‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 147 sur 256 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Je parle donc ici d'un homme du monde , qui vit dans le désordre du péché, mais qui n'a pas néanmoins renoncé à l'espérance de son salut ; qui demeure habituellement dans la disgrâce et dans la haine de Dieu , mais qui toutefois est bien résolu de n'y pas persévérer jusqu'à la mort; qui prétend enfin se convertir, mais qui ne le veut pas encore sitôt. Cela ne se peut, direz- vous, et, à prendre les choses moralement, ces deux volontés paraissent incom*

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patîbres. Peut-être, chrétiens, pourrait-on dire qu'elles le sont en effet; mais supposons qu'elles ne le soient pas ; et , pour la conviction entité des pécheurs, donnons-leur cet avantage, que ces deux volontés puissent s'accorder. Que fait un homme de ce caractère ? voici le premier fondement sur lequel il bâtit. Il s'assure du temps, et du temps de faire pénitence : deux clioses bien différentes, comme vous verrez. Je dis qu'il s'assure de l'un et de l'autre ; car s'il avait le moindre doute, ou qu'à l'instant que je vous parle il dût mourir, ou que dans ce qui lui reste de vie il ne dût jamais trouver un moment favorable pour sa conversion , dès là ou il tomberait absolument dans le désespoir, ou il conclurait qu'il doit sans retardement quitter son péché , et se remettre en grâce avec Dieu. Il faut donc, pour concilier ensemble et la volonté de se convertir et le délai de la conversion , qu'il se promette non-seulement un temps à venir, mais un temps propre à la pénitence. Or je vous demande s'il y eut jamais une témérité comparable à celle-là, et s'il en faudrait davantage pour comprendre d'abord la vérité de cette parole de l'Écriture ; savoir, qu'il y a une espèce d'enchantement, disons mieux, d'ensorcellement dans les esprits des hommes sur ce qui regarde les biens éternels. Écoutez-moi , s'il vous plaît, ou plutôt écoutez saint Augustin raisonnant sur cette matière.

De tout ce qui a rapport à l'homme, et de tout ce qui lui peut être nécessaire pour l'accomplissement des desseins qu'il forme, il n'est rien , dit saint Augustin , qui dépende moins de lui ni qui soit moins dans sa disposition que le temps futur : principe évident et incontestable ; d'où il s'ensuit que c'est donc un aveuglement extrême de se le promettre , et une présomption de s'en répondre. La conséquence est infaillible ; car enOn , s'assurer de ce qui n'est nullement en notre pouvoir, et sur cette assurance chimérique fonder ses prétentions, c'est ce qu'on traite dans le monde et ce qu'on doit traiter de folie. Il n'y a que l'affaire du salut oii nous en voulons autrement juger. Mais c'est justement dans l'affaire du salut que cette maxime générale, qui ne soMffre nulle exception , doit être particulièrement reçue , puisqu'il est vrai que ce qui passe dans le monde pour folie, le salut s'y trouvant mêlé, n'est plus une simple folie, mais l'excès et le comble de la folie. Or prenez garde, mes frères, ajoute saint Augustin, ceci mérite votre attention : des trois différences qui partagent le temps, c'est-à-dire du passé, du présent et de l'avenir, il n'y a proprement que le présent qui soit à nous , et sur quoi nous puissions compter. Et quand je dis le présent , je dis la plus petite partie du temps, quoiqu'elle soit la plus importante : car le passé a une vaste étendue , le futur est infini ; mais le présent n'est qu'un instant, qui

cesse d'être aussitôt que je l'ai conçu, et qu! s'écoule plus vite que je ne puis même l'exprimer. Et néanmoins c'est cet instant seul que j'ai pour aioii dire en mon pouvoir, dont il m'est libre de faire m bon ou un mauvais usage, et duquel par conséqueot je puis être certain. Le passé ne dépend pas de moi; car il n'est plus, et il est impossible qu'il soit jamais. Le futur est hors de mon ressort; car il n'est p» encore , et peut-être ne sera-t-il jamais. Il n'y a que le présent, qui subsiste dans sa manière de subsister, et que j'aie droit de mettre au nombre des choses qui m'appartiennent. Donc il n'y a que celui-là où je puisse me promettre , si je suis pécheur, de changer de vie et de me convertir; et , ce qui est plus rem»quable, c'est qu'il n'y a que celui-là où je me eon» vertirai si jamais je me convertis : pourquoi ? para qu'il est constant, poursuit saint Augustin, que tout ce qui se fait hors de Dieu se fait dans lo temps présent. C'est dans le présent que je vous parle, et c'est dans le présent que vous m'écoutez. Il y a pour chacune de nos actions un certain moment présent auquel leur être est borné , et sans lequel elles ne seraient rien. Cette pensée de saint Augustin est subtile , mais solide. Si donc je dois un jour me convertir, ma conversion, toute surnaturelle qu'elle est , étant du nombre et de la nature des actions humaines, il faut par nécessité qu'elle s'accomplisse dans le temps présent , et qu'il soit vrai de dire une fois, non plus Je renoncerai à mon péché, maisfy renonce: non plus Je penserai à mon salut, mais j'y pense ; non plus J'obéirai à Dieu et je me soumettrai à sa loi , mais je m'y soumets et je lai obéis.

C'est pour cela même que le grand apôtre, après avoir représenté aux Hébreux la déplorable et aveugle conduite de ceux qui temporisent avec Dieu; après leur avoir fait peser cette diVineparole : Hoàk si vocem ejus audieritis, nolite obdurare corda vestra {Psalm, 94) : Si vous entendez aujourd'hui h voix du Seigneur, n'endurcissez pas vos coeurs; après leur avoir mis devant les yeux l'exemple de leurs pères , qui , par leur obstination , s'étaient rendus mdignes d'entrer dans la terre que Dieu leur avait promise; après, dis-je, les avoir pressa sur ce point avec tout le zèle que sa charité luirnsfûrait, conclut par cet excellent avis , auquel je doute que vous ayez jamais fait réflexion : Fidèle ergo , Fratrès , ne forte sitin aliquo vestrum cor malum ù^ credulitatis dlscedendi a Deo vivo; sed adhortamini vosmetipsos per singulos dies, donec hodie cognominatur (Hebr., 3) : Craignez donc, mes frères , qu'il n'y ait en quelqu'un de vous un fonds ou d'incrédulité ou de malignité, qui l'éloigné du Dieu vivant; mais exhortez-vous sans cesse les uns les autres , tandis que dure ce temps que l'Écriture appelle ai/Jourd'htn, parce que vous devez être

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■suadés que ce qui s'appelle aujourd'hui est pour is le temps déë miséricordes du Seigneur : Donec die cognominatur. Voyez, reprend saint Chry^ rtAme , Fadmirable théologie de saint Paul : il udiorte pas les Hébreux à se convertir demain , à «liTTe les lumières de la grâce quand ils seront irai de certains embarras du siècle, ni à revenir leurs erreurs dans un certain terme qu'il aurait i leur marquer : pourquoi ? parce que son exhortion eût été vaine et même trompeuse ; car, en leur lant, convertissez- vous demain, il eût supposé le ce lendemain était assuré pour eux , et qu'ils étaient maîtres ; surtout que ce lendemain était opre à l'exécution des ordres de Dieu qu'il leur pifiait. Or, c'eût été une supposition fausse dans otes ses parties ; et bien loin de les instruire utiment , il leur eût dressé un piège. Mais que leur t-îl? Ah! mes frères, exbortez-vous les uns les rtres, pendant que vous êtes en possession de ce or présent , parce que ce jour présent vaut mieux mr vous que tous les siècles compris dans la irée infinie de Dieu ; parce que ce jour présent est seul point de l'éternité auquel vous ayez droit; ion mot, parce qu'il n'y a que ce jour présent où MIS poissiez sûrement et infailliblement opérer vo- "8 salut : Sed adhortamini vosmetipsos, donec odk cognominatur. Que fait donc le pécheur gui ifière, et qui ne se détermine jamais à prendre DUT sa conversion ce jour si important ; qui , dans indispensable nécessité où il est de réformer sa vie, ! rq^se toujours sur le lendemain; qui , voulant, 1 quelque sorte , composer avec Dieu , par le parge le plus injuste , donne toujours à Dieu le temps venir, et use du présent pour soi; c'est-à-dire >nne toujours à Dieu ce qu'il n'a pas et ce qu'il ne i peut donner, et ne lui donne jamais ce qu'il a , le temps dont il pourrait disposer pour lui en ire on sacrifice agréable; qui , dans l'intérieur de m âme, semble ainsi s'expliquer à lui : Seigneur, ) me demandez pas encore cette année , dont je m jouir tranquillement , et je vous en promets antres auxquelles je ne sais si je parviendrai jalals. Que fait-il encore une fois ce pécheur? Il lisonne, répond saint Grégoire de ?(azianze, et il irle en Insensé, puisque, outre l'injustice qu'il Dounet envers Dieu, il trahit ses propres intérêts i se contredit lui-même. Comment-cela? parce qu'il e veut jamais se convertir dans le temps où il le eut toujours, qui est l'heure présente ; et qu'il le eut toujours pour le temps où il ne le peut jamais, ni est le lendemain : car le lendemain , selon l'ingéieuse remarque de saint Augustin dont je vous ai éjà fait part , ne doit ni ne peut être le temps de sa inversion.

Mais encore pourquoi n'y est-il pas propre, et nelle qualité a-t-il si contraire à l'ouvrage du sa-

lut? Il n'en faut point d'autre que l'affreuse inceititude de son être et de toutes ses circonstances . car c'est une chose que nous devons bien observer, poursuit excellemment saint Augustin, que, quoique toutes les parties du temps soient de même espèce , le passé et le futur ont néanmoins, par rapport à nous, une opposition infinie; et qu'autant qu'il est vrai qu'à notre égard tout est déterminé dans le passé, autant sommes-nous convaincus que tout est incertain dans le futur. Incertain s'il sera, qui le peut garantir? incertain combien il durera, à qui Dieu l'a-t-il révélé? incertain quelle issue il aura, funeste ou heureuse, subite ou prévue : c'est un abîme d'obscurité. Je vous demande donc, chrétiens, un temps de cette nature esMl propre à la décision de la plus essentielle de toutes les affaires , qui est le retour à Dieu? Hé, mon frère, concluait saint Jérôme , que vous prenez mal vos mesures , de vouloir dans un temps incertain faire une pénitence certaine! car il faut, ajoutait-il, que vous soyez également persuadé de ces deux vérités : la première, qu'étant certainement pécheur, vous ne pouvez être sauvé que par une pénitence certaine; et la seconde, qu'une pénitence certaine ne se peut faire que dans un temps certain. N'est-il donc pas bien étonnant que vous vous proposiez dans le futur qui est l'incertitude même, une conversion telle que doit être absolument celle qui nous sauve, et dont dépend notre bonheur? Vous me répondrez (ceci est encore de saint Augustin) que Dieu, par le plus solennel de tous les serments , a promis à la pénitence la rémission et le pardon du péché; et il est vrai : mais en promettant la rémission et le pardon à votre pénitence , a-t-il promis à votre négligence et à vos continuels retardementsie lendemain que vous vous promettez à vous-même? Ferum dicis, quod Deus posnitentiœ lux indulgentiam promisit; sed dilationi tux numquid crastinum promisitf (AuG.) Car ce sont deux diverses grâces, et qui n'ont même rien de commun , de pardonner à l'homme qui déteste son péché, et de lui donner le temps de le détester : et quand Dieu s'est obligé à l'un , il ne s'est point engagé à l'autre. Vous me citez les prophètes , pour montrer que ce Dieu de miséricorde ne méprise jamais un coeur contrit et humilié; et ce n'est pas de quoi il s'agit, puisqu'on en demeure d'accord : mais dans quel prophète trouvez-vous que parce que c'est un Dieu de miséricorde il doive prolonger votre vie, afin que vous ayez le loisir de prendre un jour ces sentiments de contrition : Sed in quo propheta legis, quia quipromisit correcto gratiam, promisit et tibi longam ri/Gm?(Id.)Non, non, ne vous prévenez pas d'une si dangereuse erreur; car, pour vous en détromper, voici la conduite pleine de sagesse qu'il a plu à Dieu de tenir. Il a considéré dans le monde deux

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temps frappé à la porte de votre cœur, lassé de vos refus, il vous abandonnera enfin à vous-même, et il se retirera. Car c'est à vous que s'adressent ces admirables paroles de saint Paul : j4n (UvUias bonita- Us ^fus et patieniiœ et UmganimUatis contemnisf {Rùm,, 2) est-ce ainsi, mon frère, que, rebelle à votre Dieu, vous méprisez les richesses de sa bonté et de son infinie patience? Ignoras quoniam benignitas Dei adpœniieniiam te adducitf ( Ibid.) Ignorezvous que c'est cette charité de Dieu qui vous sollicite, qui vous invite , mais inutilement et sans effet, à une prompte conversion ? voilà le mépris que le pécheur fait de la grâce. Mais doutez-vous aussi, ajoute l'apétre, que par votre dureté et votre impénitencCr vous n'amassiez contre vous un trésor de colère pour le jour des vengeances et de la manifestation du jugement de Dieu? Secimdum autem duritiam tuam et impœnitens cor, thesaurizas tibi iram in die iras et revelaiionis justi judicii Dei (Ibid.) : voilà le mépris que Dieu fait du pécheur. Appliquons-nous ceci, mes chers auditeurs; l'un et l'autre ne nous convient que trop. Car nous voulons nous convertir dans un temps ou imaginaire ou réel , que chacun de nous se propose ; réel , si nous y parvenons ; imaginaire, si nous n'y parvenons pas : mais, quoi qu'il en soit , rien de plus injurieux ni de plus outrageant pour Dieu que ce dessein prétendu de conversion. En effet , nous voulons nous convertir quand nous serons rebutés du monde , ou plutôt quand le monde sera rebuté de nous; quand nous ne serons plus en état de goûter ses plaisirs ni d'aspirer à ses honneurs. Nous voulons nous convertir quand les revers de la fortune et les disgrâces de la vie nous y forceront, quand l'hypocrisie même du siècle nous y portera, quand elle nous en fera un intérêt , quand il n'y aura plus rien de meilleur pour nous , je dis de meilleur dans les vues même de l'amour-propre. Vous en particulier, femmes mondaines, vous voulez vous convertir quand vous aurez cessé de plaire à ces sacril^es adorateurs qui vous idolâtrent ; quand l'âge aura efiacé ce qui vous les attachait ; quand le dégoût de vos personnes vengera Dieu, pour ainsi dire, du sacrilège encens qu'on vous aura prodigué, et que vous aurez reçu avec tant de complaisance. Enfin, mes chers frères, nous voulons nous convertir quand nous ne pourrons plus nous en défendre, quand le glaive de Dieu nous poursuivra, quand une violente maladie nous aura conduits aux portes de la mort, quand par le nombre des années nous ne serons plus maîtres de réparer le passé et de travailler au présent, quand la faiblesse de la nature servira de pré* texte à nos lâchetés et de voile à notre impénitence, quand nous n'aurons plus rien à offrir à Dieu , et que nous serons presque dans une impuissance absolue de faire quelque chose pour lui : car ne sont-ce pas fà les projets de la prudence humaine? Et sans

rien dire ici des risques terribles que nous cooroof par là; n'ayons égard qu'au seul intérêt de Dieu et au mépris que nous faisons de sa grâce. En véritéi mes chers auditeurs , ces projets de conversion conviennent-ils à une créature qui n'a pas tout à fait perdu l'idée de Dieu? Est-ce traiter Dieu en Dieu? Se contentera-t-il que nous lui donnions les restes du monde? qu'après nous être lassés dans la voie d'un libertinage opiniâtre, nous venions à lui présenter un coeur infecté de vices et de passions, un corps usé de débauches, un esprit corrompu de fiasses maximes ? Non sans doute , et pour l'honneur de sa grâce dont il est jaloux , il saura punir ce mépris, et comment? apprenez-le. Car si nous l'en croyons lui-même, après que nous l'aurons ainsi ootr^il nous rejettera ; nous le chercherons , et nous ne le trouverons plus; nous voudrons être à lui ,,et il ne voudra plus être à nous; ou plutôt, nous ne pourrons plus même le vouloir, parce que nous ne Tauronspas voulu quand il nous était facile de le pouvoir. Nous ne laisserons pas d'être persuadés plus que jamais qu'il faut enfin nous déterminer, qu'il n'est ' plus temps de remettre cette conversion dont nous verrons malgré nous que le terme expire; mais qtd sait si Dieu se tournant contre nous ne nous dira point alors comme à ces juifs dont il est parlé sa premier chapitre d'Isaîe : Retirez-vous, et ne paraissez point devant mes autels pour me faire une offrande indigne de moi; je ne vous connais plm, et vos sacrifices me sont à charge. Comme Roi des siècles , et Monarque étemel , je voulais les prémices de vos années; je voulais ces années de prospérité qui furent pour vous des années de dissolution ; je voulais ces années de santé que vous avez consumi§e8 dans le repos oisif d'une vie molle et paresseuse; je voulais cette jeunesse dont vous avez fait le scandale de tant d'âmes; je voulais cet âge mûr qui s'est passé dans les intrigues de votre ambition démesurée : vous avez sacrifié tout cela au monde, et vous l'avez fait dans l'assurance que ce serait assez de m'en offrir quelques débris ; et moi je vous dis que ces oblations me sont odieuses, et qu'il est de ma gloire de les réprouver : Solemnitates vestras odfvit anima mea :facta simtmihi molesta, laboravi sustinens. (Isai., 1. ) Ainsi parlait le Seigneur, et ainsi se comporte-t-il tous les jours à l'^rd de cer tains pécheurs , après les délais criminels quils oot apportés à leur conversion.

J'ai dit de plus , que s'assurer de la grâce en différant sa conversion, c'était combattre Dieu par ses propres armes , et se servir de sa fidélité et de sa miséricorde contre lui-même. Pourquoi cela? Ne le voyez- vous pas, chrétiens? Pécher contre Diea, parce que Dieu est bon ; ne cesser point de Toutrager, parce qu'il ne se lasse point de nous supporter; dire. Je ne veux pas encore chaqger de vie , parce

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docile à la voix de Dieu ? voui sortirez de cette pré« dication avec quelques bons désirs, mais désirs va« gués et sans conséquence. Vous sentirez bien que Dieu vous aura visité, mais sa visite, par l'endur* asseoient de votre coeur, n*aura pas Teffet quii pré* tendait. On ne dira pas de vous que vous ne Taviez pas connue; mais on pourra dire que la connais-^ sant , vous en aurez abusé. Enfin si votre conscience vous presse, après avoir cherebé de vaines raisons pour colorer votre lâcbeté; après avoir allégué toot ce que peut inventer la prudence chamelle; après vous être défendu par mille prétextes d'afiEsires qui vous occupent, et d'engagements que vous ne croyez pas encore pouvoir surmonter, vous renverrez à un autre temps ce qui doit avoir la préfiârenee dans tous les temps, savoir, votre conversion. Et parce que pour Taccomplir il faut un jour de salut , et que dans les principes de la théologie il n'y a qu'une grâce, Je dis une grâce privilégiée, qui puisse faire ce jour de salut , en vous assurant de ce jour vous vous assurerez de cette grâce; et c'est ce que j'ai à combattre dans la seconde partie.

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