PREMIÈRE PARTIE
Pour éclaircir la première proposition que j'ai avancée, et qui, toute fondée qu'elle est sur les principes de la foi les plus solides, ne laisse pas d'avoir besoin d'explication, il faut d'abord en déterminer le sens et vous le faire bien comprendre. Quand donc je dis que le péché anéantit la valeur et le mérite de toutes nos bonnes actions, prenez garde, je ne dis pas que nos actions, bonnes d'elles-mêmes, en conséquence du péché ou dans l'état du péché , deviennent mauvaises et criminelles : ce serait une erreur grossière, autrefois soutenue par Wiclef, mais condamnée solennellement dans le concile de Constance. Non, chrétiens, quelque désordre que cause à l'âme le péché, sa malignité ne va pas jusque-là. Fussions-nous chargés devant Dieu de tous' les crimes, nous pouvons encore dans cet état faire des actions vertueuses, honorer Dieu, secourir les pauvres, obéir à nos supérieurs, pratiquer mille autres devoirs de piété et de justice. Non-seulement nous le pouvons, mais nous le devons, parce que l'état du péché ne nous en dispense pas ; et quoique alors Dieu nous considère comme ses ennemis , il nous commande néanmoins tout cela; et malgré cette qualité d'ennemis, il nous en récompense quelquefois , selon la doctrine de saint Augustin , par des prospérités et des grâces temporelles, comme il
SUR VtTM! DU PEGHÉ, »tc.
récompensa, dit ce Père, les vertus des Romains par i*empire et la monarchie du monde qu*il leur ^onna. Or Dieu, qui est juste et saint, n'aurait garde de nous commander ce qui ne pourrait être en nous que vicieux et corrompu : beaucoup moins nous en récompenserait-il, et bénirait-il une telle obéissance. D^où je conclus que dans Tétat même du péché nous pouvons donc &ire des actions honnêtes et louables : maximes de religion dont il ne nous est pas permis de douter.
Bien plus : quand je dis que nos bonnes œuvres dans rétat dépêché n'ont aucun méritedevant Dieu , ma pensée n'est pas que l'état du péché les rende absolument inutiles pour le salut. A Dieu ne plaise que je sois dans ce sentiment! je sais trop quel est sur ce point la doctrine du concile de Trente, et ce que toute la théologie nous enseigne. Jeûner, prier, faire des aumônes, mortifier sa chair lorsqu'on est séparé de Dieu par le péché, non-seulement ce sont des actions vertueuses, mais des actions surnaturelles et d'un ordre divin, qui disposentle pécheur à sa conversion , et qui lui servent de moyens pour retourner à Dieu iQuisscU $i convertatur et ignoscat? (JoNJB,3.} Qui sait, disait le prophète, si Dieu ne sera point touché de tout ce que vous faites , et si tout ce que vous faites ne Tobligera point à user envers vous de miséricorde? Toutes ces œuvres ont donc en effet quelque vertu pour nous réconcilier avec Dieu; et si Dieu, remarque Théophylacte , n'exauce pas les pécheurs jusqu'à faire en leur faveur des miracles, conformément à ces paroles de l'aveugle-né : Scimus qiUapeccatores Deus non audit (Theophtl. ), il faut toutefois convenir, ajoute ce savant interprète, que les pécheurs, à force de prières et de vœux, obtiennent tous les jours des secours de grâces qui les convertissent enfin , et qui opèrent dans eux ces changements de mœurs et de vie que nous admirons. Autrement le publicain de l'Évangile aurait inutilement prié, quand il disait : Seigneur, ayez pitié de moi qui suis un pécheur : Si peccatores Deus non audit, Jhistra Publicanus diceret : Deus propitius esto mihi peccatoH, ( Id.) Il est donc encore vrai que dans l'état du péché et dans la disgrâce de Dieu, on peut faire des œuvres qui comme des dispositions contribuent à nous rapprocher de lui et k nous sauver.
Mais, cette vérité ainsi supposée, voici ce que j'ai ensuite à vous déclarer : c'est qu'encore que l'état du péché n'exclue point toute action vertueuse, ni même toute action surnaturelle, il est pourtant de la foi que les actions, quoique vertueuses et même surnaturelles, faites dans l'état du péché, ne méritent rien pour le ciel ; que Dieu dans Tordre de la gloire ne leur a promis nulle récompense , qu'il ne nous en tiendra jamais compte dans l'éternité, et que du moment qu'elles ne sont pas mar-
quées du sceau de la grâce sanctifiante, ^Ilet ne nous donnent nul droit à l'héritage des enfants de Dieu, et à cette couronne de justice que Dieu, comme souverdn rémunérateur, réserve à ses élus. Ce qu'il y a de plus déplorable , c'est qu'elles ne recouvrent jamais ce mérite qu'elles ont une fois perdu : et lors même que nous rentrons dans la voie du salut, elles demeurent toujours stériles et infructueuses ; jusque-là que , quand nous serions du nombre des prédestinés, cène sera point pour ces actions, toutes saintes qu'elles ont été , que Dieu nous béatifiera; mais qu'elles seront toujours oubliées, toujours réprouvées, parce qu'elles n'ont point eu ce germe de vie qfii devait les animer, et les rendre agréables et méritoires. Voilà, chrétienne compagnie , le point important que j'ai à développer; et j'avoue d'abord que je ne puis assez admirer id la profondeur et la sévérité des jugements de Dieu. Car enfin, s*il était permis d'en juger selon les premières vues de la raison humaine, je ne m'étonne pas que les actions les plus éclatantes et les plus glorieuses selon le monde soient souvent tes plus indignes des récompenses de Dieu : pourquoi? parce qu'elles sont souvent les plus vicieuses dans leur fond. Combien de grands seront damnés pour les mêmes choses qui leur ont attiré l'admiration et les applaudissements des peuples ? On les louaitde leurs entreprises; et leurs entreprises, dit saint Augustin, étaient souvent des injustices énormes. Ils se rendaient célèbres par leurs conquêtes; et leuis conquêtes, ajoute ce Père , en parlant des héros du paganisme, n'étaient communément que des brigandages publics. Je ne suis point surpris que certaines vertus, qui sont en effet des vertus, et qui, comme telles, servent d'ornement et de lien à la société civile, l'honnêteté, la probité, la fidélité, l'éqaité dans le commerce, l'intégrité dans les jugements, la régularité dans les mariages, la modestie dans les succès, la force et la constance dans les malheurs, os soient ordinairement comptées pour rien devant Dieu ; parce que ce sont des vertus purement ho* maines , qui , de la manière qu'elles se pratîqaeot dans le monde, n'ont point la foi pour principe. Je conçois même ( ce qui arrive tous les jours ) com^ ment des actions chrétiennes, au moins en apparence , sont cependant rejetées de Dieu, parce qu'elles se trouvent corrompues dans l'intention et daosis motif; dévotions que la vanité soutient , ferveur de zèle que l'intérêt allume , exercices de pénitence et de bonnes œuvres dont l'hypocrisie se pare : voilà ce que je comprends. Mais que des actions vraiment religieuses et saintes dans toutes leurs circonstances, et à quoi il ne manque rien, hors qu'elles n'ont pas été faites dans l'état de la grâce, soient éternellement et absolument perdues, ah! mes chers auditeurs , c'est là ce qui me fait trembler ; et si nous
SUR L'ÉTAT DU PÉQIÉ, btc.
ivims peser les choses dans la balance dusanolaire , c'est par où nous devons connaître combien ! pécbé est un mal à craindre, et' quelles en sont îs funestes conséquences.
Or, Tarrét, chrétiens, en est porté dans TÉcriure , et saint Paul lui-même l'a prononcé. Non , mes îrères , disait-il , écrivant aux Corinthiens , quoi que e fiasse , et quoi que mon zèle m'inspire , si je ne ;uis en grâce avec Dieu et si je n*ai la charité de }ieu , c'est en vain que je travaille. Quand je par^ crais le langage des anges , quand j'aurais distribué DOS mes biens aux pauvres , quand j'aurais livré non corps au feu et que j'aurais souffert tous les oorments; quand je ferais des miracles et que j'auais assez de foi pour transporter les montagnes; ans la grâce et la charité qui raccompagne , je ne uis rien , et tout ce que je fais ne me sert à rien, iinsi parlait cet homme apostolique. D'où saint Ihrysostôme concluait ( ce que nous devons coulure nous-mêmes avec lui ) que Dieu donc a bien n horreur le péché , puisqu'un seul péché suffit pour aire disparaître à ses yeux et pour anéantir dans on estime ce qu'il y a d'ailleurs de plus héroïque t de plus grand. Car Dieu, dont la nature n'est ue bonté, et que toutes ses inclinations portent
nous faire du bien ; Dieu , qui , selon la doctrine es théologiens, se plaît à récompenser au delà u mérite, et qui ne punit jamais le péché autant ue le péché est punissable , ne réprouverait pas des ctions saintes en elles-mêmes, telles que sont les onnes œuvres du pécheur, si elles avaient la moinre proportion avec cette gloire qui doit être le prix 6 nos mérites. Il faut donc qu'elles en soient bien adignes, puisque Dieu positivement les exclut, et [a*ily ait de puissantes raisons qui l'obligent à exerer une si rigoureuse injustice.
Or quelles sont ces raisons? c'est ce que je vous rrie d'écouter. Première raison, tirée de l'état ou le la disposition habituelle du pécheur. Qu'est-ce |ue l'état du péché? Apprenez, chrétiens, ce que 'DUS êtes quand Dieu cesse d'être avec vous, et que ^ous cessez par le péché d'être avec lui. L'état du >ér.hé , répond le docteur angélique saint Thomas , !st proprement un état de mort. De là vient que le )écbé est appelé mortel , parce qu'il éteint en nous , a qu'il fait mourir, pour ainsi dire , la grâce et la charité, qui sont les principes de la vie. Spiritus ut qtd vivificat ( Joàn., 6) , disait le Sauveur du nonde : c'est l'esprit de Dieu qui vivifie , et qui nous »>mmunique à tous , en qualité de justes et d'enfants Je Dieu, une vie surnaturelle. Que fait le péché? [1 étouffe cet esprit, ou, pour parler plus exactement, il l'éloigné de nous; et par cette séparation, il réduit notre âme dans une espèce de mort plus terrible mille fois que cette mort naturelle qui nous cause d'ailleurs tant d'effroi. Mystère que l'apôtre
saint Jacques exprimait si bien , quand il disait que le péché, au moment qu'il s'accomplit, engendre la mort, Peccatum vero cum ctmsumnuUumfuerU, gênerai mortem. (Jàc, 1.)
Or Toilà , mes chers auditeurs , ce qui détruit d'abord tout le mérite des bonnes œuvres du pécheur : car comment, dans un état de mort, pourrait- il faire des actions de vie; et ne pouvant faire des actions de vie, comment pourrait-il mériter la plus excellente et la plus parfaite de toutes les vies, qui est la vie de la gloire? Comprenez, s'il vous platt, la force de cette raison. Tout ce qui est fait dans Dieu, dit sans Augustin, porte le caractère de la vie de Dieu ; car c'est ainsi qu'il interprète ces paroles de l'Évangile, Quodfactum est in ipso y vita erat ( Joàn. , 1 ) ; c'est-à-dire , que toutes nos bonnes actions, tandis que Dieu demeure en nous, et que nous demeurons en lui par la grâce, sont autant d'actions vivantes qui se rapportent à cette vie bienheureuse et immortelle que nous attendons. Mais dans l'état du péché nous sommes , pour parler de la sorte , hors de Dieu ; et comme Dieu est la vie de notre âme , elle ne peut, séparéede Dieu, opérer quedes actions de mort. Quelque résolution qu'elle prenne, quelque effort qu'elle fasse, quelque devoir qu'elle pratique, elle ne vit plus , et par conséquent il n'y a plus rien en elle qui soit rivant et animé; et parce qu'il est impossible que des actions mortes puissent jamais conduire à la vie , la récompense étemelle que Dieu nous prépare étant, selon le témoignage de Jésus-Christ, la souveraine et première vie , Hsec est autem vita œtema, ut cognoscani (e (Id., 17), il s'eïisuit qu'entre cette récompense et les plus saintes actions du pécheur, il ne peut y avoir de proportion. C'est donc dans cet état que l'on peut bien nous dire sans figure ce que l'ange de l'Apocalypse disait à un des premiers évêques de l'Église : Scio opéra ttsa, quia nomen habes quod vivas, et mortuus es. {Apoc.j 3. ) Je sais quelles sont vos œuvres; mais je sais au même temps de quel œil Dieu les regarde, et qu'elles ne peuvent être devant lui de nulle valeur. Vous satisfaites à vos devoirs, vous accomplissez votre ministère , vous avez de la religion , et vous en donnez même des marques publiques; mais avec cela vous n'êtes rien moins que ce que vous paraissez ; car on vous croit vivant, et vous êtes mort. Vos actions dans la substance sont les mêmes que celles des justes : vous priez comme eux, vous offrez à Dieu le sacnfice comme eux, vous exercez la miséricorde aussi bien qu'eux, et peut-être plus abondamment qu'eux; mais ce péché secret, dont votre conscience est infectée, gâte tout, corrompt tout, en sorte que vous n'amassez pas et que vous ne recueillez pas avec eux : pourquoi ? parce qu'étant mort, vous n'êtes plus conune eux en état de travailler pour cette vie future , qui doit être leur
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partage : Quia nomen habes quod vivas, et mortuus es.
Approfondissons encore cette pensée. Quel le est, selon les Pères de l'Église et les théologiens, l'essence du péché, et en quoi consiste sa malice? Les uns prétendent que le péché est quelque chose de positif et de réel ; et les autres , que ce n*est qu'un pur néant et une privation totale de la grâce. Saint Augustin s'est déclaré, ce semble, pour la première de ces deux opinions, et saint Bernard, pour la seconde. Mais, quoi qu'il en soit, ils sont convenus que si le péché n'était pas un néant , au moins avait-il la vertu d'anéantir l'homme en quelque manière, et de le réduire, par une espèce de destruction , à n'être plus rien dans l'ordre de la grâce. C'est ce que David confessa lui-même , quand il commença à ouvrir les yeux, et à découvrir le désordre de sa conduite. Il est vrai , Seigneur, dit-il à Dieu , que le péché a fait dans moi un prodigieux changement. Au moment que la passion qui m'a porté à le commettre s'est emparée de mon esprit et s'est allumée dans mon cœur, je me suis trouvé, par la plus malheureuse destinée, ou plutôtparunjusteabandon de votre grâce, réduit au néant : Quia inflammatum est cor meum, et renés mei commutât i sunt. Et ego ad nihilum redactus suMj et nescioL {Psalm. 72. ) Je ne le savais pas , ô mon Dieu ! mais enfin vous me l'avez fait connaître; et désormaisje n'envisagerai plus mon péché comme un simple mal , mais comme la source de tous les maux et l'anéantissement de tous les biens : Ad nihilum redactus sum. En effet, dit saint Augustin, n'être plus à Dieu, n'être plus pour Dieu, n'être plus, comme le pécheur, avec Dieu ni en Dieu , c'est même un état pire que de cesser absolument d'être. D'où vient que l'apôtre , pour exprimer la nature du péché, n'avaitpoint d'expression plus énergique et plus propre que celle-.ci : Si je ne suis en grâce auprès de mon Dieu , je ne suis rien : Si charitatem non habuero , nihd sum. (1. Cor., 13. ) Or d'un rien, reprend Guillaume de Paris , on ne doit rien attendre; et il y a de la contradiction que ce qui n'est rien soit capable de mériter. Car toute action présuppose Têtre; et dans un pécheur tout l'être de la grâce est anéanti. Cest encore ce que nous marque le prophète royal dans ces paroles du psaume soixante-quinzième : Dormierunt nomnum suîany et nihil invenerunt omnes viri divitiarumin manibus suis, {Psal. 75.) Les pécheurs, dit-il , se sont endormis : voilà l'assoupissement des consciences criminelles : et dans cet état il leur est arrivé ce qui arrive tous les jours à un homme qui dort. Tout pauvre qu'il est, il se figure quelquefois des richesses immenses dont il devient possesseur, il augmente ses revenus, il accumule trésors sur trésors : mais tout cela n'est qu'en idée; car à son réveil JJ se trouva les mains vides , et aussi pauvre I
que jamais : Et nihil invenerunt omnes viri dioitiarum in manibus suis. Il en est de même du pécheur. Le pécheur en pratiquant de bonnes œuvres croit s'enrichir devant Dieu, et cependant rien ne lui profite. II est assidu au service divin , il est diaritable envers les pauvres , il est dur à lui-même ; je le veux : mais , dans le sommeil du péché où il est enseveli , tout cela n'est qu'un songe ; et quand la mort vient, qui est comme le réveil de l'âme, il n'aperçoit rien dans ses mains : Et nihil invenerunt in manibus suis. Il ne doit pas s'en étonner, poursuit saint Jérôme; car, puisqu'en qualité de pécheur il est luimême réduit au néant , la raison veut qu'il ne trouve que le néant. Autrement le néant trouverait l'être; et, si j'ose ainsi parler, le plus abominable de tous les néants, qui est le péché, trouverait le plussaiot de tous les êtres , qui est Dieu.
Seconde raison fondée sur la nature du mérite. Ceci me paraît encore plus touchant. D'où pensezvous, mes chers auditeurs, que procède le mérite de nos bonnes œuvres , je dis ce mérite surnaturel qui les rend dignes de la gloire et de l'héritage céleste? Est-ce de la substance même de nos œuvres? Ce serait une erreur insoutenable de le présumer. Non, mes frères, dit saint Paul, ce n'est point sur ce fondement que nous devons établir notre espérance. Quelque sainteté qu'il y ait dans nos actions, nos actions, prises en elles-mêmes, n'ont rien qui les élève à ce degré d'excellence. Si elles méritent le royaume de Dieu , c'est parce qu'elles sont consacrées et comme divinisées par Jésus-Christ, qui eo est aussi bien que nous le principe, et qui , par l'étroite liaison qu'il y a entre lui et nous, se les rend propres et leur donne une heureuse fécondité. Voilà, dit l'ange de l'école, saint Thomas, d'où dépend tout le mérite des justes. Or pour cela il faut que nous soyons unis à Jésus-Christ par la charité; et pour user de la comparaison de Jésus -Christ même, il faut que nous lui soyons attachés comme les branches de la vigne à leur cep. Car il est le cep de la vigne, et nous en sommes les branches : Ego sum vitis, vos palmites, (Joan., 15.) Et comme les branches de la vigne séparées de leur cep ne portent ; aucun fruit et sont incapables d'en porter, ainsi ne | produirons-nous jamais un seul fruit de grâce et de salut, si nous ne sommes, selon le terme de Tapôtre, entés sur Jésus-Christ, In quo complaTUati facti sumus, {Rom,y 5.) Tandis que cetteunion subsiste , toutes nos actions tirent de lui une vertu pa^ ticulière; demémeTque les branches de la vigne tirent du cep à quoi elles tiennent le suc ou la sëve qui les nourrit. Maisôtez cette communication, nous devenons comme des sarments inutiles : Sicut palmes nonpotest ferre frucium a semetipsoy ita et foi niai in me manserîtis, (Joan., 15.) Or tel est votre état, chrétiens, dans le |>éché. Il vous détache de