‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 229 sur 256 · LE LUNDI DE LA QUATRIÈME SEMAINE · texte numérisé non relu

LE LUNDI DE LA QUATRIÈME SEMAINE

Sim LE SACRIFICE OE LA MESSE.

ScjET.* Or les disciples se souvinrent de ce qui est A rit : Le zèle de votre maison me dévore.

Puisqu'il s'agissait de la maison de Dieu, il ne faut pas s*étmner que le Sauveur du monde marquât tant de lèle contre l('4 profanateurs du temple de Jérusalem. C'est à ce premier temple que nos églises ont succédé; et ce qui les dislingue particulièrement, c'est l'adorable sacrifice que nous y offrons. Sacrifice de la messe , dont je veux , autant qu'il est possible, vous faire connaître dans ce discours l'excellence et le prix , afin de vous apprendre par là même avec (]iiel esprit vous y devez assister.

Division. Sacrifice de la messe, sacrifice souverainement n^spectable : i^urquoi ? parce que c'est à Dieu qu'il est offert : première partie ; parce que c'est un Dieu qui y eni offert : deuxième partie.

Première partie. Sacrifice de la messe, sacrifice souveramcment respectable, parce que c'est à Dieu qu'il est tvlfert. Y assister, c'est assister, 1 . à la plus grande action du christianisme ; 2. à une action dont la fin immédiate , est d'honorer Dieu ; 3. à une action qui, prise dans son fonds, consiste surtout à humilier la créature devant Dieu ; 4. à une action qui, désormais, est l'unique par où ce culte iFadoration, je dis d'une adoration suprême, puisse être extérieurement et authentiquement rendu à Dieu ; c'est y assister en toutes les manières qui peuvent nous inspirer le respect et la révérence due à Dieu.

1 . C'est assister à la plus grande action du christianisme. D'où vient que dans les anciennes liturgies le sacrifice est appelé action par excellence ; et c'est aiusi que nous l'appelons encore aujourd'hui. Toutefois, nous nous y présentons comme si c'était l'action la moins sérieuse , et qui p<M i^.treplus impunément négligée.

2. C'est assister à une action dont la fin immédiate est d'honorer Dieu. Chaque action de piété a sa fin particulière, et la fin i>arliculière du sacrifice est l'honneur de Dieu. Dans tous les autres devoirs on peut presque dire que l'homme agit plutôt pour lui-même et pour son intérêt, que pour l'intérêt de Dieu : car si je prie, par exemple, c'est pour m'attirer les grâces de Dieu. Mais quand je vais au sacrifice , qu'est-ce que j'en visagjB? d'honorer Dieu. Que serait-c« donc de faire servir à le déshonorer, ce qui doit spécialement servir à le glorifier ?

3. C'est assister à une action qui , prise dans son fonds, consiste surtout à humilier la créature devant Dieu. Car, qu'est-ce que le sacrifice ? une protestation que nous faisons à Dieu- de notre dépendance et de notre néant. L'oraison, en élevant nos esprits à Dieu , nous élève audessus de nous-mêmes ; mais le sacrifice nous rabaisse audessous de nous-mêmes en nous anéantissant devant Dieu. Comme donc je ne puis mieux m'humilier devant Dien qu'en lui offrant le sacrifice, aussi ne puis-je autrement avoir part au sacrifice qu'en m'humiliant devant Dieu. De là, quel désordre lorsque des chrétiens viennent au sacrifice du vrai Dieu , non -seulement sans cette humilité religieuse , mais avec tout l'orgueil du libertinage .et tout h faste du monde?

4. C'est assister à une action qui, désormais, estromque i par où ce culte d'adoration, je dis d'une adoration suprêmis puisse être extérieurement et authentiquement renua à

ANALYSES DES SERMONS

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