LE CINQUIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE
Sun LA YRAIB ET LJL FAUSSE Pltnt
SoiET. Je VOUS dis en vérité: Si votre Justice n'est au dessus de celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des deux.
C'était une fiiusse piété que celle des pharisiens, et la nùtre doit être solide et vraie.
Dnnsioif . Notre piété , pour être solide et Traie , doit être entière , première partie ; désintéressée , deuxième partie ; intérieure , troisième partie.
Première PARTIE. Entière, c'est-à-dire qui embrasse les grandes et les petites choses, les préceptes et les conseils. Les pharisiens , selon le reproche que leur en faisait Jésus- Christ , pratiquaient des œuvres de pure perfection , et manquaient aux devoirs capitaux de la justice et de la miséricorde. Abus où tombent encore tant de faux dévots. Un homme est assidu à certains exercices de {piété ; mais dans les conversations il tient les discours les plus satiriques et déchire impunément la réputation du prochain ; ainsi des autres.
Sur quel fondement la sainteté chrétienne est-elle établie? sur l'observation des commandements , comme Jésus-Christ le fit entendre à ce jeune homme de l'Évangile : Serva mandata. Nous pouvons donc appliquer ici ce que l'apdtre disait de la charité : tout le reste, sans l'accomplissement des préceptes, n'est rien.
Gardons-nous aussi de donner dans une autre extrémité, qui est de se borner tellement aux obligations de la loi , qu'on néglige toutes les pratiques d'une ferveur chrétienne. Excès hijurieux à Dieu, pernicieux pour nous-mêmes, et très-dangereux dans ses suites. La perfection et par conséquent la vraie piété est cette plénitude de fidélité qui réunit tout, le précepte et le conseil ; le précepte par devoir, et le conseil par amour. Voilà ce que Jésus-Christ nous a enseigné, et ce qu'il a pratiqué.
Deuxième partie. Désintéressée. Deux sortes d'intérêts conduisaient les pharisiens dans leur prétendue piété. Ils voulaient être honorés, et ils voulaient être abondamment pourvus de tout ce qui peut contribuer aux commodités de la vie. Or, cette piété mercenaire et intéressée est également criminelle devant Dieu et odieuse devant les hommes.
Criminelle devant Dieu :car quelle profonation, remarque saint Chrysostôme, et quel sacrilège d'abuser ainsi, non plus seulement des choses saintes, mais de la sainteté même? c'est servir Dieu pour le monde.
Odieuse devant les hommes : rien de plus à craindre dans la société humaine que l'intérêt mêlé avec la dévotion, ou que la dévotion gouvernée par l'intérêt. Un dévot de ce caractère est capable de tout : l"* parce qu'il donne à tout , et quelquefois aux plus grandes iniquités , une apparence de religion qui le trompe lui-même ; 2° parce que quelque dessein que la passion lui suggère, sa piété, ou plutôt l'esiime ou celte piété fastueuse l'établit, le met en état de réussir.
Ne disshnuloiis point : c'est cet intérêt qui dmlonb siècles a été le grand standale de la religion ; ^est ce qât fait parler les hérétiques, et ce qui les a randos à éy qnents contre noos. Aussi le FUs de Dlea enToyant aeiapôtrès prêcher son Évangile, voulait qalis «> empbjaisent avec le plus parfait désintéressement. Et saint Pari, afin de rendre sa prédication plus efficace, avait Uea héi de faire remarquer aux fidèles qu'il ne s'y proposait poor Ini-mènie nol intérêt tempoieL Heureuse une âme qoi, dans les choses de Dieu, cherche Dieu, et n^jchetche rienam Dieu!
Troisième partis. Intérieure. La piété des phariMM n'était qu'une piété superficielle, tonte snr le vis^ et sur les lèvres, mais rien dans le oœor. C'éfalt, selon k figure de Jésus-Christ, des sépulcres blanchis. Qn'est« que Dieu attend de l'homme? le oocor. Et sans le oœar, qu'ya-t-il dans l'hoinme qui soit digne de Dieu? Dm l'ancienne loi U exigeait de son peuple cette piété intérieure, comme l'Écriture nous le fait connaître : à plos forte raison la demande-t-il de nous dans la loi nooveUe, oà Jésus-Christ est venu former des adorateors en esprit et en vérité.
Cela supposé , jugeons^ bien des œo^res que nous pra> tiquons dans le christianisme , où que nous y Toyons piafiquer. Quel fruit peut-on s'en promettre? Importante leçon pour les ministres de Jésus<;hrist sans cesse occupés àdes fonctions saintes , mais sans esprit Intérieor ; et leçon naa moins nécessaire à tant d'âmes dévotes, oo du moins ci ayant la réputation et le nom. On tombe en deux espèni d'hypocrisies : on trompe le public et on se trompe SQi> même. Suivons donc l'avis de l'apâlre : tout ce que noos faisons, faisons4e pour Dieu.