LE DIMANCHE DE LA SECONDE SEMAINE
SCB LA SAGESSE ET LA nOUCEUR UE LA LOI CUKÉnElfNB.
Sujet. Tandis qu'il parlait encore, une nuée lunUneuse les enveloppa , et il sortit une voix de cette nuée qui fit entendre ces paroles : Cestmon Fils bien-aHné, en qui f ai mis mes complaisances : éamtez'le.
Écoutons-le ce Fils bien-aimé de Dieu , cet adorable législateur, et considérons dans ce discours les excdlenees de sa loi.
Division. Loi clu^tienne, loi souverainement raisonnable : première partie; loi souverainement aimable : deuxième partie.
pREsnÈRE partie. Loi chrétienne, loi souverainement
raiwniiahle. Les païens «t mtoie dans le christianisme les libertins l'ont réprouTée comme une loi trop sublime et trop au-dessus de Flramanité : et plusieurs au contraire , parmi les hérétiques, l'ont attaquée comme une loi trop naturelle et trop humaine. D'où je conclus d'abord que c'est donc une loi raisonnable , une loi conforme à la r^e universelle de l'esprit de Dieu , parce qu'elle tient le milieu entre ces deux extrémités. Car comme le caractère de l'esprit de l'homme est de se laisser toujours emporter à l'une où à l'autre, le caractère de l'esprit de Dieu est un sage tempérament.
Pour confondre les iqjustes reproches des libertins et des hérétiques contre la loi de Jésus-Christ J'ayance deux propositions : 1. Cest une loi sainte et par&ite, mais dans sa perfection elle n'a rien d'outré. 2. Cest une loi modérée; mais dans sa modération elle n'a rien de 1&che.
1. C'est une loi sainte et parfaite; mais dans sa perfec tion elle n'a rien d'outré : tout y est raisonnable. Venons au détail. Oui , il est raisonnable , par exemple , que je me renonce moi-même, puisque je ne suis de moi-même que vanité et que péché. 11 est raisonnable que je mortifie ma chah-, puisque autrement elle se révoltera contre ma raison, et contre Dieu même, etc.
Mais pourquoi s'arracher l'œil et se couper le bras ? C'est, répond Jésus-Christ, qu'il vaut mieux entrer dans la vie n'ayant qu'un œil et qu'un bras , que d'être condamné pour jamais au tourment du feu. Mais pourquoi faire à rboname un crime de ses désirs? c'est, dit saint Jérôme, qu'il n'est (MIS permis de désirer ce qu'il n'est pas permis de rechercher. Mais pourquoi ériger la pauvreté en béatitude? c'est que l'expérience nous apprend assez qu'il n'y a d'heureux sur la terre que les pauvres de cœur. Mais enfin pourquoi réduire des hommes faibles à rafTreuse nécessité , ou d'être apostats et anathèmes, ou d'endurer à certain temps de persécution le martyre ? c'est que conune un sujet doit perdre la vie plutôt que de trahû* son prince, à plus forte raison un homme doit-il sacrifier tout plutôt que d'abandonner son Dieu. Rien donc que de raisonnable dans la loi évangélique.
Je sais qu'il y a en dans tous les temps des esprits dnguliers qui ont porté la perfection de cette loi bien au delà de ses bornes. Mais tout ce qu'ils en ont pu dire n'est pomt la perfection évangélique, puisqu'il n'y a rien, en tout ce qu'ils ont faussement imaginé, que la loi chrétienne n'ait désavoué, et même censuré. £Ue est donc parfaite, mais d'une perfection sage ; elle est parfaite , mais toujours dans l'étendue de ces termes, discrétion et vérité.
2. C'est une loi modérée, mais dans sa modération elle n'a rien de Iftche : elle n'ôte pas aux pécheurs leur confiance ; mais elle sait bien aussi rabattre leur présomption : eDe ne condamne pas tout comme mortel ; mais elle nous donne au même temps une sainte horreur de tout péché , même du véniel : elle distingue les préceptes des conseils; mais d'ailleurs elle nous déclare que le mépris des conseUs dispose à la transgression des préceptes. Caractère de sagesse, qui de tous les motifs est un des plus sensibles et des plus puissants pour m'attacher à ma religion.
Deuxième partie. Loi chrétienne , loi souverainement aimable : 1. C'est une loi de grâce. 2. Cest une loi de charité.