‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 164 sur 256 · SUR L'ÉTAT DU MARIAGE · texte numérisé non relu

SUR L'ÉTAT DU MARIAGE

Nuptim/aeim mnt in Cana OàHUm : et erat maUrJuu <èft: voetUui^ett ouiem et Jetue, et éiteipuU ^ftw, ad nuptitu.

n<y eut da doom à Cana en GaHIée , et la mère de Jésni s'y treuTa^ lénit Ait anaal invité aux nooet avec lei diadplei. Saint JsAUfCbap^.s.

Non^seulement il y fut invité, chrétiens, mais il y assista-; et en y assistant, il les approuva, il les honora, il les sanctifia , il en bannit les désordres, et déjà il prit des mesuses pour les consacrer dans l'Êfl^pai l'iBstituttond'ua sacrement. Ce ne fut donè- point en vain, ni sans dessein, qu'il y voulut être appelé, Focatui esh mUem et Jésus; car c'est delà, disent les Pères, que vient la sainteté du mariage ; el si l'on n'y appelle Jésus-Christ, il n'y a plus rien dans cet état que de poofane , ni rien qui le relève. Mais je dis de plus , et je prétends qu'il ne suffit pas que Jésus-Christ y soit appelé par les hommes, si Ton n'y est d'abord appelé par Jésus^Christ même. Cest-à-dire, mes chers auditeurs , que la grâce de la vocation par où Dieu vous sanctifie pour entrer dans Fétat du maciage, dois précéder la prière^ et commo Tinvitation par où vous voulez engager Dieu à s'intéresser dans le sainte alliance que vous contractez, et à la bénir : prière inutile, sans cette vocation divine. Mais ai c'est Dieu qui vous appelle , et qu'ensuite vous appeliez Dieu , voilà le Aiodèle paifait et la véritable idée d'un mariage chrétien. Cest aussi l'importante matière dont j'entreprends aujourd'hui de vous entretenir; et parce que je n'i-

gnore pas à quels écueils mon sujet m'expose, j'tf recours à Dieu. Je m'adresse à lui comme le prophète, et je lui demande qu'irmette une gardeà ma bouche, et qu'il ne laisse pas prononcer à ma langue une parole dont la malignité du siècle pulsM abuser. Implorons encore le secours et l'intemssion de Marie , en lui disant, Ave.

Saint Augustin parlant du mariage dans on excellent traité, et rapportant tous les avantages et tous les biens dont Dieu a pourvu cet état, les réduit à trois principaux : à l'éducation des eaftnts, qui en est la fin; à la foi mutuelle et conjugale, qui en est le noeud; età la qualité de sacrement, qui en fait comme l'essence dans la loi de grAoe : Bomtm haberU nuptiœ, et hoc tripartUum, proies, Jldes, sacramentum, (Aug.) Ce sont ses paroles, répétées en divers endroits des ouvrages déco Père. Et en efifet, c'est un bien pour les hommes que Dieu, par ]'institution> d'un sacrement, ait établi des alliances entre eux, et qu'il ait élevé ces alliaDces à un ordre surnaturel, par une grâce dont Ut sont eux-mêmes les ministres. De plus, ce n'est pas on avantage peu estimable pour ime personne engaiçée dans le mariage , de penser qu'une autre personne sur la terre lui est obligée de sa foi , et que ne lui étant riendans l'ordre de la nature, ni selon la proximité du sang, elle ne laisse pas de lui devoir tout: amour, respect , complaisance , fidélité. Enfin je prétends que c'est un bonheur aux pères et aux mères que Dieu les ait choisis pour lui élever dans le mariage des enfants, e'es^àHdire, des serviteurs dont il soit glorifié^ et des sujets qui amplifientsoa Église. Voilà donc trois grandes prérogatives da mariage : c'est un sacrement, c'est le lien d'une mutuelle société, c'est une propagation légitime des enfants de Dieu. Tout cela est vrai , chrétiens; mail ne pensez pas que ce soient des biens tellenient gratuits, qu'ils ne soient accompagnés. d'auennes charges : car voici l'idée que vous vous en devez fo^ mer, et que je vous prie de comprendre, parce que j'en vais faire le partage de ce discours. De ces trois sortes de biens résultent par nécessité, des devoin de conscience et des obligations Indispensables i remplir dans le mariage (ce sera la première partie); des peines très-difficiles et très-fâcheuses à supporter dans le mariage <ce sera la seconde); et des dangers extrêmes, par rapport au salut, à éviter dans le mariage (ce sera la troisième). Or Je soutiens qu'on ne peut ni satisfaire à ces obligatioDS, ni supporter ces peines , ni se présenter de ces dangers, sans la grâce et la vocation de Dieu. D'où je conclus qu'il n*y adonc point d*état parmi les hommes, ou cette vocation divine soit plus nécessaire. C'est tout le siij.et de^ l'attiention favorable que je vous demande*

SUR UÉTAT DU MARtÂGE.

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