DEUXIÈME PARTIE
Non, chrétiens, ce n'est point assez que l'exemple a Fils de Dieu fasse mourir dans nos coeurs tout mtiment de vengeance; je prétends qu'il y doit réduire quelque chose encore de plus ; Je prétends yi'ii doit nous préparer aux affronts, aux mépris, tout ce qu'il y a de plus sensible en matière d'honmr. Et pour vous mieux déclarer ma pensée , Test-ce, dans le sens où je l'entends, que de nous réparer à tout cela ? est-ce nous mettre dans la dis- )8ition d'endurer généreusement tout cela ? c'est op peu ; d'accepter de la main de Dieu , et volonirement tout cela? ce n'est point encore à quoi je m borne ; d'agréer tout cela , de J*honorer, d'en ûre gloire et de le rechercher? voilà le point où >iis devons tendre ; et que j'ose ici vous proposer wnme un point essentiel et souvent indispensable, n ne peut, ce semble, porter la perfection à un os sublime degré; mais après tout, la loi chrétienne I jusque-là, et cette perfection qui nous paraît si levée est , en je ne sais combien d'occasions qui présentent tous les jours, un précepte évangélique uneoblîgation. Développons cet articleimportant, donnons-lui tout l'éclaircissement nécessaire, In que vous le puissiez bien comprendre. Ainsi , par exemple, pour être déterminé, comme le dois être, à pardonner de bonne foi , et à m'inrdire toute vengeance; pour être prêt, en mille ncontres, à soutenir la cause de Dieu , et à la déndre ; pour m'opposer à des scandales que je vois litre à toute heure dans le commerce du monde , que ma charge, que ma dignité, que mon minisre m'engage à réprimer, autant qu'il est en moi qu'il dépend de moi ; pour me dégager de tant de (osidérations particulières, qui pourraient m'arrêr lorsqu'il s'agit de l'honneur de la religion et de s intérêts; en un mot, pour être dans une résoition inébranlable, quoiqu'il arrive, et quoi qu'on 1 puisse dire , de me comporter en chrétien , et de en pas démentir une fois la glorieuse qualité : >ur cela, dis-je , et pour bien d'autres devoirs dont détail serait inGni , combien y a-t-il de contradic- 0D8 , de chagrins , de retours fâcheux , de faux ju- Niients, de railleries, de médisances, de paroles grès, de reproches, enfin d'outrages à essuyer? r, le moyen de n'en être point ébranlé , si l'on n'est ma la disposition de les aimer pour Dieu, de les préer pour Dieu, de les honorer, de s'en glorifier Mir Dieu? Car voila comment la foi que nous pressons exige de nous les mêmes sentiments que inoignaient les apôtres lorsqu'on les calomniait. Ton les insultait dans les places publiques , et qu'ils I tenaient heureux d'endurer toutes sortes d'oprobres pour le nom de Jésus-Christ : Ibant gaumies a conspectu coneiiii, ^niam digni habiti
suntpro nomine Jnu carUumeiiam patL (JcL, 5.] Il est vrai, chrétiens , et je l'ai reconnu d'abord , que pour en venir là, il faut une vertu bien pure et bien généreuse, et c'est néanmoins une vertu nécessaire. Mais si la religion nous impose une loi si difficile, et si contraire aux sens et à la nature, elle a bien aussi de quoi nous en faciliter la pratique ; et sans parler des autres motifs qu'elle nous fournit , en est-il un plus puissant et plus capable de nous consoler dans les humiliations de la vie, et de nous animer, que le soufflet donné au Sauveur du monde, et, malgré toute l'ignominie qui y était attachée « désiré et recherché par cet Uomme-Dieu? Prenez garde, en effet, qu'il ne Ta reçu que parce qu'il l'a voulu recevoir : car il ne tenait qu'à lui d'arrêter le bras sacrilège de l'insolent qui le frappa. Non-seulement il n'a point voulu se défendre de cet outrage, mais il l'a souhaité, mais il s'y est disposé, mais il en a fait le sujet de ses vœux les plus ardents, et comme ses délices. D'où vient que le prophète Jérémie, parlant de ce divin Sauveur et de ses souffrances , se servait d'une expression bien propre et bien énergique, savoir, qu'il serait rassasié d'opprobres : 5aturabitur opprnbriU. {Lam,, S.) Une viande dont nous avons horreur, nous la rejetons; ou si le besoin nous force d'en user, du moins n'en prenonsnous qu'autant qu'il suffit selon la nécessité présente, e( rien davantage : mais que ce soit une viande à notre goût , nous la mangeons avec appétit, et même avec avidité, jusqu'à nous en remplir et nous en rassasier. Voilà comment notre adorable Maître s'est, pour ainsi dire, nourri de la oonfosion; voilà comment il en a contenté sa faim : Saturabitur. Or ce qui a été la nourriture d'un Dieu et l'objet de ses désirs, pour procurer la gloire de son Père et le salut des hommes, ne doit-il pas nous devenir respectable, nous devenir vénérable, nous devenir aimable , partout où la même gloire et le même salut se trouvent Intéressés?
C'est pour cela que les saints se sont réjouis d'être en butte aux persécutions et aux mépris du monde; et que bien loin de s'en offenser, ils les regardaient comme des faveurs. C'est pour cela que Saint Paul , qui sentait autant que personne, et qui connaissait le véritable honneur, puisqu'il était d'un sang noble et citoyen romain, se faisait néanmoins, ainsi qu'il Ta hautement et si souvent déclaré, un plaisir des affronts même les plus sanglants , PrapUr quod plaeeo mihi in cmiumeUis. (1. Cor, y 13.) Il ne disait pas seulement, Je me console, je me résigne, je me fortifie dans les outrages ; mais : Je m'y plais ; pourquoi? parce que mon Sauveur les a sanctifiés et me les a rendus précieux. Cest pour cela que David, tout roi qu'il était . dans la seule vue de ce mystère, je veux dire d'un Dieu si indignement et si violemment insulté , au Ueu àft iu\t \«& o^^t^x«^ >V.% ^•
SUR LE SOUFFLET DONNE A JESUSCHRIST
tendait, les demandait, les recevait avec actions de grâces et comme des bienfaits : Improperium exjtectavU cor nieum, {PscUm, 68.) Sémëi, l'un de ses sujets, le chargeait de malédictions et de reproches; mais ce prince en bénissait Dieu. Toute sa cour, justement irritée, voulait réprimer l'audace et la violence de cet emporté ; mais ce prince les retenait : Laissez-le, leur disait-il, c'est une humiliation que Dieu m'envoie, c'est un don de sa main, ne me l'enlevez pas. Qui pouvait inspirer à David un sentiment si peu ordinaire dans un roi , et même si opposé à toutes les raisons d'État ? Ah ! chrétiens, rien autre chose que la considération de son Dieu et de son Sauveur, qui se faisait déjà connaître à lui par les lumières de l'esprit prophétique, et qui en particulier lui révélait toutes les ignominies de sa passion. Il voyait ce Dieu de gloire, cette souveraine majesté, déshonorée par un soufflet; et à ce spectacle, touché d'un saint zèle : Hé! Seigneur s'écriaitil , qui craindrait après cela toutes les injures du monde, et qui ne les souhaiterait pas, puisque vous les prenez pour vous-même, et que vous en faites les apanages de votre adorable humanité ? Voilà pourquoi, mon Dieu, je les reçois, non plus précisément comme une épreuve de ma patience, car je n'ai plus en quelque manière besoin de cette vertu; mais comme l'accomplissement des vœux de mon âme, qui les attend et qui y aspire : Improperium expectavU cor meum. Prenez garde, chrétiens, à la raison qu'il en apporte : elle contient en abrégé tout le précis de la doctrine évangélique : Quoniam opprobriaexprobrantium tibi,ceciderunt super me {Psalm. 68) : C'est, mon Dieu, ajoutait-il, que tous les outrages qui vous ont été faits dans votre douloureuse passion, sont par avance retombés sur moi. C'est que j'y ai pensé attentivement, que je les ai considérés, et qu'en y pensant, qu'en les considérant, je les ai vivement ressentis moimême. Cest qu'ils ont fait sur mon cœur une impression de grâce, et que cette grâce, que cette impression divine m'a porté à les aimer : je ne dis pas seulement (c'est saint Augustin qui développe ainsi les paroles de ce prophète-roi , dans l'exposition du psaume soixantième) , je ne dis pas seulement , Seigneur, à les aimer dans vous, mais dans moi. Car lors même que c'est à moi qu'on s'attaque, et que par là les injures me deviennent personnelles, je les regarde néanmoins comme les vôtres , et les envisageant de cette sorte, comment ne les aimerais-je pas ? Oui , Seigneur, ce sont les vôtres, puisque vous les avez fait passer de vous en moi , et qu'après les avoir éprouvées d'abord, vous les avez fait rejaillir sur moi : Quoniam opprobria exprobrantium tibi, cecidenmt super me.
Il faut toujours convenir, mes chers auditeurs , qu'il n'y a que la religion , et que la religion la plus
sainte , qui puisse établir une âme dans une telle disposition ; et ne nous en étonnons pas : car il n'y a que la religion qui puisse nous faire rendre hommage aux opprobres d'un Homme-Dieu. Il faut convenir que ce n'est ni la chair ni le sang qui révèle ces grandes maximes et cette haute morale , mais le Père qui est dans le ciel , mais le Fils qui est descendu sur la terre, mais le Saint-Esprit qui réside en nous. Il faut convenir que c'est là comme le chef-d'œuvre de la grâce toute-puissante du Seigneur. Mais persuadons-nous bien encore une fois , et convaincons-nous fortement de cette vérité fondamentale , que sans cela l'on ne peut avoir l'esprit de Jésus-Christ, et par conséquent que sans cela même on ne peut être véritablement chrétien. C'est ce que toute l'Écriture nous annonce, et ce que chacun de nous doit s'appliquer à lui-même. Car voilà le point sur lequel je ne puis trop insister, et que nous ne pouvons trop méditer, qu'il est impossible d'être chrétien, et même simplement chrétien , si l'on n'est préparé de Gœnr à toutes les injures, puisqu'il y a mille occasions dans la vie ou, sous peine de damnation, on est obligé de s'y exposer pour l'acquit de sa conscience et la sûreté de son salut; qu'il est impossible que nous y soyons sincèrement préparés et de cœur , tandis que nous en conservons une aversion et une horreur volontaire; et qu'il n'est pas enGn possible que nous n'en ayons toujours le même éloignement et la même horreur, à moins que nous n'en concevions la juste estime qui leur est due, et que nous ne les aimions selon Dieu et en Dieu. Tout cela est d'une suite et d'une liaison nécessaires : pourquoi? parce que nous fuyons naturellement ce que nous n*aimons pas, et que nous n^aimons pas ce que nous n'estimons pas , et que nous ne pouvons estimer ce que nous jugeons vil et méprisable. C'est donc par l'entendement qu'il faut commencer d'abord, afin de former ensuite dans le cœur les vrais sentiments que Dieu exige de nous. Selon l'estime que nous ferons de tout ce qui s'appelle dans le monde injures et outrages, nous apprendrons plus ou moinsà les révérer et à les agréer.
Mais, dites-vous , comment estimerons-nous, et comment aimerons-nous ce qui nous rabaisse dans l'opinion des hommes, ce qui nous humilie et ce qui nous perd d'honneur, ce qui passe dans la société civile pour une tache et une flétrissure? J'en conviens : tant que nous le regarderons en soi, et que noos ne porterons pas plus loin nos vues, nous ne le trouverons jamais estimable : mais ce n*est point en soi que nous le devons considérer, c'est en Jésus-Christ, et par rapport à Jésus-Christ. Je veux dire que noos le devons regarder comme une portion des opprobres de Jésus-Christ, comme un état de ressemblance avec Jésus-Christ, comme une matière de sacrifice à Jésus-Christ , et comme un sujet qu'il nous four-
SDR LE SOUFFLET DONNE A JESUS^aiRIST.
nit de lui marquer notre attachemeot et notre constance. Or, sous ce regard , il n'y a rien de si outrageant et de si infamant , selon Tesprit du siècle , qui le nous devienne glorieux selon Tesprit de la foi , ît que nous n'embrassions comme un avantage pour lous et comme un bonheur.
Ceci néanmoins demande encore quelque expliîatioB , et cette doctrine que je vous prêche est si brt au-dessus de Thomme , que je ne puis trop vous a rendre intelligible , ni trop vous faire connaître >ù dans la pratique elle doit s*étendre, et où elle )eut se borner. Car, à quoi se réduit ce langage si ncoDiiuau monde, et que signifient ces expressions n nouvelles peut-être pour vous , et dont votre fai- !)lesse est étonnée : estimer les injures , aimer les injures , se réjouir dans les injures , recevoir de bon ^ les injures , et même avec plaisir? Je ne prétends pas vous faire entendre par là qu'il soit absolument nécessaire d'étouffer toutes les répugnances que nous y avons; je ne prétends pas que nous y devions Itre tout à fait insensibles, tellement qu'elles ne lous causent nulle altération , même involontaire, lal de ces retours intérieurs, nulles de ces peines iresque inséparables de notre humanité ; je ne p/éends pas que nous y trouvions un goût qui flatte e cœur, et qui soit conforme aux inclinations de la haïr. Je sais que les saints ont été jusque-là ; qu'ils mt si bien réprimé dans eux et fait mourir la nature, [ue toutes les insultes et tous les affronts n'étaient las capables de troubler un moment la paix de leur bme; qu'ils s'y étaient comme endurcis, ou pour oieux dire , qu'ils les goûtaient aussi sensiblement , lussi agréablement, aussi délicieusement, qu'un ssprit ambitieux goûte les vaines distinctions et les faux honneurs du siècle : je le sais, et combien Texemples en pourrais-je produire? Maisje ne puis ignorer aussi que ces vertus extraordinaires et sin- E^lières, que ces miracles de rhumiljté chrétieime, ne sont point d'une nécessité indispensable; et puisque je m'en tiens ici à la nécessité , je dis qu'estimer en chrétien lesinjures, les estimer, s'y complaire, c'est dans un esprit de religion , malgré tous les raisonnements du monde et malgré toutes les révoltes des sens, se croire heureux de participer aux ignominies du Fils de Dieu, surtout lorsqu'ils s'agit de la gloire de Dieu et de b défense de sa loi ; que c'est aimer mieux se voir méprisé, se voir moqué et raillé, se voir condamné et persécuté pour la justice , que il*être élevé et applaudi en commettant l'iniquité; que c'est être dans la résolution , et dans une forte résolution , de ne se départir jamais de la plus exacte vertu, soit par l'espérance d'un éclat mondain , soit par le dégoût d*une vie cachée et d'une condition obscure.
Ce n'est pas que le cœur ne soit alors bien combattu ; qu'il ne se trouve exposé à de violentes agita-
tions et à de grandes tentations ; que s'il s'écoutait lui-même, il ne franchît bientôt toutes les barrières qui l'arrêtent , ou qu'au moins H ne se laissât emporter aux reproches , aux dépits , aux saillies de la colère et à toutes ses vivacité. Ce n'est pas même qu'à des moments fâcheux et critiques , où toute sa force semble l'abandonner, il ne tombe dans l'abattement, dans l'ennui, dans la désolation et une défaillance presque entière : car voilà , quelque résolu et quelque déterminé qu'il puisse être, ce que lui fait éprouver malgré lui la passion. Mais au milieu de ces sentiments que la raison désavoue et où la volonté n'a point de part , au milieu de ces assauts , une âtne demeure toujours fixe et comme Immobile dans les mêmes principes , qui sont les principes évangéliques. Elle se dit toujours à ellemême , que c'est un bien et le souverain bien en cette vie , de pouvoir marquer à Dieu sa fidélité dans l'abjection. Elle se soutient par les paroles du Sauveur du monde à ses apôtres : On vous accusera, on vous calomniera , on dira de vous toute sorte de mal ; mais pour cela ne vous relâchez point dans l'exercice de votre ministère , et ne vous affligez point , puisque au contraire , vous devez vous en glorifier, et que vous en devez triompher de joie : Gaudete tt exultate. (Matth., 5.) Elle se nourrir de ces pensées si vraies et si consolantes , que la plus belle gloire d'un chrétien est de faire à Dieu le sacrifice de toute propre gloire : que si c'est le sacrifice le plus difficile, c'est aussi le plus méritoire pour l'éternité ; qu'une confusion soutenue pour une bonne cause et dans une vue si sainte , est iin fonds qui profite au centuple devant le Seigneur; qu'on ne peut mieux lui témoigner que par là son dévouement inviolable et la préférence qu'on donne à son devoir par-dessus toute autre considération; que s'il y a quelque amertume à ressentir d'abord , cette amertume se change bientôt dans une douceur solide, et quelquefois même très-sensible , dès qu'on vient à ou\Tir les yeux de la foi , ou à prendre la balance du sanctuaire, pour juger d'une injure qui nous est faite et de l'humiliation qui nous en reste. Tout cela , encore une fois, et mille autre réflexions que fournit à une âme , non l'aveugle prudence du siècle , mais une sagesse toute divine , la rassurent , la fortifient , la ramènent de ses premiers troubles et de ses premiers mouvements, la rétablissent dans le calme, et lui font goûter la paix au milieu de ce qui excite tant de guerres et tant de dissensions parmi les hommes.
Dieu , de sa part , ne lui manque pas , et autant que cette âme lui est fidèle , autant et plus encore se montre-t-ii libéral envers elle. Il fait couler sa grâce avec abondance ; et qu'y a-t-il de si |]ésagréable et de si rebutant que cette grâce ne puisse adoucir ? Avec l'onction de cette grâce, on est en état ,
SUB LE SOUFFLET DONNE A JESUSCHRIST
tendait, les demandait, les recevait avec actions de grâces et comme des bienfaits : Improperitan exjtectavit cor nieum. {Psalm. 68.) Sémëi, l'un de ses sujets, le chargeait de malédictions et de reproches; mais ce prince en bénissait Dieu. Toute sa cour, justement irritée, voulait réprimer Taudace et la violence de cet emporté ; mais ce prince les retenait : Laissez-le, leur disait-il, c'est une humiliation que Dieu m'envoie, c'est un don de sa main, ne me l'enlevez pas. Qui pouvait inspirer à David un sentiment si peu ordinaire dans un roi , et même si opposé à toutes les raisons d'État ? Ah ! chrétiens, rien autre chose que la considération de son Dieu et de son Sauveur, qui se faisait déjà connaître à lui par Ses lumières de l'esprit prophétique, et qui en particulier lui révélait toutes les ignominies de sa passion. 11 voyait ce Dieu de gloire, cette souveraine majesté, déshonorée par un soufflet; et à ce spectacle, touché d'un saint zèle : Hé! Seigneur s'écriaitil, qui craindrait après cela toutes les injures du monde, et qui ne les souhaiterait pas, puisque vous les prenez pour vous-même, et que vous en faites les apanages de votre adorable humanité ? Voila pourquoi, mon Dieu, je les reçois, non plus précisément comme une épreuve de ma patience, car je n'ai plus en quelque manière besoin de cette vertu; mais comme l'accomplissement des vœux de mon âme, qui les attend et qui y aspire : Improperium expectavU cor meum. Prenez garde, chrétiens, à la raison qu'il en apporte : elle contient en abrégé tout le précis de la doctrine évangélique : Quoniam opprobria exprobrantium tibi, ceciderunt super me {Psalm, 68) : C'est , mon Dieu , ajoutait-il , que tous les outrages qui vous ont été faits dans votre douloureuse passion, sont par avance retombés sur moi. C'est que j'y ai pensé attentivement, que je les ai considérés, et qu'en y pensant, qu'en les considérant, je les ai vivement ressentis moimême. Cest qu'ils ont fait sur mon cœur une impression de grâce, et que cette grâce, que cette impression divine m'a porté à les aimer : je ne dis pas seulemodt (c'est saint Augustin qui développe ainsi les paroles de ce prophète-roi , dans l'exposition du psaume soixantième) , je ne dis pas seulement , Seigneur, à les aimer dans vous , mais dans moi. Car lors même que c'est à moi qu'on s'attaque, et que par là les injures me deviennent personnelles, je les regarde néanmoins comme les vôtres , et les envisageant de cette sorte, comment ne les aimerais-je pas ? Oui , Seigneur, ce sont les vôtres, puisque vous les avez fait passer de vous en moi , et qu'après les avoir éprouvées d'abord, vous les avez fait rejaillir sur moi : Quoniam opprobria exprobrantium tibi, ceciderunt super me.
11 faut toujours convenir, mes chers auditeurs, qu*il n'y a que la religion, et que la religion la plus
sainte , qui puisse établir une âme dans une telle disposition ; et ne nous en étonnons pas : car il n'y a que la religion qui puisse nous faire rendre hommage aux opprobres d'un Homme-Dieu. Il faut convenir que ce n'est ni la chair ni le sang qui révèle ces grandes maximes et cette haute morale , mais le Père qui est dans le ciel , mais le Fils qui est descendu sur la terre, mais le Saint* Esprit qui réside en nous. Il faut convenir que c'est là comme le chef-d'œuvre de la grâce toute-puissante du Seigneur. Mais persuadons-nous bien encore une fois, et convaincons-nous fortement de cette vérité fondamentale , que sans cela l'on ne peut avoir l'esprit de Jésus-Christ, et par conséquent que sans cela même on ne peut être véritablement chrétien. C'est ce que toute l'Écriture nous annonce, et ce que chacun de nous doit s'appliquer à lui-même. Car voilà le point sur lequel je ne puis trop insister, et que nous ne pouvons trop méd iter, qu'il est impossible d'être chrétien, et même simplement chrétien , si l'on n'est préparé de corar à toutes les injures, puisqu'il y a mille occasions dans la vie ou, sous peine de damnation, on est obligé de s'y exposer pour l'acquit de sa conscience et la sûreté de son salut; qu'il est impossible que nous y soyons sincèrement préparés et de cœur, tandis que nous en conservons une aversion et une horreur volontaire; et qu'il n'est pas enûn possible que nous n'en ayons toujours le même éloignement et la même horreur, à moins que nous n'en concevions la juste estime qui leur est due, et que nous ne les aimions selon Dieu et en Dieu. Tout cela est d'une suite et d'une liaison nécessaires : pourquoi? parce que nous fuyons naturellement ce que nous n'aimons pas, et que nous n*aimons pas ce que nous n'estimons pas , et que nous ne pouvons estimer ce que nous jugeons vil et méprisable. C'est donc par l'entendement qu'il faut commencer d'abord, aûn de former ensuite dans le cœur les vrais sentiments que Dieu exige de nous. Selon l'estime que nous ferons de tout ce qui s'appelle dans le monde injures et outrages, nous apprendrons plus ou moins à les révérer et à les agréer.
Mais, dites-vous , comment estimerons-nous, et comment aimerons-nous ce qui nous rabaisse dans l'opinion des hommes, ce qui nous humilie et ce qui nous perd d'honneur, ce qui passe dans la société civile pour une tache et une flétrissure? J'en conviens : tant que nous le regarderons en soi, et que nous ne porterons pas plus loin nos vues , nous ne le trouverons jamais estimable : mais ce n'est point en soi que nousledevons considérer, c'est en Jésus-Christ, et par rapporta Jésus-Christ. Je veux dire que nous le devons regarder comme une portion des opprobres de Jésus-Christ, comme un état de ressemblance avec Jésus-Christ, comme une matière de sacriGœ à Jésus-Christ , et comme un sujet qu'il nous four-
SUR LE SOUFFLET DOININE A JESUS-CUBIST.
lui marquer notre attachemeot et notre cons- Or, sous ce regard, il n'y a rien de si outra- !t de si infamant , selon Tesprit du siècle, qui is devienne glorieux selon Tesprit de la foi , nous n'embrassions comme un avantage pour !t comme un bonheur, néanmoins demande encore quelque expli- , et cette doctrine que je vous prêche est si i-dessus de Thomme , que je ne puis trop vous ire intelligible, ni trop vous faire connaître is la pratique elle doit s*étendre, et où elle s borner. Car, à quoi se réduit ce langage si luau monde, et que signifient ces expressions velles peut-être pour vous , et dont votre faiest étonnée : estimer les injures , aimer les I, se réjouir dans les injures , recevoir de bon injures , et même avec plaisir? Je ne prétends us faire entendre par là qu'il soit absolument aire d'étouffer toutes les répugnances que ' avons; je ne prétends pas que nous y devions )ut à fait insensibles, tellement qu'elles ne uiusent nulle altération , même involontaire, ces retours intérieurs, nulles de ces peines le inséparables de notre humanité ; je ne p/épas que nous y trouvions un goût qui flatte ir, et qui soit conforme aux inclinations delà Je sais que les saints ont été jusque-là ; quMIs t>ien réprimé dans eux et fait mourir la nature, utes les insultes et tous les affronts n'étaient pables de troubler un moment la paix de leur qu'ils s'y étaient comme endurcis, ou pour dire, qu'ils les goûtaient aussi sensiblement, agréablement, aussi délicieusement, qu'un ambitieux goûte les vaines distinctions et les lonneurs du siècle : je le sais, et combien iples en pourrais-je produire? M ai s JB ne puis T aussi que ces vertus extraordinaires et sin- », que ces miracles de rhumiljté chrétieime, it poMit d'une nécessité indispensable; et puism'en tiens ici à la nécessité , je dis qu'estiichrétien lesinjures, les estimer, s'y complaire, ans un esprit de religion, malgré tous les raiments du monde et malgré toutes les révoltes ns, se croire heureux de participer aux igno- \ du Fils de Dieu, surtout lorsqu'ils s'agit de re de Dieu et de b défense de sa loi ; que c'est mieux se voir méprisé, se voir moqué et raillé, r condamné et persécuté pour la justice , que élevé et applaudi en commettant l'iniquité; est être dans la résolution , et dans une forte tion , de ne se départir jamais de la plus exacte soit par l'espérance d'un éclat mondain , soit dégoût d'une vie cachée et d'une condition •e.
l'est pas que le cœur ne soit alors bien comqu'il ne se trouve exposé à de violentes agita-
tions et à de grandes tentations ; que s'il s'écoutait lui-même, il ne franchît bientôt toutes les barrières qui l'arrêtent , ou qu'au moins H ne se laissât emporter aux reproches , aux dépits , aux saillies de la colère et à toutes ses vivacités. Ce n'est pas même qu'à des moments fâcheux et critiques , où toute sa force semble l'abandonner, il ne tombe dans l'abattement, dans l'ennui, dans la désolation et une défaillance presque entière : car voilà , quelque résolu et quelque déterminé qu'il puisse être, ce que lui fait éprouver malgré lui la passion. Mais au milieu de ces sentiments que la raison désavoue et où la volonté n'a point de part , au milieu de ces assauts , une âme demeure toujours fixe et comme immobile dans les mêmes principes , qui sont les principes évangéliques. Elle se dit toujours à ellemême , que c'est un bien et le souverain bien en cette vie , de pouvoir marquer à Dieu sa fidélité dans l'abjection. Elle se soutient par les paroles du Sauveur du monde à ses apôtres : On vous accusera, on vous calomniera , on dira de vous toute sorte de mal ; mais pour cela ne vous relâchez point dans l'exercice de votre ministère , et ne vous affligez point , puisque au contraire , vous devez vous en glorifier, et que vous en devez triompher de joie : Gaudete tt exultate, (Matth., 5.) Elle se nourrir de ces pensées si vraies et si consolantes , que la plus belle gloire d'un chrétien est de faire à Dieu le sacrifice de toute propre gloire ; que si c'est le sacrifice le plus difficile, c'est aussi le plus méritoire pour l'éternité ; qu'une confusion soutenue pour une bonne cause et dans une vue si sainte , est im fonds qui profite au centuple devant le Seigneur; qu'on ne peut mieux lui témoigner que par là son dévouement inviolable et la préférence qu'on donne à son devoir par-dessus toute autre considération; que s'il y a quelque amertume à ressentir d'abord , cette amertume se change bientôt dans une douceur solide, et quelquefois même très-sensible, dès qu'on vient à ouvrir les yeux de la foi , ou à prendre la balance du sanctuaire, pour juger d'une Injure qui nous est faite et de l'humiliation qui nous en reste. Tout cela , encore une fois, et mille autre réflexions que fournit à une âme , non l'aveugle prudence du siècle , mais une sagesse toute divine , la rassurent , la fortifient , la ramènent de ses premiers troubles et de ses premiers mouvements, la rétablissent dans le calme, et lui font goûter la paix au milieu de ce qui excite tant de guerres et tant de dissensions parmi les hommes.
Dieu , de sa part , ne lui manque pas , et autant que cette âme lui est fidèle , autant et plus encore se montre-t-il libéral envers elle. Il fait couler sa grâce avec abondance ; et qu'y a-t-il de siliiésagréable et de si rebutant que cette grâce ne puisse adoucir ? Avec l'onction de cette grâce, on est en état «
SUR LE SOUFFLET DONNE A JESUS-CHRIST
si j'ose le dire , d'affronter, pour Thonneur de Dieu, pour la défense de l'Eglise , pour le progrès de la religion, pour la pratique et l'observation de ses devoirs , tous les outrages et tous les opprobres. Plus il s'en présente , plus on s'écrie avecle prophète royal : Bonum mihi quia humiliatti me (Psalm. 118); Soyez béni. Seigneur, d'avoir permis que je fusse ainsi humilié , puisque je le suis pour vous. On se rend intérieurement et devant Dieu le même témoignage que se rendait le grand apôtre, et l'on dit avecla mémeconfîancequelui : A/aMidinuTy et benedicimus (1. Cor., 4); Nous sommes chargés de malédictions, et nous ne croyons pas devoir autrement y répondre que par des bénédictions et des actions de grâces : Blasphemamur, et obsecramus (Ibid. ); On prononce contre nous mille blasphèmes, et nous ne faisons entendre au ciel que des prières en faveur de nos calomniateurs , et que des vœux : Tanguant purgamenta hi^us mundifacti sumus (Ibid.) ; On nous regarde comme les derniers hommes du monde, et au lieu d'en concevoir de la peine , nous nous en félicitons nous-mêmes. Car, nous savons pourquoi l'on nous traite de la sorte, que c'est parce que nous sommes à Dieu, et que nous y voulons toujours être ; parce que nous ne voulons jamais sortir de l'obéissance qui est due aux commandements de Dieu , ni nous détacher de sa loi ; parce que nous employons l'autorité que nous avons reçue de Dieu à maintenir le bon ordre et la règle , r^uité et le bon droit, et que nous n'avons là-dessus ni ménagements, ni égards; parce que nous usons des talents que Dieu nous a donnés et du zèle que sa grâce nous a inspiré , pour attaquer le vico, pour combattre l'erreur, pour démasquer le mensonge et le détruire en le dévoilant. Or, être décrié pour cela, être pour cela noté dans le monde et marqué des plus noirs caractères , être exposé aux discours, aux satires, aux jugements les plus injurieux, aux traitements les plus iniques et les plus outrés, voilà notre consolation , voilà en quelque manière notre triomphe , voilà de quoi nous ne pouvons assez remercier le Seigneur qui nous éprouve , et sur quoi nous ne pouvons trop lui dire : Lsetati sumus pra diebus quibus nos humiliasti, aruds quibus vidimus mala. (Psalm. 89. )
Plaise au ciel , mes chers auditeurs , que vous soyez animés de cet esprit ! S'il ne vous porte pas jusqu'à vous réjouir dans les injures , du moins vous affermira-t-il contre une faiblesse bien ordinaire dans le christianisme , je veux dire, contre ce respect humain qui arrête tant de bonnes œuvres , et qui cause tant de désordres et tant de maux. Parce qu'on craint une parole, une raillerie , on néglige tous les jours ses obligations les plus essentielles; et souvent même on se laisse entraîner au «rime et à des dérèglements dont <m a d'ailleurs
horreur. On n'a pas la force de surmonter je ne sais quelle honte , et peut-être en avez-vous mille fois éprouvé les pernicieux effets. Mais voulons-noiu nou& affranchir de cette servitude, suivons le conseil de l'apôtre, par où je finis, et revenons-en toujours à l'exemple de notre Sauveur : AspUientes in auctoremfidei et consummatorem Jesum (Hebr,, 1 2) ; Attachons sans cesse nos regards sur ce Maître adorable, l'auteur et le consommateur de notre foi. Il en est l'auteur par sa sagesse et le consommateur par son amour. Il en est l'auteiur par sa doctrine toute sainte , et le consommateur par ses exemples tout divins. Il n'a point voulu séparer ces deux qualités , ni être l'auteur de notre foi sans en êure le consommateur; nnn-seulement afin qu'il ne nous vînt pas en pensée qu'il lui avait été bien fiidle d'en ordonner ainsi et d'établir des règles pour les faire garder aux autres sans les observer lui-même , mais surtout parce que la qualité de consommateur Jui a paru aussi glorieuse et aussi digne de lui que celle d'auteur : de sorte qu'il n'a pas cru devoir nous la laisser, mais qu'il l'a prise par droit de préférence; voulant bien que nous fussions les observateurs et les sectateurs de cette foi, mais se réservant la gloire d'en être le consommateur. Or, en quoi particulièrement et par où l'a-t-il consomma? saint Paul nous l'apprend et nous le marque en termes exprès : Qui , proposUo sibi gaudio , sustinuU crucem conjusione contempta (Ibid.) : c'a été en méprisant la confusion, en s'élevant au-dessus eteo la portant avec un courage et une consUnce iné- Lranlables. Mais oserais-je, grand apôtre, ajouter quelque chose à cette parole, et ne pourrais-je pis dire sans en altérer le sens, que ce n'a pas même seulement été par le méprisde la confusion, mais par l'amour de la confusion ? De là je ne dois pas espérer d'avoir jamais une foi bien ferme, ni une piété bien solide , tant que je me laisserai dominer par le respect du monde et par la crainte qu'il ne parle de moi, qu'il ne se tourne contre moi, qu'il ne lance ses traits sur moi. Mais du moment que je nie serai dégagé de cet esclavage, du moment que je ne rougirai point de mon Dieu et de mon devoir, c'est alors que je commencerai à être chrétien, et que marchant, s'il le faut, par la voie de la confusioo selon les fausses idées des hommes, je parviendrai à la vraie gloire, qui est la gloire éternelle, ou nous conduise , etc.
SUR LES FAUX TEMOIGNAGES, etc.
EXHORTATION
SDR LES FAUX TÉMOICNACES
BENDUS CONTRE JÉSUS^HRIST.
multi UsUmonium faUutn dicebant advenu» eum , et cowvenienUa iestinumia non erant.
Plosiean rendaient de faax témoignages contre Jéstis , et tous œs témoignages ne s'accordaient point. Saint Marc, cfaap. 14.
Le moyen que tous les témoignages passent convenir ensemble, puisqu'ils étaient contraires à la Térité , et qu'il n'y a que la vérité qui s'accorde bien avec elle-même, au lieu que l'imposture est tous les jours sujette à se contredire et à se démentir ? MentUa est iniguitas sibi. [Psalm, 26.) C'est ce que nous voyons dans ces faux témoins qui déposent contre Jésus-Christ, et qui se font ses accusateurs devant le tribunal de Caîphe , alors grand prêtre , et revêtu de l'autorité pontificale pour connaître de toutes les causes qui concernaient la religion. Ils allèguent bien des faits , ils produisent bien des preuves , ils s'étendent en de longs discours ; mais rien ne se soutient , et ce que dit l'un , l'autre le détruit, parce qu'ils ne sont inspirés, les uns et les autres , que par l'esprit de mensonge et par la passion qui les aveugle. Cependant Caîphe les écoute , lui qui devait, en juge équitable, réprimer leur audace; et les scribes, les pharisiens, les princes des prêtres , les anciens de la synagogue, tous assemblés pour délibérer avec le pontife, bien loin d'imposer silence à ees imposteurs et de les confondre, se déclarent en leur faveur, et deviennent les plus zélés à les exciter : Summi vero sacerdotes et omne concilium quœrebant adversus Jesum tesHmonium. (Màbc, 14.)
Voilà, chrétiens, quoique d'une manière en apparence moins odieuse, ce qui arrive encore chaque jour dans la société humaine et dans les conversations du monde. Il est vrai qu'on ne se porte pas communément à des calomnies atroces, et qu'il est moins ordinaire de vouloir, en parlant du prochain, lui imputer des crimes dont on le croit innocent ; mais du reste, est-il rien de plus commun dans le commerce des hommes, que de se déchirer mutuellement par de cruelles et d'injurieuses médisances? et toutes injustes, toutes criminelles qu'elles sont, en a-t-on quelques remords dans l'âme, et s'en fait-on quelque scrupule.^ Avec quelle liberté les débite-t-on! avec quelle facilité les écoute-t-on! Deux désordres dignes de tout le zèle évangélique , et contre lesquels je ne puis ici m'élever avec trop de force. C'est aussi de quoi je prétends vous entretenir. Désordre de la niédisance dans celui qui
la fait, et désordre de la médisance dans celui qui l'écoute. Désordre de la médisance dans celui qui la fait, et qui souvent ne se rend pas moins coupable que ces faux accusateurs, qui témoignent contre le Fils de Dieu : ce sera la première partie. Désordre de la médisance dans celui qui l'écoute, et qui souvent n'est pas moins condamnable que ce pontife et que tout son conseil , qui prêtent si volontiers l'oreille aux accusations formées contre le Fils de Dieu : ce sera la seconde partie. La matière est d'une extrême conséquence, et mérite toutes vos réflexions.