où il nous a appelés; mais craignons encore plus le précipice où nous pouvons tomber : Lœtemur ad ascensum, sedtimeamusadlapsum» Saint Chrysos* tome va plus loin , et j^aurais peine à user ici de sa pensée, s'il ne nous assurait lui-même avoir fait à ce qu*il avance une sérieuse attention. Cest dans la seconde homélie sur les Actes des apôtres. Non, dit ce docteur si éloquent et si solide, ce n'est pas sans y avoir bien réfléchi que je parle : Non temère dico. Je ne crois pas que dans l'état du sacerdoce il y en ait beaucoup qui se sauvent; et selon mon sentiment , le plus grand nombre parmi les prêtres est de ceux qui périssent. Quoi qu'il en soit de Topinion de ce Père, c'est ainsi qu'il s'en est formellement et hautement expliqué : fJt affectas sum ac sentio, non arbitror inter sacerdotes miiltos esse qui salvi fiant, sed multo plures qui pereant,

La conclusion de tout ceci , messieurs, c'est ce que nous recommande saint Grégoire : écoutez-le, etn*oubliezjamais le salutaire avis qu'il vous donne. Voici en quels termes il s'exprime, et ce qui comprend tout le fruit de cette exhortation. Craignons donc, mes chers frères, craigrtons et appliquonsnous à nous-mêmes cette importante leçon de Tapotre, d'opérer notre salut avec tremblement. Craignons qu'après avoir été prêtres à l'autel , nous ne soyons les victimes de l'enfer; et qu'après avoir eu pouvoir sur le ciel et sur la terre , nous ne devenions les esclaves des démons. Pour prévenir ce I malheur, accordons.notre vie avec notre ministère, I et faisons répondre la piété de l'une à la sainteté de l'autre. Voulez- vous encore un précis et un abrégé de tous vos devoirs ? Le bienheureux Justinien nous l'a tracé en peu de mots : remportez-les avec vous , et méditez-les. Accédât sacerdos ad altaris tribunal ut Christus , assistai ut angélus , ministret ut sanctus , offerat vota populorum ul ponti/ex, interpellet pro pace ut mediator, pro se aufem exoret ut homo : Que le prêtre approche de l'autel comme Jésus-Christ, par sa puissance ; qu'il y assiste comme un ange, par son respect; qu'il y serve comme un saint , par la pureté de sa vie; qu'il y offre les vœux du peuple comme un pontife, par sa charité envers le prochain; qu'il y moyenne la paix comme médialeur, par son zèle pour la gloire de Dieu; et qu'il y prie pour luimôme comme homme, par son humilité et par la connaissance de ses fai))lesses. De cette sorte, non-seulement il ne sera pas condamné au jugement de Dieu, mais il ira continuer l'exercice de son pouvoir auprès du souverain juge, et il s'assiéra <«ur le tribunal qui lui est préparé, pour juger avec Jésus-Christ les douze tribus d'Israël. Il accompagnera ce Dieu sauveur dans sa gloire, et il re-

cevra de sa main la couronne d'imnkortalité , que je vous souhaite, etc.

EXHORTATION

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