LE LUNDI DE LA PREMIÈRE SEMAINE
SUR LE JUGESEirr DEaNlER.
Sujet. Quand le Fils de l'homme viendra dans réclat de sa majesté et tous les anges avec lui , alors il s*assiéra sur son trône, et toutes les nations se rassem» bleront devant lui.
Nous reconnaissons deux avènements de Jésus-Christ; car il est déjà venu ce Dieu- Homme dans le mystère de son incarnation , et il doit encore venir au jour terrible de son jugement universel, dont j'ai à vous parler dans ce discours, et dont je veux vous faire connaître la rigueur par la ri* gueur même de certains jugements que vous craignez tant sur la terre , et que vous avez dès maintenant à subir dans la vie.
Division. Nous avons dès mamtenant dans la vie deux sortes de jugements à subir : ceux que les hommes font de nous, et celui que nous faisons de nous-mêmes. De là je. lire deux conjectures de hi rigueur du jugement de Dieu. En deux mots , le monde nous juge , et combien craignonsnous les jugements du monde? premier préjugé de la rigueur du jugement de Dieu : première partie. Nous nous jugeons nous-mêmes , et rien ne nous trouble davantage que ce jugement de notre conscience : second pr^ugé de la rigueur du jugement de Dieu : deuxième partie.
Première partie. Nous craignons les jugements du monde, et nous en craignons surtout : 1. la vérité; 2. la Uberté ; 3. la sincérité ; 4. la sévérité ; 5. l'uniformité. Tout cela, autant de conjectures de l'extrême rigueur du Jugement de Dieu , et autant d'épreuves sensibles par où Dieu semble déjà nous y disposer.
Quelque force d'esprit que nous aflections, nous craignons les jugements du monde. De là vient que nous sommes si mortifiés quand la censure du monde nous attaque personnellement ; et si nous savions en bien des rencontres ce'qu'on pense et ce qu'on dit de nous, nous en serions outrén de douleur. Or, cette cramte des jugements des hommes doit nous élever à la crainte du Jugonent de Dieu. Car nous devons nous dire à nous-mêmes. Si je crains tant d'être censuré par des hommes faibles comme moi , que sera-ce d'être condamné par un Dieu infiniment au-dessus de mot? Il est vrai que samt Paul disait : peu m'importe que le monde méjuge; mais 11 n'appartenait qu'à saint Paul de parler ainsi. Pour moi je dis , Il m'importe de me eouvenir combien la censure du monde m'alarme et me déconcerte, afin d'apprendre avec quel soin je dois donc me préserver du jugement d'un Dieu dont je révère la sainteté et dont je redoute la puissance.