LE DEVOIR DES PÈRES PAR RAPPORT .A VOCATION DE LEURS ENFANTS
isU mater ejiu ad illum : Fili , guidfeciêH nohû He ? lier tuus et ego , dolentes quénebamtu te. Et ait ad Qmd est quod me qumtbatis? neseiebaOs, quia m us Patrie met suHt, oportet me esse ? Bt ipsi non mmnt veràum quod loeutusestad eos,
en de Jésus-Christ lui dit : Mon fils, pourquoi en aTez- ■é de la sorte arec nous7yotre père et moi nous vous Ions avec beaucoup dinquiétude. n leur répondit : loi me cheichies-TOUs? ne saves-TOUs pas quil faut m'emploie aux choses qui regardent mon Père? Et ils iprirent pas ee qu'il leur dit. SAiirr Lvc , ebap. 3.
tt la réponse que TEnfant Jésus fit à Marie, i*après ravoir cherché pendant trois jours , elle
le trouva dans le temple de Jérusalem. Réponse qui pourrait nous surprrâdre , et qui peut-être nous paraîtrait trop sévère et trop forte , si nous ne savions pas qu*elle fut toute mystérieuse. Car le Fils de Dieu, dit saint Ambroise, reprit sa mère en cette occasion, parce qu*elle semblait vouloir disposer de sa personne , et s*attribuer un soin qui n'était pas de son ressort. Ainsi l'a pensé ce saint docteur; mais comme cette opinion, chrétiens, n'est pas tout à fait conforme à la haute idée que nous avons tous de l'irrépréhensible sainteté de la Mère de Dieu adoucissons la pensée de saint Ambroise, et contentons-nous de dire , que dans Fexemple de Marie , le Sauveur du monde voulut donner aux pères et aux mères une excellente leçon de la conduite qu'ils doivent tenir à l'égard de leurs enfants, surtout en ee qui regarde le choix de l'état où Dieu les appelle. Ce sujet, mes chers auditeurs, estd'une conséquence infinie; et, tout borné qu'il paraît, vous le trouverez néanmoins dans l'importante morale que je prétends en tirer, si général et si étendu , que de toute cette assemblée, il y en aura peu à qui il oe puisse convenir, et qu'il ne puisse édifier. Il est bon de descendre quelquefois avpc conditions particulières des hommes , pour y appliquer les règles universelles de la loi de Dieu. Or c'est ce que je Cals aujourd'hui. Car en expliquant aux pères et aux mères ce qu'ils doivent à leurs enfants, et aux enfants ee qu'ils doivent à leurs pères et à leurs mères, dans une des plus grandes affaires de la vie, qui est celle de la vocation et de l'état, je ferai comprendre à tous ceux qui m'écoutent ce que c'est que vocation , quelles maximes on doit suivre sur la vocation, ce qu'il &ut craindre dans ce qui s'appelle vocation, ce qu'il y faut éviter et ce qu'il y faut rechercher. Nous avons besoin pour cela des lumières du Saint- Esprit : demandons-les par l'intercession de sa divine épouse. ^t;e, Maria.
N'es^il pas étrange, chrétiens, que Marie et Joseph , comme le remarque saint Luc dans les paroles mêmes de mon texte, ne comprissent pas le mystère, et n'entendissent pas le Fils de Dieu, quand potir leur rendre raison de ce qu'il avait &it dans le temple, il leur dit que son devoir l'obligeait de vaquer aux choses dont son Père l'avait chargé? Que Joseph n'ait pas tout à fait pénétré le sens de cette réponse , j'en suis moins surpris ; car tout éclairé qu'il pouvait être par les fréquentes et intimes communications qu'il eut avec Jésus-Christ, il n'était pas nécessaire qu'il connût tous les mystères de l'incarnation divine. Mais ce qui doit nous étonner, c'est que Marie, après avoir reçu la plénitude de toutes les grioes et de toutes les lumières célestes, après avoir conçu dans son sein le Verbe incamé , ait paru ignorer un des points les plus essentiels de la mission de cet Homme-Dieu et de son avènement sur
la terre. Ne nous arrêtons point, mes chers auditeurSf à éelairdr cette difficolté, et laissons aux interprètes le soin de la résoudre. Voici ce qui doit encore plus nous toucher, et ce qui demande, s'il vous platt, une réflexion toute particulière. En efifet, si Marie et Joseph ne comprirent pas ce que leur disait le Sauveur des hommes touchant les emplois où il était appelé de son Père , n'est-il pas vrai que la plupart des pères et des mères dans le christianisme n'ont jamais bien compris leurs obligations les plus indispensables par rapport h la disposition de leurs enfants et en matière d'état et de voeation? Il est donc d'une extrême importance qu'on les leur explique, et voilà ce que J'entreprends dans ce discours. Prenez garde, je vous prie : je ne veux point entrer dans l'intérieur de vos &milles; je ne viens point vous donner des règles pour les gouverner en sages mondains. Vous me diriez , et avecraison , que cela n'est pas de mon ministère ; mais s'il y a quelque chose dans le gouvernement de vos familles où la religion et la conscience soient intéressées , n'est-ce pas à moi de vous en instruire? Or je prétends qu'il y a deux choses que vous ne savez point assez , et qu'il vous est néanmoins , non-seulement utile , mais d'une absolue nécessité de bien apprendre. Écoutez-les. Je dis qu'il ne vous appartient pas de disposer de vos enfants en 6e qui regarde leur vocation, et le choix qu'ils ont à faire d'un état. Et j'ajoute toutefois que vous êtes responsable à Dieu du choix que font vos enfants, et de rétat qu'ils embrassent. Il semble d'abord que ces deux propositions se contredisent, mais la suite vous fera voir qu'elles s'accordent parfaitement entre elles. Dieu ne veut pas que de vous-même et de votre pleine autorité, vous déterminiez à vos enfants rétat où ils doivent s'engager; c'est la première partie. Et Dieu cependant vous demandera compte de rétat où vos enfants s'engagent; c'est la seconde. Toutes deux feront le partage de cet entretien et le sujet de votre attention.