‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 122 sur 232 · SUR LE TRÈS-SAINT SACREMENT · texte numérisé non relu

SUR LE TRÈS-SAINT SACREMENT

rer avec elle la chair du Rédempteur. Voilà à quoi elle doit s'employer. Qu'est-ce à dire honorer la chair du Rédempteur? C'es^à-dire lui rendre tout le culte qu'elle peut recevoir de nous dans le sacrement de l'autel ; imiter Madeleine, qui eut un zèle tout particulier pour cette sainte chair, rarrosant de ses larmes , l'essuyant de ses cheveux , et répandant sur elle des parfums. Exercice, dit saint Thomas,* dont le Fils de Dieu la loua, tout éloigné qu'il était des délices de la vie : pourquoi ? Parce qu'il aimait à voir que sa chair fût honorée. De même, nous prosterner souvent en la présence de ce sacré corps, et là lui offrir mille sacrifices de louanges, mille adorations intérieures, mille hommages et mille actions de grâces "b lui dire quelquefois, mais avec une foi vive, mais avec une dévotion ardente : Corps divin , corps bienheureux, vous avez été le prix de mon salut ; que ne dois-je donc pas faire pour vous glorifier? mais puisque vous vous êtes mis dans ce sacrement pour y recevoir le tribut de gloire qui vous appartient , comment y a-t-il des chrétiens assez impies pour venir vous y profaner? Du moins j'irai, moi, vous présenter mon encens; et je voudrais y conduire avec moi tout ce qu'il y a d'hommes sur la terre. Tels sont, dis-je , les sentiments que nous devons prendre ; et parce que le corps de Jésus-Christ doit être aujoui^ d'hui porté en cérémonie et avec appareil, notre devoir est de contribuer à cet appareil et à cette cérémonie dans toute l'étendue de notre pouvoir. Vous surtout, mesdames, si curieuses de mille superfluités qui ne servent qu'à votre luxe et à votre vanité, c'est là que vous les pouvez sanctifier, les consacrant au corps de votre Dieu, les employant à enrichir les vases qui le contiennent , à embellir les tabernacles où il est renfermé , à parer les oratoires où il doit reposer. Vous êtes si soigneuses d'orner vos corps, vous usez pour cela de tant d'artifices , vous faites pour cela tant de dépenses , vous prenez pour cela tant de mesures et tant de soins : mais vos corps , ces corps infectés de la corruption du péché, ces corps sujets à la pourriture, et qui bientôt ne seront que poussière et cendre, vous doivent-ils être plus chers que le corps de Jésus- Christ ? Enfin, parce que le corps du Fils de Dieu est enlevé hors de ses temples , et porté en triomphe, que fait l'âme chrétienne ? Elle le suit dans ce triomphe, c'est-à-dire, elle l'accompagne dans ces processions , et lui fait escorte de sa propre personne. Et c'est ^ mes chers auditeurs, ce que l'Esprit de Dieu nous a divinement exprimé dans l'Épouse des Can* tiques : ce passage convient admirablement à mon sujet, et l'application que j'en fais vous paraîtra bien naturelle. L'Épouse dit bien qu*elle a cherché son bi^n-aimé dans le lieu ordinaire où il a accoutumé de prendre son repos, mais qu'elle ne l'a pas jtrouvé :

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