‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 228 sur 256 · Deuxième partie. Rien de plus malhenreux que Tbomnie · texte numérisé non relu

Deuxième partie. Rien de plus malhenreux que Tbomnie

du siôde , qui ne veut pas se conformer h la conduite de la Providence. Car alors , 1. il demeure sans conduile ; 2. en quittant Dieu , il oblige Dieu pareillement à le quitter ; 3. il se prive par là de la plus douce, ou plutôt de Tunique consolaUon qu'il peut avoir en certaines adversités; 4. DC voulant pas dépendre de Dieu i)ar une soumission libre et volontaire, il en dépend malgré lui par une soumission forcée.

1. Il demeure sans conduite, je dis sans une conduite sûre et droite. Car il ne lui reste que Tuu de ces deux partis, ou de n'avoir plus d'autre ressource que lui-même , ou de mettre son appui dans les bommes. Or, des deux oôlés sa condition est également déplorable. D'être réduit a n'avoir plus d'autre ressource que lui-môme, qu'y a-t-il déplus terrible? Si dans une affaire capitale, où il s'a girait de ma vie , tout autre conseU que le mien me man- ■ qoait, je me croirais perdu. Et quel fonds l'homme peut foire sur lui-même , aussi aveugle, aussi inconstant qu'il est »au8si sujet à ses caprices et aussi esclave de ses passions? Je sais qu'a a une raison dont il peut s'aider; mais cette raison-là même, bornée à ses faibles lumières , n'est-elle pas plos propre à le tourmenter par miUe réflexions chagrinantes , qu'à le soutenir ?

Que fera-t-il donc? mettra-til sa confiance dans les bommes? mais est-il un esclavage plus honteux et plus dur que de dépendre des bommes? A quels dédains, à quels changements, à quels revers n'est-on pas exposé? n'estce pas ce qu'éprouvent sans cesse, auprès des princes de la terre, ces adorateurs de la faveur? y en a-t-H un seul qui ne convienne que sa condition a mille dégoûU, mille déboires , mille mortifications inévitables , et que c'est une perpétuelle captivité?

2. En quittant Dieu, le mondain oblige Dieu pareillementale quitter. Car Dieu a son tour ; et quand il entend cet homme rebuté et désolé , plaindre son sort, il lui répond avec ces paroles du Deutéronome : Ubi snnt du eomm, in quihus habebantftduciam? Surgant et opi tulen lur vobis : Oik sont ces dieux dont vous vous teniez si sûrs? qu'ils viennent maintenant vous secourir.

3. De là nulle consolation pour un homme ainsi aban* donné de Dieu, après qu'il a lui-même abandonné Dieu. 11 y a des afflictions dans la vie où l'on ne peut recevoir de la part du monde aucun soulagement. Or, un chrétien soumis à la Providence trouve alors dans sa soumissiou son soutien ; au lieu que l'impie , frappé du coup qui l'atterre , fait en quelque sorte le personnage d'un réprouvé , blasphémant contre le ciel , trouvant tout odieux , se désespérant, et, dans son désespoir, goûtant toute l'amer» tume de la douleur.

4. Que dis-je î et le mondain, tout rebelle qu'il est, n'est- 11 pas encore sous la domination de la Providence? Oui ; mais d'une Providence de justice et de rigueur, qui se fait sentir à lui par des vengeances , tantôt secrètes et tantôt éclatantes; tantôt par des prospérités dont il e^l enivré et tantôt par des adversités dont il est accablé. Ainsi Dieu a-l-il traité un Pharaon, un Nabuchodonosor, nu Antiochus, et bien d'auties. Si donc nous avons quelque égard à notre devoir et à notre intérêt, soumellons-nous h notre Dieu et à sa providence. Demandons-lui que sa volonté s'accomplisse en nous, et sur la terre, et dans le cicU

ANALYSES DES SERMONS. 6CS

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