ce qu*il dit à Lanre et comment Lazare obéit à sa toîx
4. ce qu'il ordonna à ses apôtres, et ce que ses apôtres exécutèrent an moment que le tombeau fut ouvert. De tout cela lbnnoiis>noiis une idée de la conversion parfaite et de la justification du pécheur.
I . Qui donc engagea le Fils de Dieu à ressusciter Lazare ? le zèle de Marthe et de Madeleine, et Tinstante prière de ces deux sœurs : Ecce quem amas infirmatur. Ce n'est pas que le Sauveur du monde , pour d'autres raisons, n*eût résolu de le ressusciter; mais il voulait encore être prié. Belle leçon , qui non-seulement autorise la créance catholique touchant l'intercession des saints , mais établit et confirme un autre article de notre foi toucliantla communion des saints, c'est-à-dire touchant Tobligation de prier les uns pour les autres. Si saint Etienne n'eût pas prié, dit saint Fulgenoe , TÉglise n'aurait pas saint Paul ; et j'ajoute qu'elle n'aurait pas saint Augustin, si sainte Monique n'eût pleuré. C'est ainsi que Dieu se platt à sanctifier les uns par l'entremise des autres. Et combien croyez- vous qu'il y ait lians le monde d'âmes perdues, parce qu'il n'y a personne qui prie, ni qui s'intéresse pour leur salut ? Une mère a du zèle pour son fils , une femme pour son mari , un ami pour son ami; mais un zèle fondé sur le sang et sur la chair, et qui n'a en vue que des avantages temporels. De prier pour leur salut , de prier pour leur conversion, c'est à quoi Ton ne pense point. Je sais qu'il y a des péchés pour lesquels le disciple bien-aimé ne nous a pas conseillé de prier ; parce que ce sont des péchés atroces, qui vont à la mort : Est peccatum ad mortem; non pro illo dico ut roget quis. Mais alors, dit saint Augustin , il faut recourir à l'artifice de Marthe; il faut, comme elle, faire prier Jésus- Christ, le grand avocat des pécheurs auprès de son Père : Sed et nunc scio quia quœcumque poposceris à Deo, dahit tibi.
2* Quelle condition exigea le Sauveur du monde avant que de ressusciter Lazare? Il commanda qu'on levât la pierre qoi fermait le tombeau. Ne pouvait-il pas ressusciter Lazare comme il devait se ressusciter lui-même, sans que la pierre fût levée? ou , si cette pierre' était un obstacle, ne pouvait-il pas d'une parole lever tous les obstacles? Oui , il le pouvait; mais il voulut que les Jui&, qui attendaient ce miracle , y contribuassent eux-mêmes. Ainsi , pécheurs. Dieu veut faire un miracle pour vous et vous convertir; mais il veut aussi que vous leviez vous-mêmes, avec sa grâce, certaines pierres de scandale. Tollite lapidcm, quittez ce commerce, retranchez ce luxe , renoncez à ce jeu , brûlez ce livre , fuyez ces spectacles , évitez ces occasions. Alors vous verrez la gloire de Dieu , et la vertu du Très-Haut éclatera dans votre pénitence : Videàis glpriam Dei.
3. Que dit Jésus-Christ à Lazare, et comment Lazare obéit-il à sa voix? Clamavit voce magna : Lazare, veni foras. Le Fils de Dieu cria à haute voix : Lazare, sortez; et aussitôt Lazare parut, Et statim produit. De même ,
reprend saint Augustin , U faut que vous sortiez des ténè* bres, que vous vous produisiez, que vous découvriez le fond de votre âme aux ministres de la pénitence, et que vous vous fassiez connaître à eux par une confession ^ncèrede vos désordres. Il faut de plus, poursuit le même Père, que vous vous troubliez comme le Sauveur du monde, mais d'un trouble salutaire et chrétien. Il faut que vous frémissiez comme lui , mais en esprit et dans les vues de la foi , afin que la violence de Thabitude cède à la violence du repentir : Utviolentiœ pœnitendi cedat consuetudo ptccandi,
4. Après cela que restera-t-il , sinon que les prêtres représentés par les apôtres, ou plutôt représentant les apôtres, et Jésus-Christ même, vous délient comme Lazare? Solvite eum, et sinite abire, Jésus-Christ ne dit pas seulement aux apôtres, déclarez-le délié, mais déliez-le : Solvite, pour nous marquer que l'absolution dans le sacrement de pénitence est un acte de juridiction , par où le ministre prononce , exécute , remet , justifie.
Plaise à Dieu qu'il y ait parmi vous des pécheurs ainsi convertis , et que ce ne soit pas en vain que je vous aie développé ce grand miracle de la résurrection des âmes ! Pourquoi ne l'espérerais- je pas? Le bras de Dieu n'est point raccourci. Faites , Seigneur, que ce ne soit point là un simple souhait, mais que l'effet réponde à ma parole , ou plutôt à b vôtre : Ir\firmitas hœc non est ad mortem, sed pro gloria Dti^ ut glorificetur Filius Dei per eam,