‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 97 sur 408 · DONNÉ A JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

DONNÉ A JÉSUS-CHRIST

DEVANT LB GBAND-PBâTBE.

Hœc cum dixittet, unus ataiitena ministrarum dédit alapam JesUf dicen* : Sic respondes poiitijlci?

Jésus ayant parlé de la sorte , un des soldaU qui éUit à son cdlé lui donna un soufflet, en disant : Est-ce ainsi que vous répondez au grand prêtre? SAiirr Jean, chap. la.

Qu'avait donc répondu le Sauveur du monde, interrogé par le grand prêtre, et qu'avait-il dit qui méritât une si prompte punition et qui dût lui attirer un tel outrage? Anne lui demandait compte de sa doctrine; et pour la justifier devant ce pontife, il l'avait renvoyé à ses disciples, et voulait que sur ce point ils fussent appelés en témoignage. Était-ce là son crime, et fallait-il pour cela l'insulter et lui meurtrir le visage d'un soufllet? Mais, chrétiens, ne raisonnons point ici selon les lois de la justice : elles y sont toutes violées ; et le moyen que le bon droit eût quelque part dans un jugement où la passion domine, et l'une des plus violentes passions , qui est l'envie? Ce que nous devons uniquement considérer comme le sujet tout ensemble et de notre admiration et de notre imitation , c'est Tinvîncible constance du Fils de Dieu dans une conjoncture capable de déconcerter et de troubler l'homme le plus ferme et le plus maître de lui-même. Voilà ce qu'il avait prévu, et sur quoi il s'était déjà si clairement expliqué, quand il disait par la bouche de son prophète : Faciem meam nonavertlabincrepantibus, et conspuentibus in me (Isai., 60) ; Je n'ai point détourné mon visage pour me mettre à couvert des coups de mes ennemis, et de toutes les extrémités où ils se portaient contre moi. Voilà par où il a prétendu nous former nous-mêmes aux injures, et nous apprendre comment nous les devons recevoir. Leçon, mes chers auditeurs , si nécessaire dans le commerce de la vie! Recevoir les injures comme Jésus-Christ les a reçues , c'est-à-dire , les supporter et même les agréer : les supporter, en les recevant avec patience , et même les agréer, en les recevant avec joie : les supporter sans en poursuivre la vengeance et sans éclater ; et même les agréer, surtout en certaines rencontres, jusqu'à s'y exposer, et à les aimer. Que je m'estimerais heureux si je pouvais bien aujourd'hui vous imprimer l'un et l'autre d^ins

I»a SDR LE SOUFFLET DONNE A JÉSUS-CHRIST,

le coeur! Cest le dessein que je me propose, et tout le partage de cette exhortation.

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