SUR LE DEVOIR
qu*il a sar les espnts. Un père sur la terre peut fisposer de l'éducation de ses enfants, il peut dispoeer de leurs biens et de leurs partages; mais de leurs personnes, c'est-à-dire de ce qui porte avec soi engagement d'état, il n'y a que tous, ô mon Dieu, disait le plus sage des hommes, Salomon, il n'y a que vous qui en soyez l'arbitre : c'est un droit qui vous est réservé : Tu autem cum magna rêvertnHa (Usponis nos, {Sap,, 12.) Expression admirable , et qui renferme un sentiment encore plus digne d'être remarqué : cum magna reverentia. Car c'est comme s'il disait : Vous n'avez pas voulu , Seigneur, que cette disposition de nos personnes fût entre les mains de nos pères temporels , ni qu'ils en fussent les maîtres. Vous avez bien prévu qu'ils n'en useraient jamais avec les égards, ni avec le respect que nos personnes méritent. Et en effet, mon Dieu , nous voyons qu'autant de fois qu'ils s'ingèrent dans cette fonction , c'est toujours avec des motifr indignes de la grandeur du sujet et de la diose dont il s'agit. Car il s'agit de pourvoir des âmes ehrétiennes, et de les établir dans la voie qui les doit conduire an salut; et eux n'y procèdent que par des vues basses et chamelles, que par de vils Intérêts, que par je ne sais quelles maximes du monde corrompu et réprouvé : se souciant peu que cet enfant soit dans la condition qui lui est propre , pourvu qu'il soit dans celle qui leur plaît , dans celle qui se trouve plus conforme à leurs fins et à leur anriiNtion; ayant égard à tout, hors à la personne dont ils disposent; et par un désordre très-criminel et très-commun, accommodant le choix de l'état, non pas aux qualités de celui qu'ils y engagent, mais aux désirs de celui qui l'y engage. Or n'est-ce pas là blesser le respect dû à vos créatures, et surtout à des créatures raisonnables? Mais vous. Seigneur, qui êtes le Dieu des vertus, Tu autem daminator vMuUs {Sap.j 13) , vous nous traitez bien plus honorablement. Car disposant de nous, vous ne considérez que nous-mêmes; et à voir comment en use votre providence, on dirait, en quelque sorte, qu'elle nousrespecte. Cum magna reoerentiadisponis nos. Concluons donc chrétiens , que c'est de Dieu seulement que doit dépendre et que doit venir notre destinée par rapport aux différentes professions de la vie. Et pourquoi pensez-vous, demande saint Bernard , que tout ce qu'il y a d'états dans le monde , qui partagent la société des hommes, soient autant de vocations, et portent en effet le nom de vocations? Car nous disons qu'un tel a vocation pour le sfèele et un tel pour le cloître, un tel pour la robe et un tel pour l'épée. Que veut dire cela, sinon que cbacnn est appelé à un certain état que Dieu lui a marqué dans le conseil de sa sagesse? Pourquoi les Pèr«s de rÉglise , dans leur morale , ont-ils regardé eomme une offense si griève, d'embrasser un état